XVIIIe siècle

1789, commune, XVIIIe siècle

Première assemblée

Premiers pas vers une assemblée communale 1787 Contexte historique En 1787, la royauté est sur son déclin. La Noblesse et le Haut-Clergé défendent à tout prix leurs privilèges exorbitants. Le Tiers-État, composé d’une part de l’immense majorité du peuple exploité, qui prend conscience de ses malheurs, et d’autre part, d’une bourgeoisie à son aise, certes, mais qui ne bénéficie pas des privilèges de la noblesse, ni du Haut-Clergé. En gros, trois couches de population : les grands exploiteurs, les couches moyennes et le peuple des travailleurs, paysans, ouvriers, artisans, pressurés de toutes les manières. 12 août 1787 Jacques Delion de Surade ÉLECTION DU CONSEIL DE LA COMMUNE En ce 12 août 1787, la paroisse de Notre-Dame sur Gartempe, compte 66 feux. Le syndic a réuni ce jour-là, à 4h de relevée, à l’issue des vêpres, l’assemblée municipale composée uniquement des habitants payant au moins 10 livres d’imposition pour élire le conseil de la commune. Seront élus : le syndic, Félix Vauzelle, ainsi que trois membres, tous selon la loi, ayant au moins 25 ans, habitant depuis plus d’un an la commune et payant au moins 30 livres d’impôt. Le sieur Delion de Surade fait partie de droit du conseil en sa qualité de prieur et curé1. 12 février 1788 24 février 1788 Félix Vauzelle, démissionne le 12 février 1788 (on n’en connaît pas la raison). C’est Florent Audoux, sergetier et cabaretier qui sera élu syndic et qui, déjà membre du conseil, sera remplacé dans sa charge d’officier municipal par Louis Gourdonneau, tailleur d’habits. Le 24 février, le conseil procédera à la nomination d’un greffier : Mario Vauzelle, tisserand, demeurant au faubourg de cette ville2. 17 août 1788 Des assemblées hebdomadaires Le 17 août, le conseil décide que les assemblées seront tenues chacun des dimanches de l’année sans convocation. Les réunions se tiendront en effet tous les dimanches, même s’il n’y a pas d’objet de délibération, mention en est faite au registre les 7, 14, 21 septembre. Recensement des non-catholiques Le 17 août, le conseil répond aux lettres de l’autorité supérieure. Il déclare qu’il n’y a aucun non-catholique dans la paroisse. Ce recensement des non-catholiques de Plaisance correspondait à la publication d’un Édit Royal du 29 juillet 1788 accordant à ceux-ci les droits civils. Ils pouvaient désormais faire enregistrer légalement leurs mariages, naissances et décès. Ils obtenaient la faculté d’exercer tous les métiers sauf les charges (magistrat, gouverneur, intendant, notaire, etc.). La liberté du culte leur était cependant encore interdite. 24 août 1788 Impositions Le conseil avait demandé qu’aucune estimation ne soit faite, la commune ayant été déjà vérifiée. Autrement dit, on demandait que l’impôt ne soit pas augmenté. Une nouvelle lettre est envoyée le 24 août, à l’assemblée intermédiaire pour demander de diminuer les tailles à Plaisance, se montant à 490 livres, car la commune avait été augmentée les années précédentes à cause des communes voisines qui avaient été grélées. 28 septembre 1788 Le 28 septembre 1788, l’assemblée municipale des propriétaires payant 10 livres d’impôt est convoquée, après la première messe paroissiale, pour s’assembler dans la grande chambre du Sieur Laurendeau, située sur la place de l’église. Il s’agit de nommer les collecteurs d’impôt pour les années 1789 et 1790. Sont nommés, pour 1789 : Desvignes et Jaladeau. pour 1790 : Jean Tabuteau, Fermier de chez-Challais, Jean Chartier, fermier de la Merlatrie, François Hebras, métayer au cimetière. 1. Prieur, curé : Religieux, desservant, une cure dépendant d’un monastère, probablement celui des moines Augustin de Montmorillon. 2. Syndic : Mario Vauzelle n’était éligible que parce qu’il était imposé pour 30 livres. Les électeurs eux-mêmes payaient 10 livres d’imposition au moins. Le syndic était donc, en fait, le représentant des propriétaires. Les autres habitants ne participaient en aucune manière à la vie communale. Même parmi les notables, les illettrés étaient nombreux, aussi votait-on par oui ou par non à l’aide de grains de millet blancs ou noirs servant de bulletin de vote. Le rôle de Vauzel était important : C’était lui qui préparait la levée de l’impôt et le recrutement de la milice. Il s’occupait de la réparation des chemins, du logement des troupes de passage.  Il était chargé d’informer l’intendant de Poitiers, représentant du pouvoir royal, de tous les évènements qui intéressaient la tranquillité publique (incendies, épidémies…). Il pouvait être frappé, par l’autorité supérieure, de lourdes amendes s’il remplissait mal sa tâche (30 livres en cas de mauvaise destruction des chenilles, 500 livres s’il avait négligé d’établir, en présence du juge et du curé, la liste des jeunes gens qui devaient tirer au sort pour le service militaire). Il pouvait être révoqué par l’intendant. Sa situation était délicate. Il se trouvait pris entre l’enclume et le marteau, c’est à dire entre les exxigences des habitants qui l’avaient élu et celles des seigneurs ou de leurs représentants. Son seul bénéfice, à part l’honorabilité de sa situation, était d’être exempté de la taille et de percevoir, éventuellement, une petite gratification. Le syndic appuyait son autorité sur l’assemblée communale, celle qui l’avait élu, et qu’il réunissait souvent. Mais ces assemblées communales où l’on discutait beaucoup inquiétaient le pouvoir central et, en 1787, elles furent remplacées par des Conseils des Notables. Les seigneurs, qui ne nommaient aucun représentant dans la ville de Plaisance, ne semblent pas avoir profité de leur droit de présence au Conseil des Notables. Le cahier de doléances de Plaisance regrettera d’ailleurs l’absence de ces officiers publics seigneuriaux (juge, greffier, procureur fiscal, sergents royaux). Le 5 octobre 1788, le conseil demande à l’assemblée provinciale qu’il soit alloué à la commune la somme de 3 livres pour frais de bureau, tant pour le présent registre que pour autre papier et autres frais de bureau et la somme de 21 livres pour gratification au syndic et greffier. 24 mai 1789 Vacher de la Pouge est élu greffier, le 24 mai 1789, en remplacement de Mario Vauzelle. Les finances royales Aucune préoccupation concernant la situation de la France ne semble apparaître dans ces paisibles petites affaires administratives de routine de cette paroisse. Déjà, pourtant, en

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Vers les États Généraux

Préparation de la réunion des États Généraux à Plaisance 1789 Le Conseil du Roi, par arrêté du 5 juillet 1788, avait invité les assemblées et les Conseils Municipaux à déterminer, d’une manière précise, ce qui devait être observé, pour la prochaine réunion des États Généraux, sous forme de mémoires. Dans toute la France, on rédigea donc les fameux Cahiers de Doléances.  1er mars 1789 La liberté guidant le peuple – Eugène Delacroix Le Premier mars 1789, les habitants de la ville de Notre-Dame de Plaisance et paroisse d’icelle assemblés au son de la cloche, à 5 heures de relevée, et précédemment convoqués en la maison de Fleurant Audoux Syndic, le tout conformément aux ordres du Roi et de l’ordonnance de Monsieur l’assesseur civil et criminel de la sénéchaussée de Montmorillon, en date du 18 février de la présente, sont comparus : Jacques Duprat, sergetier Sieur Vacher de la Pouge, receveur de la ville Germain Normand, marchand Fleurant Audoux, Syndic Louis Laurendeau, marchand et officier municipal Louis Gourdonneau, Tailleur d’habits et officier municipal Sieur Jean Bost, Bourgeois et officier municipal Jean Vauzelle, greffier de la municipalité Jean-François Augier, bourgeois Sieur Jean Loyeux, Chirurgien Jean Duprat, sergetier Jean Moreau, maréchal François Petreau, maçon et autres habitants, lesquels ont délibéré. 1. – sur la nomination de 4 députés à envoyer à Montmorillon pour y présenter les cahiers de remontrances et doléances de ladite commune et y élire les députés pour assister à l’assemblée provinciale qui se tiendra à Poitiers, le 16 du présent mois. Ont été élus et nommés, à la pluralité des voix, messieurs Vacher de la Pouge, Augier Desvigères, Normand et le sieur Laurendeau, lesquels ont signé.  2. – sur la rédaction du cahier de plinte et doléances que les susnommés et autres ont fait, rédigé et clos ainsi qu’il suit, et présidée par Fleurant Audoux, syndic faisant fonction de maire et officier public.   La discussion, n’en doutons pas, fut passionnée et la nuit ne fut pas trop longue pour aboutir à la rédaction de cet admirable cahier, parfaitement ordonné en chapitres, non titrés, il est vrai, mais rigoureusement distincts : Justification des pouvoirs de l’assemblée Plaintes contre le Haut-Clergé Plaintes contre les seigneurs locaux Mesures à prendre pour remédier aux injustices Et nos propres ancêtres le firent avec un souci extraordinaire de précision et de vérité, dénotant une prise de conscience remarquable, bien qu’encore hésitante, et un courage exemplaire. Et c’est une bien belle leçon que nous donnent, ce soir-là, les grands-pères de nos grands-pères, assemblés chez Fleurant Audoux ! Ce n’est pas sans émotion et respect que je transcris, sans rien changer de l’orthographe ni des tournures de phrases du Greffier (peut-être Jean Vauzelle, peut-être Vacher de la Pouge ?)1. Cahier de plinte et de doléances de la paroisse de Notre-Dame de Plaisance-sur-Gartempe Attendu que les seigneurs hauts justiciers n’ont point d’officiers public tel qu’il devraient avoir, les habitants ont cru que cette négligence de leur part ne devrait point empêcher le bien public. En conséquence après avoir mûrement délibéré les habitants ont arrêté que l’assemblée se tiendrait par devant le sindic de la municipalité, lequel la présiderait, représentant le maire en ladite qualité de sindic étant officier public, et de suite les dits habitants ont travaillé à leur cahier de doléances.  Dieu bénisse les jours de notre auguste prince, que les voeux de messieurs les ministres et les nôtres soient accomplis, accablés des impôts de toute espèce, l’état écclésiastique seul dans toute l’aisance, membre qui devrait aider et soulager les malheureux et qui n’ont d’autre but que de se procurer leur agrément et leurs satisfactions.  Ne devraient-ils pas se trouver trop heureux d’avoir cinq cents livres par an, mais au contraire, ils ont cuisinière, une femme de chambre et femme de compagnie, en outre laquets, jardinier, domestique de peine, voiture, bons chevaux et bonne table ornée de la plus belle argenterie et porcelaine. Notre misérable paroisse vexée de toutes les manières n’a de longueur que 3/4 de lieues et environ un quart de largeur, tenus par trois seigneurs suzerains et ayant nomination d’officiers de justice et du seigneur foncier. Il est inexprimable les abus qui se commettent par la négligence de ces seigneurs de ne pas maintenir cette justice, étant sans aucun officiers. Qui sont les seigneurs ?  1- Le seigneur de Beaupuy et autres fiefs 2- Le seigneur du Vitray à cause de la Vigerie 3- Le seigneur de l’Âge de Plaisance à cause de plusieurs fiefs en notre dite paroisse. 4-Le seigneur Prieur, seigneur foncier, jouissant d’une part de la douzième partie des fruits et d’un très grand nombre de grosses rentes, tant en cette paroisse que dans celle dépendant, Adrier, St-rémy, Latus et Moussac et Saulgé et possèdant les meilleurs fonds, métayrie et moulin.  Notre paroisse, située dans un mauvais fonds et habitée par soixante et seize familles pauvres et mendiant étant souvent obligés de vendre pour payer les impôts et pour subvenir à leurs besoins d’argent, c’est notre prieur toujours prêt à acquérir, si ce n’est pas pour lui comme homme de mainmorte (l’ayant cependant déjà fait) c’est pour des pupilles, s’en réservant néanmoins la jouissance à sa vie, et prêter sous gage. Ce sont aujourd’hui les oeuvres de charité que ces messieurs là exercent, un vicaire n’aurait-il pas assez de 300 livres par an, et encore faire la quête chez des malheureux qui souvent sont obligés de porter dès le lendemain leur sac chez le meunier ou au marché et souvent sans argent. Nous voyons encore les évêques jouir de cent mille livres de rentes et plus et ne payer aucun impôt, détruire les communautés pour joindre à ces évêchés les revenu, leur donner en outre la richesse des églises, la dépouille de l’édifice ainsi que les matériaux.  À quoi servent tous ces revenus, le tout pour l’amusement et les plaisirs de ces individus, et le pauvre Tiers-États toujours accablés et malheureux. Détruire les communautés ainsi que les abbayes, le revenu des évêchés réduit à dix mille livres de rente et le reste

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Après la nuit du 4 août

À ASSEMBLÉE NATIONALE Abolition des droits féodaux 4 août 1789 Wikipédia Devant cette levée des masses paysannes, grande fut l’émotion à l’Assemblée Nationale. À partir du 4 août 1789, la question des droits féodaux fut à l’ordre du jour. Les discussions et les discours furent passionnés. Les Nobles firent ce qu’ils purent pour préserver leurs droits et ils y réussirent en grande partie. Dans la nuit, à deux heures du matin, ils renoncèrent, en principe, à leurs privilèges et le Clergé à la dîme, mais ce ne fut pas sans conditions, et la majorité du Tiers-États accepta ces conditions.  6 août 1789 Wikipédia Ce n’est que dans la séance du 6 août que fut rédigé le décret de l’Assemblée qui commençait ainsi : L’Assemblée Nationale abolit entièrement le régime féodal… Mais la suite du décret disait que, si certains de ces droits étaient abolis sans indemnité, la plupart étaient déclarés rachetables. Le prix et le mode de rachat seraient fixés plus tard. En attendant, les droits qui ne sont point supprimés par ce décret, continueront néanmoins à être perçus jusqu’au remboursement. Or ce remboursement, ce rachat, représentait des sommes considérables que les paysans étaient incapables de payer. Ils restaient donc toujours soumis à la plupart des droits féodaux.  C’est pourtant la première phrase du décret, la plus simple, que les paysans retinrent : L’Assemblée Nationale abolit entièrement le régime féodal. Ils estimèrent qu’ils ne devaient plus rien aux seigneurs et ceux-ci eurent dorénavant les plsu grandes difficultés, malgré le décret de l’Assemblée qui leur donnait raison, à recouvrer leurs redevances. 11 août 1789 Mais la discussion n’était pas terminée à l’Assemblée, et ce n’est que le 11 août que la dîme, mais seulement la dîme, fut supprimée sans rachat. La fameuse nuit du 4 août s’était prolongée pendant sept jours. La plupart des droits féodaux subsitaient et ce n’est que grâce aux nombreuses luttes des paysans qu’ils furent enfin définitivement abolis, sans indemnité, par la convention du 17 juillet 1793, quatre ans après la nuit du 4 août. Ainsi, c’est uniquement par leurs luttes personnelles, dures, longues, opiniâtres, que les paysans réussirent à contraindre leurs représentants à abolir véritablement le régime féodal, et il nous faudra aussi des luttes opiniâtres, comme celles que menèrent nos ancêtres, pour mettre à bas notre féodalité moderne : le grand Capital. À NOTRE-DAME DE PLAISANCE-SUR-GARTEMPE 6 septembre 1789 Serment de la Garde nationale Le 6 septembre 1789, le sindic et les officiers municipaux rassemblent les officiers et les soldats de la milice pour la prestation du serment de fidélité à la Nation, au Roi, chef de la Nation et à la Loi.  Ce serment se retrouve constamment dans les registres. Il est prêté par tous les responsables élus, par les assemblées municipales à l’occasion des réunions.  20 octobre 1789 Lois et arrêtés À partir du 20 octobre 1789 sont inscrits à la main, sur le registre communal, les lois et règlements émanant de l’Assemblée Nationale. Ce sont des documents remarquables qui marquent réellement le changement d’ordre social : déclaration des droits de l’homme, égalité devant l’impôt, abolition de certains privilèges, établissement des pouvoirs régionaux et municipaux… 22 novembre 1789 Nomination d’un officier municipal Aujourd’hui, 22 novembre 1789, les paroissiens, assemblés au son de la cloche en la manière accoutumée, sommes entrés en la maison de Fleurant Audoux, sindic de ladite municipalité, pour procéder à l’élection d’un membre en la place de Sieur Bost, perclus et allant demeurer à Montmorillon.  Envoi de cette démission est faite à M.M. les députés du bureau intermédiaire de Poitiers.  22 novembre 1789 Impositions Le même jour, trois adjoints sont élus pour travailler à la confection des rôles (des impôts) pour 1790. Ce sont : Jean Roi, Marchand Joseph Duquerroux, Maçon Jacques Hebras, Laboureur 6 décembre 1789 La contribution patriotique L’été 1788 s’était montré très humide. Des orages de grêle avaient détruit une bonne part des récoltes dans la moitié nord de la France. Un froid rigoureux avait sévi durant l’hiver 1788-1789. Aussi, depuis le printemps 1789, les vivres manquaient, le peuple avait faim et les prix avaient considérablement augmenté. Des secours étaient nécessaires.  En septembre 1789  paraît un décret instituant la contribution patriotique. Les dons affluent à l’Assemblée. Des femmes de peintres, Mme Fragonard, David, Vernet et Gérard offrent leurs bijoux. Une petite fille vient offrir les meubles en or de sa poupée. Toutefois, les dons patriotiques ne rapportent qu’une douzaine de millions. Necker, ministre du Roi, fit voter par l’Assemblée plusieurs emprunts qui ne furent pas couverts. L’Assemblée, malgré ses hésitations, vota une contribution forcée du quart de tous les revenus supérieurs à 400 livres.  Le 6 décembre 1789 à Plaisance, le syndic convoque une Assemblée pour le versement de cette contribution patriotique. Il ne s’est présenté personne pour faire leur déclaration.  À la deuxième convocation, le 13 décembre, personne non plus ne s’est présenté. Il est peu probable qu’il existât à Plaisance des particuliers dont le revenu atteignait 400 livres. Pour un ouvrier, la journée de travail se montait à 12 sols environ, ce qui lui donnait un revenu de 180 livres pour 300 jours de travail. Les artisans et les commerçants pouvaient peut-être atteindre les 400 livres. C’est sans doute pour cette raison que personne ne se présenta.  Le 11 avril 1790, Bonneau, vicaire et maire, donnera connaissance d’une lettre envoyée par Delion de Surade, prieur-curé de Plaisance et Député aux États-Généraux.  Paris le 24 mars 1790, je soussigné, prieur de Notre-Dame de Plaisance, Député du Poitou aux États-Généraux constitués en Assemblée Nationale, et membre du Comité des Finances, déclare avec vérité que la somme de 900 livres, excédant le quart de mon revenu, quitte de toutes charges, laquelle somme néanmoins j’offre à la nation pour ma contribution et don patriotique, et attendu mon séjour à Paris, je m’oblige de délivrer et remettre au trésor de la nation la susdite somme, le tout suivant le décret de l’Assemblée.  Signé : Delion de Surade 16 décembre 1789 L’égalité devant l’impôt La question de l’égalité devant l’impôt

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Élection mouvementée

Un maire pour la commune de Plaisance 7 février 1790 La liberté guidant le peuple – Eugène Delacroix Le 7 février 1790 les habitants de Plaisance sont appelés à nommer leur maire et leurs officiers municipaux. M.M. les Notables : Sylvain Bonneau, Curé Demarquet de Céré, Chevalier Sieur Vacher de la Pouge Sieur Joyeux Normand Vauzelle Laurendeau Mirel Ils furent loin d’être satisfaits de la nomination du maire si l’on en croit la lettre qu’ils adressèrent à l’Assemblée Nationale de Paris, et ils manœuvrèrent pour faire annuler cette nomination.   Les notables de la ville et communauté de Plaisance, disant qu’il aurait été fait une convocation de ladite communauté, à jour fixé pour le dimanche trente janvier. L’appel fait des individus que nous avons crus capables d’élire, le nombre ne s’y est point trouvé, que cependant on a procédé à la formation de la nouvelle municipalité, ordonnée par vous, nos seigneurs et approuvée par Sa Majesté. Après le choix fait, au scrutin, du président de l’Assemblée, de suite, on a procédé à l’élection du maire, lequel ne s’étant par trouvé légal, Monsieur le Président a demandé que l’assemblée fut remise au dimanche suivant sept du présent, ce qui a été arrêté.  Ledit jour, nous avons donc procédé à l’élection du maire. La pluralité des voix s’étant tournée en faveur d’un particulier nommé Audoux, cabaretier, marchand d’étoffe de sa fabrique, de sel, de tabac, de poudre et de plomb, qui va en outre d’un hameau à l’autre, d’une maison dans l’autre, mettre en œuvre les laines de ses particuliers, qui peut être lui doivent encore les journées qu’il y a employées, en outre est parent et allié aux trois quarts des habitants de ladite ville, qui sont également marchands, cabaretiers et boulangers, qui ne sait à peine lire et écrire, enfin incapable d’être à la tête d’une paroisse, n’ayant aucune lumière ni connaissance que celle de l’ambition qu’il a manifestée jusqu’au point de mener chez lui une majeure partie du peuple pour les engager à lui accorder leurs suffrages, et qui, depuis la publication des Lettres Patentes de Sa Majesté pour la formation de ces nouvelles municipalités, ont toujours bu et mangé chez lui, fête et dimanche, et y étant encore en ce moment.  Ce considéré, nos seigneurs, il vous plaise d’examiner que celui qui doit observer les lois et les doit faire mettre à exécution a souvent le plus grand intérêt à les violer. Possédant toutes les qualités ci-dessus expliquées de nous donner avis incontinent de la marche que nous devons observer sur l’exposé ci-dessus, et d’autre part afin que nous ayons à nous y conformer, c’est la grâce que nous avons l’honneur de vous demander.   Nous ne savons pas si les notables reçurent les instructions qu’ils demandaient ? C’est possible, car il sera fait allusion, au cours de la réunion suivante, aux Lettres Patentes du mois de février dernier. En tout cas, ils provoquèrent une nouvelle réunion pour nommer une autre municipalité, plus conforme à leurs aspirations.  28 février 1790 Le 28 février 1790, on va donc recommencer l’élection. Les notables vont s’entourer de toutes les précautions et garanties possibles pour assurer, en leur faveur, une élection qui ne puisse, en aucun cas, être contestée.  Tous les habitants de la ville et paroisse de Notre-Dame de Plaisance en Poitou, assemblés en l’église de cette paroisse, seul lieu convenable à l’assemblée qui nous occupe, en exécution des lettres patentes du Roi sur le décret de l’Assemblée Nationale pour la constitution des municipalités, données à Paris au mois de décembre 1789 et au mois de janvier dernier, qui ont été publiées, tant au prône que par affiches à la porte de l’église de ladite ville et paroisse de Notre-Dame de Plaisance aux fins de procéder : D’abord à la nomination d’un président, d’un secrétaire et de trois scrutateurs1. 1. qui constituaient ce que nous appellerions, aujourd’hui, le Bureau de vote.  Tout semble avoir été minutieusement préparé d’avance, y compris une sorte de discours électoral flattant les citoyens et faisant appel à tous les vieux slogans habituels avec lesquels on fait marcher les peuples ! À part quelques particularités, dues peut-être au greffier qui a recopié le texte, l’orthographe est impeccable.  Les habitants de Notre-Dame de Plaisance, désirant se conformer aux lettres patentes du mois de février dernier et afin qu’aucun d’eux ne puisse s’en écarter ont d’abord délibéré qu’il était de la prudence de rappeler ces mêmes dispositions pour en faire connaître l’esprit à tous ceux à qui elles ont prescrit l’obligation la plus étroite de s’y conformer, ce qu’ils ont tous déclaré parfaitement bien entendre et comprendre et en reconnaître toute la sagesse, qui leur fait déjà sentir cette jouissance précieuse, inséparable, de l’esprit de concorde, des vrais sentiments patriotiques, toujours faits pour assurer le bonheur du peuple, sentiments qui sont déjà exprimé par des citoyens raisonnables, juste et vraiment patriotiques, qui sentent tout le prix de la liberté dont ils sont dignes de jouir.  Ne leur restant plus qu’à consommer avec justice l’ouvrage qui leur est confié en s’occupant des différentes élections qui forment l’objet de la présente assemblée et après s’être conformé, de la manière la plus pénétrante, à tous les articles à observer pour établir leur municipalité, ce qui fait qu’on s’est d’abord fixé à la nomination d’un président.  Nous avons bien failli ne pas connaître l’auteur de ce merveilleux morceau de bravoure et ç’eût été bien dommage ! Sous le texte figurent deux signatures, celle de Bonneau et celle de Normand. Celle de Normand est rigoureusement de la même encre que celle du texte. Celle de Bonneau, vicaire et curé de la paroisse, est d’une encre beaucoup plus noire, de bien meilleure qualité. D’autre part, ce n’est pas celui qui a fait ce texte littéraire, qui l’a, lui-même, transcrit au registre. C’est un autre qui l’a recopié en laissant en blanc la place des mots qu’il ne pouvait pas lire. Or, ces mots (soulignés dans le texte) ont été rajoutés, par la suite, exactement de la

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Une élection régulière

Un Conseil pour la commune Les lois, décrets et instructions ont donc été lus, expliqués, minutieusement commentés à l’Assemblée primaire des citoyens. Instructions fort longues et précises, concernant les personnes à élire, le mode d’élection, le dépouillement, la proclamation des résultats.  Le Curé Bonneau ayant fini son prône, on passa au scrutin. On suivit ponctuellement les instructions officielles. Le Président et le secrétaire de l’assemblée furent élus au scrutin sur la simple pluralité relative et suivant la réunion des suffrages comparativement aux autres.  Tous les suffrages ayant unanimement tombé sur les Sieurs Sylvain Bonneau, prêtre, vicaire de cette paroisse, celui-ci pour être président, et Louis René Vachier de la Pouge, ce dernier pour secrétaire. Les trois scrutateurs furent élus en observant que le scrutin par lequel chaque votant écrira à la fois et dans le même billet les noms de trois personnes qu’il nommera pour être scrutateurs est celui qu’on appelle scrutin de liste. Furent élus: Jean Joyeux, Louis Laurendeau, Jean Vauzelle.  Le bureau de vote Le bureau de vote est composé de trois scrutateurs : Jean Joyeux Louis Laurendeau Jean Vauzelle Le bureau de vote étant constitué (et nous remarquerons que les membres étaient tous signataires de la lettre du 7 février, sauf le curé, qui lui n’était pas apparu dans cette lettre, mais qui ne devait point y être étranger), il faut procéder à l’élection du corps municipal : le maire, les deux officiers municipaux, le procureur de la commune et six notables, qui formeront avec le corps municipal, le Conseil général de la commune. Il est à remarquer qu’il y a une différence entre la forme d’élire le maire et celle de nommer les autres officiers municipaux, que le premier doit être nommé au scrutin individuel et ne peut être élu que par la pluralité des voix, c’est-à-dire la moitié plus une.  Les billets ouverts et dépouillés il a été vérifié, en présence de tous les habitants que la pluralité a tombé de plusieurs voix sur le Sieur Sylvain Bonneau (qui a donc été élu) et ensuite sur les Sieurs Germain Normand et Fleurant Audoux.  Les deux officiers municipaux élus ensuite au scrutin de liste, furent Normand, nommé premier membre et Audoux. Six notables furent ensuite élus au scrutin de liste, à la pluralité relative, et donc à un seul tour.  Jacques Ebras François Mirel Louis Laurendeau Louis Gourdonneau Gervais Thabuteau Jean Chartier Élection du corps municipal, sont élus : Maire, Sylvain Bonneau Officiers municipaux, sont élus : Germain Normand Fleurant Audoux Élection du Procureur de la commune : Jean-Baptiste Joyeux Élection du secrétaire greffier : Vacher de la Pouge Élection des notables : Jacques Ebras François Mirel Louis Laurendeau Louis Gourdonneau Gervais Thabuteau Jean Chartier L’assemblée élut ensuite le procureur de la commune (sorte de magistrat chargé de poursuivre les affaires et de défendre les intérêts de la communauté), Jean-Baptiste Joyeux. Le secrétaire greffier Vachier de la Pouge, fut ensuite nommé, à la pluralité des voix, non pas par l’assemblée, mais par le Conseil général de la Commune.  Tous prêtèrent serment de fidélité à la Nation, au Roi chef de la Nation, et à la loi, et sur le champ le présent registre remis en mains du secrétaire greffier ci-dessus nommé ainsi que toutes les pièces concernant ladite municipalité et dont le greffier de l’ancienne était dépositaire, de tout quoi, il demeure déchargé. Les notables avaient donc réussi à prendre la haute direction de la commune. L’élection s’était déroulée dans les règles. ÉLECTIONS MUNICIPALES 17 mai 1790 Le 17 mai 1790, formation de l’assemblée primaire de Plaisance et nomination d’un électeur.  En application des lettres patentes du Roi suivant le décret de l’Assemblée Nationale concernant la constitution d’assemblées primaires et administratives, une réunion a lieu à sept heures du matin, dans l’église, lieu par nous choisi pour les assemblées de tous nos citoyens actifs1. À Plaisance, il y avait 67 citoyens actifs. Trente-six seulement se présentèrent à cette réunion. Le Bureau de vote est composé de François Mirel, reconnu pour le doyen d’âge il a tenu la première présidence, Vacher de la Pouge, secrétaire, Laurendeau, Joyeux et Audoux, scrutateurs. On passa ensuite au vote au scrutin individuel et à la pluralité absolue. Seront élus : Demarquet de Céré, président de l’assemblée primaire de Plaisance et Vacher de la Pouge, secrétaire. Ensuite, on procéda à la nomination d’un électeur2. Bonneau, maire et curé, fut nommé et chargé de représenter la commune partout ou besoin sera.  Tous ont prêté serment de maintenir de tout leur pouvoir a constitution du royaume, d’être fidèle à la nation, à la loi et au Roi, de choisir en âme et conscience les plus dignes de la confiance publique, de remplir avec courage les fonctions civiles et politiques qui leur seront confiées.  Étaient présents à cette assemblée : Demarquet de Céré Bonneau Augais Audoux Trois Augris Bardeau Chartier Deschamps Desvigères Dufour Duquerroux Dupras Ebras Deux Jaladeau Joyeux Laurendeau Lelot Deux Mirel Trois Moreau Mongeau Puissesseau Pétro Perrin Sironneau Tabuteau Thabutaud Quatre Vauzel Un illlisible – Les citoyens actifs étaient ceux qui payaient au moins 36 sols d’impôt, soit le prix de trois journées de travail. Ils formaient l’assemblée primaire de la commune. Les autres citoyens passifs ne participaient pas à la vie administrative de la commune, on ne les consultait jamais. En France, il y avait 4 298 000 citoyens actifs contre 3 000 000 passifs.  – l’électeur devait posséder un revenu foncier égal à 150 journées de travail et payer un impôt égal à 6 livres. Les électeurs d’un département élisaient, au deuxième degré, les députés, les juges, puis plus tard, les évêques et les curés. Ils étaient au nombre de 42 900 en France.   1789 à Plaisance Première assemblée Vers les États Généraux Après la nuit du 4 août Une élection mouvementée une élection régulière Fête de la Fédération à Plaisance Élection du 19 septembre 1790 Sources : La vie municipale de Plaisance sous la révolution de 1789, Louis Germaneau. Ed. Service écologie et biogéographie de la faculté des sciences fondamentales et appliquées

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Fête de la Fédération

14 juillet 1790 Partout, en France, les gardes nationales des communes s’unissaient, à l’intérieur des provinces, en fédération, pour se porter secours les unes aux autres, si besoin était. Un procès-verbal de députation de Messieurs de la Garde Nationale du 24 juin 1790 fait état de la nomination des délégués devant se rendre à Montmorillon pour le 28 du mois. Les instructions, fixant ces délégations à 6 membres pour cent, il fut nommé à Plaisance, 4 membres pour un effectif de 55 environ.  Demarquet de Céré, Commandant Augier, Capitaine Vachier de la Pouge, Major Jean Thabutteau, Fusillier Pour le pacte fédératif général à Paris, il était prévu 1 représentant pour un effectif de deux cents. La Garde Nationale de Plaisance n’était donc pas concernée directement. Toutes les provinces envoyèrent des représentants à Paris. Il en vient 14 000, qui entendirent une messe solennelle, au champ de mars, puis prêtèrent le serment habituel à la Nation, à la loi et au Roi, auquel ils ajoutèrent celui de maintenir la constitution décrétée par l’Assemblée Nationale. Dans toutes les communes de France, le même jour, la Garde Nationale, les élus, et les habitants se réunirent également pour prêter le même serment.  A Plaisance, nous avons un compte rendu de cette cérémonie sous la forme d’une lettre, oeuvre de Bonneau, curé et maire, envoyée à l’Assemblée. Elle est assez extraordinaire et particulièrement exubérante.    Fête de la fédération au champ de mars à Paris le 14 juillet 1790-BNF Adresse de la ville et paroisse de Notre-Dame de Plaisance à Messieurs de l’Assemblée Nationale, sur le serment prononcé le jour de la Fédération Le 14 juillet 1790, jour à jamais mémorable pour un peuple aimant son Roi, pour des français devenus frères, nous, maire et officiers municipaux et notables, officiers et soldats de la Garde Nationale des villes et paroisse de Plaisance en Poitou, et tous ses habitants, dociles à la voix des citoyens de Paris qui, dans leur adresse aux français, invitent tous les citoyens du royaume à s’unir au pacte auguste et solennel que la nation vient de contracter, plus dociles encore à la voix de nos cœurs soupirants sans cesse pour le bonheur d’une nation que l’univers entier admire, nous nous sommes transportés dans une plaine peu distante de notre ville et là, sur l’autel élevé et dédié à la patrie, nous avons prononcé le serment inviolable et sacré d’être pour toujours fidèles à la nation, à la loi et au Roi.  Nous ne craignons pas d’être parjures, nous sommes trop glorieux d’être français, nous sommes trop satisfaits d’avoir pour Roi, nous nous trompons, d’avoir pour père le monarque auguste et chéri que vous avez nommé, Messieurs, et à juste titre le restaurateur de la liberté française.  Un ministre du Dieu qui gouverne les empires vient de nous servir d’interprète auprès de lui, nous avons voulu unir nos prières aux siennes, mais nos cœurs étaient émus, des larmes involontaires, quoique douces à répandre, ne nous ont permis que difficilement d’exprimer nos vœux.  Messieurs, nous sommes maintenant heureux, n’en doutez pas, on le devient toujours par l’accomplissement de ses devoirs, nous vous devons les avantages précieux qui nous sont accordés, notre bonheur est votre ouvrage, et ayant tout à fait pour nous, vous vous êtes acquit un droit imprescriptible à notre amour. Ne-serait-ce pas trop peu de ne vous offrir qu’une reconnaissance stérile et sans effet ? Oui, sans doute, Messieurs, aussi ne craignons-nous pas de prendre le ciel à témoin que nous sommes près de sacrifier nos biens et notre vie pour le maintien de la constitution.  Un incident marque la Fête Fédérative La cérémonie fédérative ne fut pas tout à fait aussi sérieuse et majestueuse que le laisse supposer la lettre du Sieur Bonneau. Elle fut troublée par un incident que nous trouverons sans doute, de nos jours, amusant, mais que le patriotisme de nos ancêtres dût réprouver sévèrement. D’ailleurs, cet incident avait-il le même côté comique ce jour-là ? Nous manquons d’information pour le dire. Déchaume était-il habituellement sain d’esprit ? A-t-il été provoqué ? Quelles étaient ses opinions ? Était-il à jeun ?  Quoi qu’il en soit, les autorités firent ce que les braves gens attendent toujours d’elles, à l’encontre de celui qui ne suit pas la même route qu’eux.  14 juillet 1790 Serment Civique de fidèlité à la Nation, à la loi et au Roi Procès-verbal de M. le Procureur de la commune en réquisitoire contre Jean Charle dit Déchaume.  Aujourd’hui, 14 juillet 1790, à l’autel de la patrie, à l’heure de midi, étant assemblés pour le serment fédératif, on aurait demandé à Jean Charle dit Déchaume, résident depuis 6 mois environ dans un cabaret de cette ville, de prêter le serment civic d’être fidèle à la Nation, à la loi et au Roi, a répondu affirmativement, en présence de l’aumônier, officiers municipaux, gardes nationales et habitants de ladite ville et paroisse : – qu’il n’avoit pas besoin de faire ce serment, qu’il s’en foutoit ! Et plusieurs autres termes injurieux, le tout en face de l’autel de la patrie, ce qui a causé une rumeur et scandale pour le peuple.  Sur le réquisitoire du procureur de la commune qui a requis la municipalité, sur les propos injurieux et opiniâtreté de ne vouloir faire le serment civic en aucune qualité, ce qui est une contravention contre les décrets de Messieurs les députés de l’Assemblée Nationale d’être fidèle à la Nation, à la loi et au Roi, que sur les propos injurieux que ledit Charle s’est permis, enjoignons à la Garde Nationale de le prendre au corps et mettre en prison dudit lieu de Plaisance, et qu’il soit fait amende honorable, en présence du peuple, le dimanche suivant, pour avoir manqué devant le Saint Sacrement et ministre de ses autels, et en outre à un premier officier de la Garde Nationale pour lui avoir dit : – que lui même n’avoit qu’à avancer, foutre il ne seroit pas de trop ! Ces faits sont bien plus que suffisants

1789, commune, XVIIIe siècle

Clergé, biens & couvents…

Constitution civile du Clergé Démission des responsables municipaux. Une série de démissions va désorganiser l’administration de la commune.  30 août 1790 Le 30 août 1790, démission de Delion de Surade (enregistrée le 10 octobre 1790).    Le Sieur Delion de Surade, Prieur-curé de la paroisse de Notre-Dame de Plaisance : Nous a fait représenter par le Sieur Silvain Bonneau, vicaire de cette paroisse, la démission qu’il a faite à Paris, le 30 août de la présente année et par devant les Conseillers du Roi, notaires à Paris, de son dit prieuré-cure de Plaisance, et de suite nous avons adressé la dite démission à Messieurs du Directoire du district de Montmorillon. 12 septembre 1790 Le 12 septembre 1790, Silvain Bonneau, maire depuis le 28 février 1790, écrit lui-même au registre sa démission de maire, en présence de la commune et municipalité. Le même jour, Vachier de la Pouge, secrétaire-greffier depuis le 24 mai 1789, donne sa démission en présence des officiers municipaux réunis à l’église. 19 septembre 1790 Le 19 septembre 1790, Germain Normand, premier membre du Conseil des Notables depuis le 25 février 1790, inscrit lui-même sa démission au registre.  Aucun évènement, dans la paroisse, ne semble avoir provoqué cette série de démissions, et il faut aller probablement en chercher les raisons dans l’opposition violente du Clergé, surtout du Haut-Clergé, aux décrets de l’Assemblée Nationale.  Les biens du Clergé D’avril 1789 à juin 1790, durant près de 15 mois, des troubles graves agitèrent le pays. Le 11 août 1789 la Dîme avait été supprimée. Cependant, dans de nombreuses régions, en particulier dans le midi, le Clergé continuait à la réclamer aux paysans.  3 novembre 1789 Le 10 octobre 1789, commence à l’Assemblée, la discussion sur les biens du Clergé. Elle considère que le Clergé n’était pas véritablement propriétaire de ses biens, que le droit ecclésiastique lui interdisait de les posséder, qu’il n’était même pas usufruitier, que ces biens avaient été injustement acquis grâce aux aumônes qu’ils auraient dû redistribuer aux malheureux et qu’ils s’étaient appropriés. Aussi, le 3 novembre 1789, l’Assemblée décrète que les biens du Clergé appartiendraient à la nation.  Elle n’avait pas dépouillé le Clergé de ses moyens de vivre. Elle avait voté 60 000 000 pour les curés. Chaque curé percevait une pension de 1200 livres par an. C’était beaucoup plus, parfois le double, que ne percevait un curé de campagne auparavant. Le cahier de doléances de Plaisance pensait que 500 livres pouvaient suffire. 33 000 000 étaient prévus pour les ecclésiastiques isolés et 3 000 000 pour les évêques qui, eux seraient loin de leur revenu traditionnel pouvant atteindre des sommes de l’ordre de 1 000 000 de livres par an. Les curés, en grande partie, furent satisfaits.  février 1790 En février 1790, il fut décidé que les couvents, les cloitres, seraient ouverts, c’est-à-dire que les moines ou les religieuses qui y étaient entrés à contrecœur auraient le droit de reprendre leur liberté. S’ils restaient ecclésiastiques, ils percevraient la pension prévue par la loi.  Il n’y aurait plus alors qu’un établissement pour chaque ordre (franciscains, dominicains, bénédictins, etc…) par département où se rassembleraient ceux qui désireraient continuer à vivre en communauté (ils seraient également pensionnés).  Des inventaires devaient être faits dans les couvents revenant à la nation, ainsi que l’estimation de tous les biens dépendant du Clergé.  3 mai 1790 Estimation des biens du Clergé Le 3 mai 1790, les biens du Clergé étaient donc devenus biens nationaux. Tous les biens ecclésiastiques sont à la disposition de la nation, à la charge du pouvoir, d’une manière convenable, aux frais du culte, à l’entretien de ses ministres, au soulagement des pauvres, sous la surveillance et d’après les instructions des provinces.  Cette immense étendue de terres, qui représentait un quart du territoire français, était destinée à être vendue, mais cela ne pouvait se faire qu’en de longues années. L’État avait besoin d’argent, aussi fut-il décidé que la valeur de ces biens servirait de garantie aux nouveaux billets : les Assignats. On pourrait donc échanger le nouveau papier monnaie contre la terre. Il fallait, par conséquent, savoir quelle valeur totale représentait ces biens.  Le biens du Prieuré de Plaisance firent l’objet d’une estimation le 19 octobre 1790.  19 octobre 1790 Nous, maire et officiers municipaux de la ville et commune de Notre-Dame de Plaisance, assemblés en la chambre municipale, avons délibéré sur le choix que nous avions à faire pour faire l’estimation des biens dépendant du Prieuré de cette ville. Le choix ayant tombé sur le Sieur Denis Augris et Charles Chamber, tous deux habitants de la ville de Montmorillon, savoir, le Sieur Chamber paroisse de Consize et le Sieur Augris paroisse St Martialle, lesquels nous nommons et commettons pour faire l’estimation des fonds dépendant du dit Prieuré de la dite ville et paroisse de Notre-Dame de Plaisance suivant le jour qu’il plaira à Messieurs du Directoire du disctrict de Montmorillon.  Le drame du curé Bonneau C’est le 28 février 1790 que le curé Bonneau fut élu maire de Plaisance. Comme la majorité des curés, il avait accepté de servir la cause du peuple. La révolution avait, non seulement, augmenté ses revenus, mais aussi l’avait placé à la tête de sa commune, représentant spirituel en tant que curé, représentant civil en tant que maire.  Mais, en mai 1790, le Clergé et les catholiques fanatiques provoquèrent des soulèvements dans le Midi, à Orange, à Avignon, à Arles… à Toulouse, à Nimes et à Montauban des catholiques forment des milices. Ils propagent des brochures mensongères. On fait des neuvaines, des processions, des pénitences, des cérémonies expiatoires. Des Gardes Nationaux, des protestants seront massacrés en juin 1790.  Les évêques désignèrent les prêtes, amis de la Révolution, à la haine populaire. Ils déclarèrent que ces prêtres étaient contre l’église, hors de la communion, des évêques et du St-Siège, qu’ils étaient des membres pourris, rejetés, renégats et apostats.  Imaginons le désarroi, le drame de conscience du malheureux curé Silvain Bonneau, rejeté, insulté, excommunié par ceux auxquels sa foi lui commandait obéissance ! En

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Élections du 19 septembre 1790

Remplacement de la municipalité démissionnaire Il est plausible de penser que Vacher de la Pouge et Normand ne démissionnent que par solidarité avec Bonneau. En effet, le même jour où il donnera sa démission, Normand, premier membre du Conseil, sera élu maire et acceptera cette fonction et Vacher de la Pouge acceptera, l’année suivante, la fonction de Procureur de la commune.   19 septembre 1790 Le 19 septembre 1790 on élit donc une nouvelle municipalité.  Le procureur de la commune, Jean-Baptiste Joyeux, a convoqué les électeurs à l’église. L’élection a lieu dans les formes habituelles.  1. – Nomination d’un bureau de vote : Joseph Demarquet, président de l’assemblée Vacher de la Pouge, secrétaire Augris, Joyeux et Audoux scrutateurs. 2. – Élection du maire, greffier et notables : La pluralité des voix a tombé de plusieurs voix sur Germain Normand qui, tout de suite, prêta le serment réglementaire, à la nation, à la loi, au roi et à la constitution, et fut proclamé maire.  Jean Vauzelle fut élu greffier. L’élection des notables ne sera faites que le dimanche d’après la Saint Martin en execution des Lettres Patentes Royales. En attendant, Jacques Hébras, premier notable, assumera la fonction.  14 novembre 1790 Élection des officiers municipaux et notables le 14 novembre 1790. Il s’agit du changement des officiers municipaux et notables qui avaient été nommés le 28 février dernier.  1. – Nomination d’un bureau de vote : Germain Normand, maire, président Vacher de la Pouge, secrétaire Joseph Demarquet, François Augier, Scrutateurs   2. – Élections :   Nous avons procédé de suite au changement des dits officiers municipaux et notables de cette municipalité, qui s’est faite par tirages, ayant mis des billets noirs et blancs dans un chapeau, conformément au décret de l’ Assemblée Nationale.  Ayant ensuite fait faire le tirage des dits billets, se sont trouvés exclus pouur officiers municipaux : Le Sieur Felix Vauzelle Jacques Hébras Et pour les notables : Louis Laurendeau Jean Chartier Joseph Moreau Jean Roi Fleurant Puissassio Jean Perain Cette expédition faite, nous, président de l’assemblée, avons prié ceux qui y assistaient de jeter leurs suffrages, en leur âme et conscience, sur ceux qu’ils croyaient les plus capables de remplacer ceux que le sort avait exclu, et ayant passé à la nomination d’iceux par scrutin, les billets ont été dépouillés. Il a été vérifié que la pluralité a tombé sur le Sieur : Felix Vauzelle Jacques Hébras pour membres, et sur les sieurs : Louis Laurendeau Joseph Moreau Fleurant Puissassio Jean Roi Jean Perain Jean Chartier Pour notables, lesquels ont été de fait proclamés membres et notables de la dite municipalité.   Il y a dans ce procès-verbal, une anomalie. En effet, le remplacement des officiers municipaux et des notables devait se faire par moitié. On tirait au sort la moitié sortante. Or, si l’on en croit ce procès-verbal, c’est la totalité des notables que le tirage au sort avait désignés comme sortants ! À quoi servirait alors de tirer au sort ? Faut-il penser que l’assemblée a mal compris la loi, mais que, pour s’y conformer malgré tout, elle a fait de ce tirage au sort une sorte de cérémonie rituelle que l’esprit du législateur n’avait certainement pas prévue, ou plutôt doit-on croire que le greffier, n’ayant pas saisi le mécanisme de ce tirage au sort, en a fait un compte-rendu approximatif ? Quoi qu’il en soit, tous les sortants étant réélus, il n’y eut aucun changement dans la composition de la municipalité qui s’établit comme suit : Maire : Germain Normand, élu le 19 septembre 1790 en remplacement de Sylvain Bonneau Officiers municipaux : Felix Vauzelle et Jacque Hebras Procureur : Vacher de la Pouge Conseil des notables : Louis Laurendeau, Jean Chartier, Jospeh Moreau, Fleurant Puissassio, Jean Roi, Jean Perain Greffier : Jean Vauzelle, élu depuis le 19 septembre 1790 1789 à Plaisance Première assemblée Vers les États Généraux Après la nuit du 4 août Une élection mouvementée une élection régulière Fête de la Fédération à Plaisance Élection du 19 septembre 1790 Sources : La vie municipale de Plaisance sous la révolution de 1789, Louis Germaneau. Ed. Service écologie et biogéographie de la faculté des sciences fondamentales et appliquées de l’université de Poitiers – 1981. Gallica BNF

1790-1795, commune, XVIIIe siècle

Épisode 19

Ceux qui vécurent la révolution Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau Ainsi nos ancêtres, habitants de la ville, Commune et Paroisse de N. D. de Plaisance vécurent-ils, avec un calme relatif, cette période exaltante et généreuse où l’on savait mourir pour ses idées.  Les responsables municipaux : Normand, Vacher de la Pouge, Vauzelle, Bonnisset, Joyeux, Mirel… obéirent fidèlement aux lois et aux ordres donnés par l’autorité supérieure et les firent exécuter.  A part Jacques et Jean Goudonneau, François et Jacques Thiaudière, André Pignier, Jean Charles et Guinot Miniel, volontaires pour défendre la Patrie, ni les responsables ni la population ne firent preuve d’initiative pour participer activement à la victoire des idées nouvelles, (ni d’ailleurs pour les combattre). Tous furent ce que nous appelons de Bons Citoyens.  Deux hommes, pourtant, semblent avoir vécu intensément cette période. Si leurs concitoyens avaient obéi loyalement, eux avaient fait un choix, et un choix sans nul doute difficile, pénible, courageux. Ils étaient prêtres, donc membres du Clergé et, malgré le désaveu de leur Supérieur, l’évêque de Poitiers, ils avaient épousé la cause du peuple, la cause des déshérités. Ils servirent la Révolution avec la générosité de leur foi, malgré les heures douloureuses qu’ils eurent à subir. Ils furent un exemple pour la population de Plaisance qui sut, à plusieurs reprises, leur manifester sa sympathie.  Sylvain Bonneau Prêtre assermenté, maire élu à Plaisance de février à septembre 1790, auteur de l’admirable lettre à l’Assemblée nationale de Paris, le jour de la fête de la Fédération et qui dût quitter Plaisance en 1791 à la suite des brimades qu’un prêtre réfractaire lui avait fait subir.  Pierre Étienne Cartau de Tralbaud Prêtre assermenté, qui assista au dépouillement de l’église et dût abandonner l’exercice du culte; Électeur de la ville de Plaisance en 1792, Officier public, organisateur du bureau de bienfaisance et membre du Comité de surveillance en 1794, Instituteur de Plaisance, St-Rémy et Moulismes en 1795.   Ces deux hommes furent un exemple de générosité, d’abnégation de soi-même, de dévouement total à la cause du peuple opprimé depuis des siècles. De ceux qui, Élus du peuple aux Assemblées de Paris, furent, avec d’autres, les grands artisans de la Révolution, Jaurès a écrit :   Ce qu’il ne faut jamais oublier quand on juge ces hommes, c’est que le problème qui leur était imposé par la destinée était formidable et sans doute au-dessus des forces humaines. Peut-être n’était-il pas possible à une seule génération d’abattre l’Ancien Régime, de créer un droit nouveau, de susciter des profondeurs de l’ignorance, de la pauvreté et de la misère, un peuple éclairé et fier… Ils ont donné au monde le premier exemple d’un grand pays se gouvernant et se sauvant avec la force du peuple tout entier.  Ouvrages consultés Boissonnade P. et Gauthier L. – Petite histoire du Poitou – Delagrave 1917 Castelot A. et Decaux A. – Histoire de la France et des Français au jour le jour 1764-1814 – Lib. Acad. Perrin – Paris 1976 Festy O. – l’agriculture pendant la rév. fse. – Gallimard 1947 Jaurès J. – Histoire socialiste de la Rev. fse. E.S. Paris 1939 – réédition 1970 Lafue P. – De la régence à 1840 – Histoire du Peuple français T. 3. – Nelle Lib. Lefebvre G. Questions agraires au temps de la Terreur – Strasbourg 1932 Mallet A. – Cours d’histoire à l’usage des E. N. – Hachette 1918 Massin J. – Robespierre – Livre Club Diderot – Paris 1975. Marat – Livre Club Diderot – Paris 1975,  Michelet J. – Histoire de la Rev. fse. -réédition Bonnot 1974 Soboul A.  – Précis d’histoire de la Rev. fse. E. S. Paris 1975. Contirbution à l’histoire paysanne de la Rev. fse. – E.S. Paris 1978 Lexique Monnaie : La pistole valait 10 livres, la livre 20 sols, le sol 12 deniers. Prieur curé : religieux desservant une cure dépendant d’un monastère. Pour Plaisance il semble qu’il s’agisse des Moines Augustins de Montmorillon. Syndic : principal magistrat municipal. À partir de l’Assemblée nationale on l’appelera : maire.  Officiers de justice seigneuriale : juge, greffier, procureur fiscal, sergent. Les seigneurs de Plaisance ne remplissaient pas leurs devoirs puisqu’ils n’en avaient pas nommé – voir le cahier de doléance.  Homme de mainmorte : appartenant à une communauté. Les achats de terre faits par le Prieur de Plaisance n’étaient pas soumis à l’héritage. A sa mort ou à son départ les revenus revenaient au nouveau Prieur, nommé par la communauté. C’étaient les biens de mainmorte.  Impôts La taille : évaluée par paroisse et répartie ensuite entre les habitants. C’était un impôt sur les biens et sur les personnes. Les collecteurs étaient chargé de la percevoir. La gabelle : impôt sur le sel, très variable selon les provinces. En Poitou, le sel valait environ 4 sols le kg, tandis qu’en Île-de-France, il valait 25 sols.  Les traites : impôt sur les marchandises qui passaient d’une province à l’autre.  Les aides : impôts payés au Seigneur dans certains cas : quand il mariait sa fille, quand son fils était reçu chevalier, quand il partait en guerre… Les évêques percevaient aussi les aides. Le Roi percevait des aides sur les vins, les cidres, le bétail, les poissons… Il y avait d’autres impôts : la dîme, le champart, les banalités, la corvée, etc… Mesures  Mesures de longueur : l’aune mesurait 3 pieds, 7 pouces et 10 lignes 5/6 soit 1, 88 m. Les étoffes se vendaient à l’aune.  Mesures de capacité : Le boisseau : 12,8 litre, le litron. : 1/16 de boisseau soit 0,81 litre, le quarteron ou cartron : 1/4 de litron soit environ 0,2 litre. Mesures de poids : La livre dite de Paris valait 490 gr, le cartron valait 1/4 de livre soit un peu plus de 122 gr, la pile ou pille était une série de poids en cuivre, en forme de godets qui s’emboitaient les uns dans les autres. Encore merci à M. Louis Germaneau pour toutes ces

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Épisode 18

Le directoire Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau 26 octobre 1795 4 brumaire An IV La convention se sépare La convention se sépare le 4 brumaire An IV (26 octobre 1795). Le Directoire entre en fonctions le 27 octobre 1795.  La direction politique et économique revient aux notables, c’est-à-dire aux propriétaires plus ou moins aisés qui redoutent à la fois les aristocrates royalistes et les démocrates Sans Culottes.  Les petites communes n’ont plus d’administration municipale, elles sont groupées sous la direction administrative du canton. Il ne reste, à Plaisance, depuis le 7 novembre 1795, que deux agents d’exécution : Normand, agent, et Joyeux, adjoint qui auraient été nommés au scrutin selon le procès-verbal signé par eux seuls. Ils ne précisent pas de quel scrutin il s’agit ni quels furent les électeurs.  L’administration cantonale est soumise à celle du département qui, elle-même, est soumise aux ministres. Un commissaire, nommé par le Gouvernement surveille ces administrations.  Les derniers documents A partir de l’installation du Directoire les documents sur Plaisance deviennent rares. Les fournitures de paille et foin pour l’armée se poursuivent. Le curé Cartau prête un nouveau serment le 26 décembre 1795 : Je reconnais que l’universalité des citoyens français est le souverain et je prononce soumission et obéissance aux lois de la République.  Le même jour il déclare devant Jean Joyeux, adjoint, qu’il veut exercer le culte dans la ci-devant église de Plaisance. Jean Joyeux, qui a recueilli une orpheline, Marie Demazeau, demande les secours du bureau de bienfaisance.  13 mars 1796 23 ventôse An IV On met aux enchères le pacage du cimetière qui est attribué à Félix Vauzelle pour la somme de 18 livres 10 sous pour l’année, charge pour lui d’entretenir les buissons bien comme il faut.  L’organisation de la Garde nationale semble présenter des difficultés, malgré les efforts de Normand et Joyeux :  19 avril 1796 30 germinal An IV Les citoyens ont tous déclaré qu’ils n’entendaient faire aucun changement de leurs chefs. 1er mai 1796 12 floréal An IV Après une nouvelle convocation et malgré avoir fait sonner la cloche à plusieurs et différentes fois, personne ne s’est présenté… et nous nous sommes retirés, sur les dix heures du matin après avoir dressé le présent procès-verbal. 31 juillet 1796 13 termidor An IV Normand convoque à nouveau les citoyens de 16 à 60 ans. Nous nous sommes rendus sur la place de ladite commune, lieu où devait se rassembler ladite Garde nationale et où devaient se nommer les officiers, sur les neuf heures du matin, et après avoir attendu jusqu’à midi, voyant qu’il ne s’y trouvait personne, nous nous sommes retirés après avoir dressé le présent procès-verbal.  Le registre municipal reste muet sur les affaires communales des années 1798 – 1799 – 1800. Le 11 novembre 1799 (20 brumaire An VIII), le Gouvernement du Directoire est remplacé par celui du Consulat. Le général Bonaparte prépare la dictature. 

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Épisode 17

Faits divers à Plaisance au printemps 1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau 17 janvier 1795 28 nivôse An III La commune exige du district le récépissé des objets du culte Par duplicata, je reconnais avoir reçu de la commune de Plaisance l’argenterie de la ci-devant église ainsi que tous les cuivres argentés qui sont : une croix et ses tuyaux, six chandeliers, un crucifix d’autel, un encensoir et sa navette et une croix, un paquet de toile et bougran, un petit paquet de galons d’or du poids environ 4 onces, et les rideaux en toile.  Et est signé en l’original, Maintrot, garde magasin près le district de Montmorillon. Tous les effets m’ont été remis par le citoyen Jean Vauzelle, greffier de ladite commune de Plaisance.  Copie du tableau Dépouilles des églises, commune de Plaisance. Indication des autorités qui ont délibéré et autorisé ces envois. : A la réquisition du citoyen Boisseaux, agent national pour le district, en date du 25 nivôse An II : vases destinés au culte et argenterie et or de notre ci-devant église, envoyés au disctrict de Montmorillon, par le citoyen Jean Vauzelle, et lesdits effets déposés entre les mains du citoyen Maintrot.  Plus un calice, une patène, un ciboire, un soleil ou ostensoir, et custode en argent pesant environ quatre livres, vermeil ou autre, cuivres dorés ou argentés. Plus une croix avec ses tuyaux, un crucifix, six chandeliers, un bénitier et son goupillon, un encensoir et sa navette, le tout argenté, pesant environ 35 livres.  Plus deux grands chandeliers en cuivre, une croix en cuivre, un encensoir et sa navette, le tout pesant environ 20 livres. Plus une cloche en métal pesant environ 600 livres. Plus un tombeau en métal pesant environ 1800 livres. Toile et bougran, bougran et doublure, 2 rideaux, 2 nappes d’autel, 4 aubes, 12 purificatoires, six aunes de bougran et doublure, 4 corporals, 6 lavabos.  Ne connaissant point la valeur des objets expliqués au présent tableau, nous ne leur avons donné aucune estimation. Certains ornements furent vendus aux enchères Nous observons en outre que, n’ayant point envoyé les dessus d’ornements, ils ont été vendus, en présence du public, au plus offrant et dernier enchérisseur et l’argent qui en est sorti a été déposé entre les mains du maire pour le distribuer aux pauvres de ladite commune.  29 mars 1795 9 germinal An III Le curé Cartau passe l’examen d’instituteur Aujourd’hui, 9 germinal An III, nous soussignés composant le jury d’instruction du district de Montmorillon, assemblés au lieu ordinaire de nos séances, sur la désignation à nous faite par la municipalité de Plaisance, de la personne du citoyen Etienne Cartau pour remplir la place d’instituteur pour ladite commune et pour celles de St Rémy et Moulismes, et pour celle de Moulismes qui a désigné la personne du citoyen Pouyollon, habitant ladite commune, pour la même place.  Après avoir invité lesdits citoyens Cartau et Pouyollon à se rendre au dit jury à l’effet de subir l’examen sur les qualités requises par la loi et s’étant présentés, ils ont été trouvés capables, l’un et l’autre de ladite instruction, et ont rapporté leur certificat de civisme et de bonnes mœurs.  Sur quoi nous considérons : 1° – que le citoyen Cartau nous a paru avoir le plus d’instruction quoique son écriture ne soit pas d’une aussi bonne qualité que celle dudit Pouyollon.  2° – que déjà ledit citoyen Cartau est en possession de l’instruction publique de la commune de Plaisance et qu’il y est désiré par les habitants de cette commune. 3° – que la préférence donnée au citoyen Pouyollon pourrait déplaire aux habitants et donner lieu à des marques désagréables et nuisibles au bien du service.  4° – que le jury ayant l’intention de nommer pour institutrice la citoyenne Cartau, soeur dudit Cartau, il serait difficile, s’il en était autrement, de se concilier sur l’habitation commune que doivent avoir l’instituteur et l’institutrice en la maison presbytériale de la commune.  Le jury, par considération, croit devoir donner la préférence au citoyen Cartau sur ledit Pouyollon, qui d’ailleurs a paru disposé à accepter une place d’instituteur dans la commune de Montmorillon. En conséquence nous avons nommé ledit citoyen Etienne Cartau instituteur, tant pour sa commune que pour celles de St Rémy et de Moulismes.  Signé : Battau, Gervais, Lafon, Augier de Moussac Vu et approuvé par l’administration du Directoire du district, enregistré au secrétariat du district le 10 germinal An III. 29 mars 1795 9 germinal An III Anne Françoise Cartau passe l’examen d’institutrice Nous soussignés, composant le jury d’instruction de Montmorillon, sur la désignation à nous faite par la municipalité de Plaisance de la citoyenne Anne Françoise Cartau, pour remplir la place d’institutrice.  S’étant présentée, la dite citoyenne Cartau nous a exhibé son certificat de civisme, duement vérifié, et après l’avoir interrogée sur les points d’instruction, nous l’avons jugée capable de l’enseignement prescrit par la loi. En conséquence, nous l’avons nommée institutrice en ladite commune de Plaisance et St Rémy et Moulismes y jointes. 20 mars 1795 30 ventôse An III Vauzelle afferme le pacage du cimetière Aujourd’hui 30 ventôse An III, nous officiers municipaux, nous sommes assemblés à l’effet d’affermer le pacage du cimetière. Le dernier enchérisseur, c’est le citoyen Joseph Vauzelle. qui l’a monté à 50 livres de ferme pour un an seulement.  29 avril 1795 10 floréal An III Envoi au district, des registres de l’Etat-civil de l’an II Ce 10 floréal An III s’est présenté devant nous maire et officiers municipaux et garde nationale, le citoyen Etienne Cartau, officier public de cette commune, lequel nous a remis les registres qui constatent les mariages et décès et baptèmes (??) de la deuxième année de la République française, lesquels dits registres nous avons fait, de suite conduire au district.  L’ancienne coutume a trahi le vocabulaire du greffier : ce n’est probablement pas Baptemes qu’ils voulait écrire, mais naissances. Le curé Cartau avait en effet, été élu Officier civil le 5 janvier 1794.

1790-1795, commune, XVIIIe siècle

Épisode 16

La fin de la révolution : Printemps 1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau Nous voici en 1795. La vie des habitants de Plaisance a radicalement changé. Ils ont eu connaissance, au jour le jour, des lois et décrets de la Constituante, de la Législative et de la Convention et des bienfaits qu’ils leur apportaient.  Plus de seigneurs à qui on devait d’innonbrables impôts et devant qui on courbait la tête, la Déclaration des Droits de l’homme, des juges et des administrateurs élus, une fiscalité plus équitable, l’instruction primaire gratuite et accessible à tous, l’enseignement secondaire et les grandes écoles de l’enseignement supérieur (Collège de France, Muséum, Conservatoire des Arts et Métiers, École de droit et de médecine, École des mines etc…), l’état-civil, le droit au divorce, les secours et les pensions et l’assistance médicale gratuite pour les nécessiteux, le système métrique, les pensions au clergé… Trente ans plus tard, devant une Assemblée enflammée de haine contre la révolution, un orateur royaliste pouvait dire : Je n’oublierait jamais que la Convention a sauvé mon Pays. Hélas ! La réaction, peu à peu, s’installait au pouvoir. En juillet 1794, Robespierre, Saint-Just, et vingt de leurs partisans avaient été guillotinés, sans jugement. Le mouvement populaire des Sans-culottes tenta de résister au gouvernement bourgeois (les honnêtes gens !). En mai 1795 il était définitivement vaincu et la Révolution suivit son cours réactionnaire. Des jeunes bourgeois, les Muscadins, armés de gourdins, s’attaquèrent en pleine rue, aux derniers jacobins qui, pendant la Terreur blanche, furent assassinés jusque dans les prisons. La vie mondaine des salons reprit. La révolution était terminée.  D’un peuple de valets et de serfs elle avait fait un peuple libre, conscient, responsable. Ce peuple allait maintenant reprendre  le joug de la soumission. En 1979, la réaction est toujours au pouvoir malgré les sursauts populaires de 1848, de la Commune de Paris en 1871 et du Front populaire en 1936. Les incidences de la guerre à Plaisance Automne 94 – hiver 95 26 juin 1794 8 messidor An II Recensement des chevaux Tableaux formés en l’exécution de l’arrêté du Comité de Salut public de la Convention nationale du 15 prairial An II.  Cinq tableaux ont été dressés. Les caractéristiques des animaux y sont précises et détaillées. Exemple : Jean Pain, une jument de 4 ans, taille de 4 pieds 1 pouce, poil noir, une petite marque à la tête, poulinière de l’année dernière et sautée du baudet.  Chevaux entiers : 1 Juments poulinières : 29 Pouliches : 4 Poulains : 5 Chevaux hongres : 5 Ces tableaux inintéressants nous indiquent, par catégories, l’importance de la race chevaline dans la commune de Plaisance.  24 novembre1794 4 frimaire An III Fourniture de grain pour l’armée de l’ouest Le 4 frimaire an III, s’est présenté par devant nous le citoyen Martin fils, commissaire nommé par le district à l’effet de procéder au recouvrement du restant de la réquisition de grains qu’on doit fournir à l’armée de l’Ouest, lequel nous a remis un paquet contenant un arrêté des représentants du district.  30 mars 1795 10 germinal An III Fourniture de foin Le citoyen Laurendeau, marchand de notre commune est requis de fournir, dans le délai de 6 jours, date du présent, la quantité de milles livres de foin en bottes de 25 livres chacune.  Jean Bardeau, marchand, est requis de fournir  quintaux de foin en bottes de 25 livres. La citoyenne Lamondie est requise de fournir  quintaux de foin en bottes de 25 livres. Le citoyen Philippe Vauzelle est requis de fournir 2 quintaux de foin en bottes de 25 livres. Le citoyen Pigné, cordonnier de notre commune est requis de fournir 8 quintaux de foin en bottes de 30 livres ou de 25 livres, et cela d’ici à demain soir, date du présent.  26 mai 1795 7 prairial An III Fourniture de foin Le directoire du district de Montmorillon, donne lecture du décret du 2 de ce mois portant qu’il sera fait, sur le champ, dans chaque commune un recensement général, tant en farine que des grains battus ou des gerbes qui se trouvent chez tous les détenteurs ou possesseurs desdits grains et farines.  Le procureur syndic a demandé que l’administration, ainsi qu’elle en est spécialement chargée, prit des mesures pour son exécution et, en conséquence, procédât de suite à la nomination de commissaires en nombre suffisant pour opérer dans toutes les communes de l’arrondissement le le recensement dont il s’agit. Le citoyen  Marsaudon de St Rémy est nommé commissaire pour la commune de Plaisance. Les commissaires se transporteront dans chaque commune et feront, avant de commencer leur travail, enregistrer leur commission à la municipalité et se feront accompagner de chacun un membre de ladite municipalité. Ils donneront, dans les différentes maisons où ils opéreront, la lecture préalable de leur commission, auront le soin de se diviser sur le territoire de la commune et enfin dresseront procès-verbal de leurs opérations.  Ledit procès-verbal contiendra la liste des grains de chaque espèce, la quantité de farine, de blé en gerbes, les noms des propriétaires et le nombre d’individus dont leur famille est composée.  Il sera prélevé, sur la quantité recensée, la subsistance de la commune jusqu’à la récolte. Le surplus est affecté à l’approvisionnement des armées et de la commune de Paris.  1790-1795 À Plaisance Affaires & faits d’hivers

1790-1795, commune, XVIIIe siècle

Épisode 15

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau Affaires communales Printemps automne 1794 5 mai 1794 16 floréal An II La commune envoie chercher du grain à Loudun Liste des bêtes de somme de la commune de Plaisance requises pour aller chercher du grain dans le district de Loudun 6 chevaux 2 appartenant à Philippe Vauzelle 2 à Jacques Vauzelle 1 à Fleurant Audoux 1 à Jean Doucelin 5 ânes 1 à François Pétreau 2 à Jean Roy 2 à Fleurant Audoux 29 mai 1794 10 prairial An II Le curé Cartau et sa soeur sont élus instituteur et institutrice Nous, Officiers municipaux et agent national et autres individus de la commune de Plaisance, étant assemblés… à l’effet de procéder à la nomination d’un instituteur et d’une institutrice suivant la loi du 14 frimaire qui ordonne l’établissement d’un instituteur en langue française, il a été dit, dans l’assemblée, qu’il faut procéder au scrutin de liste et à la pluralité des suffrages.  Chaque votant a écrit ou fait écrire sur le bureau, son billet et l’a déposé ostensiblement dans le chapeau à ce destiné, au fur et à mesure qu’il a été appelé.  L’appel nominal fini, on a de suite procédé au dépouillement des billets dont la pluralité des suffrages des voix s’est trouvé égal à celui des votants. Le scrutin a désigné le citoyen Léonard Cartau, ci-devant curé, pour instituteur et la citoyenne Anne Françoise Cartau Bautmont pour institutrice, lesquels ont accepté leurs commissions ci-dessus expliquées.  Ledit Léonard Cartau a répondu, en pleine assemblée, qu’il acceptait ladite charge d’instituteur et que même il ne prétendait en tirer aucun salaire, d’aucun individu et même du district. Il les apprendrait (les élèves) à lire et écrire de ce qu’il pouvait, gratuitement, en ce qu’il serait logé dans la même maison qu’il habite, gratuitement aussi, sans être tenu à aucune imposition.  Ont signé : Étienne Léonard Cartau, Anne Françoise Cartau, Joseph Moreau, Joyeux, F. Chartier, Pierre Cartau, Méniel, Demarquet, Ph. Vauzelle.  25 octobre 794 4 brumaire An III Mesures sévères contre les dégâts commis dans les champs En vertu des plaintes qui nous ont été faites par différents citoyens de la commune, des dégâts qu’ils ont éprouvés et qu’ils éprouvent journellement dans leurs vignes et autres domaines, les uns par les chiens, les autres de ce qu’ils sont épamprès et même l’enlèvement des fruits dans ces dits champs, d’autres de ce que l’engrais laissé par les animaux leur est même soustrait de leurs domaines. Comme le moindre de ces crimes doit accorder à celui qui ose le commettre le plus rigoureux châtiment, c’est pourquoi je requiers le Conseil de la commune d’avoir à se réunir pour tous délits, d’ici au 20 fructidor, pour prendre un arrêté le plus sévère pour faire cesser de pareils abus.  Signé : Bonnisset, agent national En vertu des réquisitions ci-dessus, nous… Conseil de la commune de Plaisance arrêtons ce qui suit : Premièrement Que tous les chiens indistinctement seront munis d’un talbot au cou, proportionné à leurs forces, pour pouvoir les empêcher de guiler et sauter parmi les vignes, et tout ça dans les six heures qui suivront la promulgation du présent arrêté. Nous prévenons ceux qui voudraient ou oseraient se soustraire au présent arrêté que leurs chiens leur seront tués indistinctement pourvu que ce soit sur le terrain de notre commune et de notre arrondissement, en outre qu’ils seront tenus de payer la somme de vingt livres au profit de celui qui ôtera le vie aux dits chiens.  Secondement Quand à l’enlèvement des pampres et fruits dans les vignes et autres champs, nous prévenons ceux qui oseront s’immiscer dans pareil délit, avec preuves, qu’ils seront poursuivis à la requête de l’agent national pour, de suite, leur faire expliquer les peines portées à l’article 26 du code pénal qui dit que la peine est de quatre années d’arrestation et du double en cas que le délit soit commis la nuit.  Troisièmement Quand à la soustraction de l’engrais qui peut être fait dans les champs par les bestiaux et autres animaux qui y sont pâturés, la peine sera de trois mois de détention et l’amende de cinquante livres, toutefois qu »il y aura preuves.  16 novembre 1794 26 brumaire An III La commune distribue du grain à ceux qui en ont besoin Aujourd’hui, 26 brumaire An III, nous officiers municipaux et agent national de la commune de Plaisance, en vertu de l’arrêté provisoire des citoyens administrateurs du district de Montmorillon en date du 25 de ce mois, (nous nous sommes assemblés) à l’effet de faire donner subsistances aux nécessiteux :  à Jeanne Perot, Jeanne Moreau, Jeanne Gaillard, Françoise Nosat, et Radégonde Duprat. Il est enjoint par ledit arrêté de faire la visite et recherche chez les citoyennes dénommées ci-dessus chez lesquelles nous n’avons rien trouvé, si ce n’est cependant chez la citoyenne Radégonde Duprat, l’une des plaignantes, où nous avons trouvé deux boisseaux de farine toute passée, prête à mettre le levain.  En conséquence, nous avons de suite dressé le présent procès-verbal. Fourniture de grain pour le marché de Montmorillon 25 octobre 1794 4 brumaire An III Les citoyens Pairain et Heliot, tous deux du village de la Meunière, sont requis de conduire chacun 8 boisseaux de blé, sur la part de leur maîtresse, demain 5 brumaire, jour de marché, à neuf heures du matin à Montmorillon, ce qui fait 16 boisseaux pour eux deux.  Je préviens les dénommés que, faute d’accomplir la présente réquisition, je serai forcé de les noter et d’en faire l’envoi au Comité révolutionnaire près notre district.  20 novembre 1794 30 brumaire An III Le citoyen Mauvise est requis de faire conduire samedi prochain, au marché de Montmorillon, la quantité de 20 boisseaux de seigle pour l’approvisionnement et subsistance d’un chacun qui pourra en avoir besoin.  8 janvier 1795 19 nivôse An III Le citoyen Jean Pairain, colon au village de la Meunière, est requis de conduire 6 boisseaux de seigle,

1790-1795, commune, XVIIIe siècle

Épisode 14

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau Été 1794 Les journaliers de Plaisance : Leurs travaux, leurs salaires Ce document est particulièrement précieux et nous le citerons en entier car il est le seul qui nous renseigne sur l’identité et le travail de certains habitants de Plaisance, les obscurs, à qui on ne demandait jamais leur avis, qui ne participaient pas à la vie municipale, qui ne votaient pas, dont le destin était de vivre et de mourir inconnus.  C’est aussi le rare document qui, dans cette étude sur Plaisance, fasse mention des femmes. Nous, maire et Officiers et notables de la commune de Plaisance nous sommes assemblés en vertu de l’arrêté du Comité de Salut public de la Convention nationale du onzième jour de prairial qui ordonne le règlement et la fixation des salaires des manouvriers et journaliers et de tous ceux qui s’occupent habituellement des travaux de la campagne. L’article 8 accorde à ces mêmes la moitié en sus du prix de 1790 (vieux style). Ainsi les ouvriers de première catégorie gagnaient, en cette dite année 1790, de la St Jean à la St Michel, (vieux style) une somme de 16 sols par jour étant nourris, ce qui fera donc à présent la somme de 25 sols et nourris, et sans être nourris la somme de 35 sols par jour en fauches et en métives. Seconde classe : Les manouvriers et journaliers de cette classe gagnaient en 1790, la somme de 15 sols par jour sans être nourris et étant nourris, la somme de 10 sols, ce qui fait donc, actuellement, pour le prix de la journée, sans être nourri la somme de 22 sols et 6 deniers et  étant nourris, la somme de 14 sols par jour. Troisième classe : Les manouvriers et journaliers de cette classe gagnaient pour la moisson et récolte, en 1790, une somme de 8 sols par jour étant nourris et 12 sols par jour n’étant pas nourris, ce qui devrait donc fixer actuellement leur journée à la somme de 12 sols étant nourris et 18 sols n’étant pas nourris.  Après cette époque où les jours diminueront de beaucoup, les journées ne doivent pas être taxées si cher.  Première classe : A prendre depuis le mois de brumaire (21 octobre-21 novembre) les journaliers et manouvriers de cette classe, étant nourris, ne devraient donc avoir, par jour, que la somme de 10 sols, et n’étant point nourris 18 sols, puisqu’en 1790, ils n’avaient que 7 sols.  Seconde classe : Par temps d’hiver, les journaliers ne devraient donc avoir par jour qu’une somme de 15 sols n’étant pas nourris et la somme de 7 sols étant nourris, puisque, en 1790 (vieux style) ils ne gagnaient que 5 sols par jour. Troisième classe : Les journaliers et petits manouvriers de cette classe ne doivent donc avoir que 5 sols par jour étant nourris et 12 sols n’étant pas nourris puisqu’en 1790 (vieux style) ils n’avaient que 3 sols et nourris pour laver la lessive et autres choses de même.  Liste des citoyens, journaliers et journalières de ladite commune de Plaisance Première classe Le citoyen Jean Roy, journalier et tonnelier, restant toujours dans la commune, n’étant point accoutumé de s’en aller hors du pays. Charles Plat, journalier, cultivateur ordinaire de notre commune. Louis Bobin, journalier, étant accoutumé de s’en aller en fauches à Loudun, étant loué du présent chez le citoyen Sotrau, à la Combe, commune d’Adriers.  Le citoyen Jean Lachaume, journalier, étant accoutumé à aller en fauches à Loudun, étant loué du présent chez le citoyen Rousseau, aubergiste, commune de Moulismes.  René Pâtrié, journalier, étant accoutumé de s’en aller en fauches à Loudun, malade. Jean Bruyat, journalier, accoutumé de s’en aller en fauches à Loudun. Louis Vallat, charron, journalier, travaillant dans la commune et les communes circumvoisines.  Jean Bardeaux, charron et journalier, travaillant avec ledit Vallat pour apprendre le métier de charron.  Jean Charles, journalier, étant parti pour travailler aux environs de Poitiers pour la fauche comme étant accoutumé à le faire.  Seconde classe Marc Bruyat, maçon journalier, étant accoutumé de travailler à Poitiers et aux environs pour la moisson seulement. Joseph Duquerroux, maçon journalier, travaillant dans ladite commune. Jean Thabuteau, maçon et journalier ordinaire et s’en allant seulement pour quinze jours pour la moisson à Poitiers. Sylvain Pétrau, maçon, parti pour travailler à Poitiers. Sylvain Gaillard, journalier ordinaire, allant travailler à Poitiers ou environs pour la moisson.  Jean Doucelin, journalier, étant accoutumé de s’en aller pour quinze jours à Poitiers pour moissons.  Jean Vauzelle, journalier, étant accoutumé de s’en aller à Poitiers pour moisson. Jean Eliot, maçon, étant parti pour travailler à Poitiers ou environs. Jacques Doucet, journalier étant loué domestique à Lathus.  Pierre Vergnaud, maçon journalier, étant parti comme accoutumé travailler à Poitiers.  François Deschamps, journalier, étant accoutumé de faire les moissons à Poitiers.  Jean Roy fils, maçon journalier, étant parti pour Poitiers ou environs. Troisième classe Jean Perot, journalier dans la commune. Jacques Duprat, journalier dans la commune. Annet Vauzelle, journalier dans la commune.  Les femmes Radégonde Duprat, journalière. La veuve Chartier, journalière. Françoise Naussat, journalière. Anne Brunet, femme de Jean Roy, journalière. Louise Lenfant, veuve Thabuteau, journalière. Maguerite Piquet, journalière. La veuve Bruyat, journalière. La Marie Ringier, journalière. Agathe Sachon, journalière. Jeanne Moreau, journalière. La femme de Pierre Noliot, journalière. Anne Mayant, journalière. Anne Bobin, journalière. Anne Dechamps, domestique journalière, demeurant chez Ringard. Fait à Plaisance, à la chambre commune, le 28 prairial an deux de la République française, une et indivisible et impérissable.  Signé : Normand, maire J.B. Mirel, officier Rappelons qu’en avril 92, les salaires de première catégorie allaient de 12 à 18 sols par jour. Le pain valait 3 sols 3 deniers la livre.  En novembre 93, les salaires de la première catégorie allaient de 15 à 22 sols par jour. Un travailleur mangeait en moyenne 3 livres de pain par jour.  1790-1795 À Plaisance Affaires & faits d’hivers

1790-1795, commune, XVIIIe siècle

Épisode 13

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau Printemps 1794 Les influences de la guerre à Plaisance 27 mars 1794 7 germinal An II Collecte des chemises pour les combattants Au nom de la loi, Egalité, Liberté ou la Mort, nous nous sommes assemblés en Conseil général et permanent à l’effet de ramasser des chemises pou nos bons défenseurs qui sont à la défense de la Patrie, et nous avons invité les bons citoyens de notre commune à cet effet de se prêter à ce don civique et qui a été de suite exécuté. Nous en avons ramassé au nombre de trente que nous avons de suite fait conduire au magasin du district par le citoyen Jean Vauzelle.  La liste complète des donateurs est inscrits au registre avec la mention détaillée de la qualité des chemises. Il a été remis : Chemises neuves : 2  Bonnes chemises : 16 Assez bonnes chemises : 8 Chemise mi-usée : 1 Chemise mauvaise : 1 (don de Marc Eliot) Chemise très mauvaise, toute rapiècée : 1 (don de Jacques Ebras, officiers municipal) Chemise de grosse toile :  1 (don de Jacques Ferdonet) dont c’est toute la totalité des chemises que nous avons ramassé, qui sont au total de trente chemises, que nous avons porté au district dont Maintreau nous a donné récépissé que nous avons remis à la femme Normand.  13 avril 1794 24 germinalAn II Nomination de Conseillers de surveillance Les comités de surveillance furent institués par décret du 21 mars 1793. Ils étaient chargés, dans chaque commune, de la surveillance des étrangers, de la délivrance des cartes civiques, de l’examen des papiers militaires. Ils pouvaient procéder à l’arrestation des personnes trouvées sans cocarde tricolore. Bientôt, ils furent chargés de dresser la liste des suspects et de décerner, contre eux, des mandats d’arrêt.  En 1794, ils prirent le nom de Comités révolutionnaires. Leurs pouvoirs furent étendus : visites domiciliaires et arrestation des suspects.  Nous, maire et officiers municipaux, nous sommes assemblés à l’effet de nommer et former un bureau de Conseillers de surveillance. Après le serment par eux fait, ont été nommés, à la pluralité des voix, les personnes des citoyens Étienne Léonard Cartau, Joseph Moreau, Philippe Vauzelle, Jean Roy, Louis Bobin, Sylvain Gaillard, François Jalladeau, François Chartier, Jean Chartier, Jean Thabuteau, Jean Joyeux, Charles Plast.  Ils ont accepté la commission et ont promis de s’en acquitter avec fidélité et la plus grande exactitude, en vrai républicain et de se conformer aux lois décrétées par la Convention.  2 mai 1794 13 floréal An II Collecte des fûts Liste du merrain et vieilles futailles mis en réquisition dans la commune de Plaisance, pour servir à faire les barils pour transporter la poudre qui pourrait se fabriquer dans l’étendue du district. La collecte permit de receuillir : 9 vieilles bariques, 2 petites bariques, 3 petits barils fondus, chacun avec un fonds et deux quarts de merrain qui furent apportés par les citoyens : Normand, Jean Chartier, René Pâtrier de la Gâcherie, Mirel tailleur, Mirel le jeune, Louis vallat à la Font nadeau, Jean Sironneau à la Papotière, Jean Perain à la Meunière, Vacher, Fleurant Audoux et la veuve Lamondie.  3 mai 1794 14 floréal An II Recensement des cochons En exécution de l’extrait du registre des délibérations du Conseil général du district de Montmorillon, nous avons procédé de suite à cet effet, ce 15 floréal à l’établissement de la liste des cochons de notre commune.  Suit la liste de 37 propriétaires (!) avec, en regard, le nombre et la catégorie des cochons qu’ils élevaient, soit :  27 truies. 14 cochons de plus d’un an. 106 cochons jusqu’à un an. 19 mai 1794 30 floréal An II Un laissez-passer pour les approvisionnements Au nom de la loi, Liberté, Fraternité ou la Mort, aux Officiers municipaux, de la commune de Loudun ou autres, à toutes autorités constituées, en exécution de la réquisition de la commission des approvisionnements de la République et de l’arrêté du district de Montmorillon, vous invite à donner aide et assistance aux citoyens voituriers Philippe Vauzelle et Jean Roy, de la commune de Plaisance, allant à Loudun chercher des subsistances dont ledit district a le plus grand besoin.  18 mai 1794 29 floréal An II Le district active l’aide aux parents des mobilisés Aujourd’hui… se sont présentés devant nous, maire et officiers municipaux, les citoyens Vignier et Augry, commissaires, nommés par le district de Montmorillon pour aider et hâter l’opération des secours accordés aux parents des défenseurs de la Patrie. Nous avons vu leur commission et l’avons reconnue légale.  1er Juin 1794 11 germinal An II On manque de grain. Le district accélère moissons et battages Aujourd’hui, trente messidor an II, les membres composant le Conseil général du district de Montmorillon étant réunis en séance publique, un membre a dit qu’après le rapport qui vient d’être fait à l’administration par deux de ses commissaires envoyés à Loudun pour presser les versements de 20 000 quintaux de grain accordés au district par celui de Loudun, il est évident qu’on ne peut plus compter seulement sur ces mêmes blés pour alimenter la nombreuse population de ce district. Sur quoi, le Conseil général, ouï l’Agent national, arrête ce qui suit : Article 1. – Les orges et seigles qui seront jugés avoir acquis le degré de maturité nécessaire à les rendre propres à être panifiés, seront sciés, ramassés, battus et vannés de suite, dans toute l’étendue du district.  Article 2. – Dès que les blés auront été reconnus être en maturité, les propriétaires ou fermiers seront tenus aussitôt, à la réquisition qui leur en sera faite par l’Agent national de leur commune de les faire scier, battre et vanner. Article 3. – Au fur et à mesure du battage desdits blés il en sera fait le recensement par la municipalité qui en tiendra registre ainsi que ceux, de la même espèce, qui pourraient être déjà égrenés. Article 6. – Toute personne

1790-1795, commune, XVIIIe siècle

Épisode 12

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau Printemps 1794 Le grand dénuement de l’église de Plaisance i – La déchristianisation Depuis fin 1793, le mouvement populaire, animé par les sans-culottes, prenait une grande influence malgré les efforts du Gouvernement révolutionnaire pour la contrôler. Le culte catholique s’exerçait encore normalement sous le ministère des prêtres assermentés.  Soudain, dans les départements, sous l’impulsion de certains Représentants en mission, le saccage des églises commença. La Convention essaya en vain de freiner ce mouvement et Robespierre lui-même disait que ceux qui renversent les autels peuvent bien être des contre révolutionnaires déguisés en démagogues :  Celui qui veut l’en empêcher est aussi fanatique que celui qui dit la messe… La Convention ne permettra pas qu’on persécute les ministres paisibles du culte.  Mais la vague était déchaînée et Plaisance n’y échappa pas.  17 mars 1794 27 ventôse An II Saccage de l’église Le 27 ventôse nous est arrivé le citoyen Deborde, commissaire, assisté des citoyens Graterolle et Laforest qui nous ont présenté une ordonnance du citoyen Ingrande, représentant du peuple, à l’effet de la dépouille des autels de ci-devant notre église et qu’ils on porté et fait porter devant la grande porte de l’église et l’on fait brûler et ont dansé la Crémalliole (carmagnole) autour dudit feu.  Fait en présence de nous, Officiers municipaux de la commune de Plaisance, assistés de notre greffier Jean Vauzelle et autres habitants de ladite commune.  Ce sont donc, semble t-il, des personnalités officielles, venues de l’extérieur, qui provoquèrent et commirent cet acte de vandalisme. Il n’est pas impossible que quelques habitants y participèrent. En tout cas la responsabilité n’en revient pas à la population de Plaisance.  Il n’en est pas de même de deux autres actes de vandalisme, voulus, commandés et exécutés, la semaine suivante par la municipalité elle-même.  22 mars 1794 2 germinal An II Descente de la croix du clocher Nous, maire et Officiers municipaux et Agent national, étant assemblés en Conseil général et permanent à l’effet de faire descendre la croix qui est en haut de la fleche de notre ci-devant église, dont le marché a été fait avec le citoyen François Fort, preneur à la somme de dix-neuf francs, prix fixé, ce qui a été fait de suite par ledit Fort. Nous Officiers, avons de suite payé ladite somme dont ledit Fort n’a pu donner de reçu, ne sachant ni lire ni écrire. Dont nous avons fait et dressé le présent procès-verbal le deux germinal de l’An II de la République française une et indivisible, et avons signé : Normand, maire. J.B. MIrel, officier. 26 mars 1794 6 germinal An II Destruction de la Vierge de la fontaine Quatre jours plus tard, le maire lui-même et le premier Officier municipal se conduisirent en véritables vandales et, semble t-il, prirent un certain plaisir à le faire. Nous, Officiers municipaux de la commune de Plaisance, nous nous sommes transportés en la ci-devant chapelle, dénommée de la Vierge de la fontaine où nous avons trouvé ci-devant l’image de la Vierge. Nous lui avons fait, de suite, la cérémonie de la casser par morceaux avec un pic à pierres dans la ci-devant chapelle, et l’avons taillée en morceaux dans ladite chapelle. Fait à la chambre commune le six germinal de l’an II.  Signé : Normand, maire. J.B. Mirel, officier. Il s’agissait sans doute d’une chapelle située près de la fontaine de la route de la Chambauderie, dont devrait-on pouvoir retrouver les fondations. Cette fontaine était un lieu de procession, particulièrement en temps de sécheresse. On y venait des communes voisines.  II – Les réquisitions achevent le dépouillement de l’église Les métaux étaient nécessaires aux besoins de la guerre (cuivre, étain). L’or et l’argent servaient de garantie à la monnaie-papier, l’assignat, qui se dévaluait. Trois nouvelles réquisitions, à quelques jours d’intervalle, vinrent vider l’église de tout ce qui pouvait y rester.  20 mars 1794 30 ventôse An II Première réquisition des objets du culte Aujourd’hui, 30 ventôse, nous maire, officiers municipaux et Agent national de la commune de Plaisance, l’Agent national requiert que, conformément à la réquisition verbale du citoyen Boisseau, Agent national pour le district de Montmorillon, les vases destinés au culte et argenterie de l’église paroissiale de notre commune fussent transportés au dépôt du district de Montmorillon.  La matière mise en délibération, l’Agent de la commune derechef entendu, nous disant qu’il fallait prendre une délibération, nous nous sommes, le jour même, transportés chez le citoyen curé de notre commune à l’effet de le requérir et sommer de nous présenter et exhiber les vases d’argent et argenteries destinées au culte. En conséquence, nous étant transportés à la maison curiale, nous avons trouvé ledit citoyen Étienne Léonard Cartau que nous avons requis de nous accompagner en ladite église et de nous exhiber les vases d’argent et argenterie dont il s’agit, ce qu’il a fait.  Au même instant nous nous sommes saisis du calice en argent avec la patène, du ciboire, ostensoir et custode en argent, des burettes en étain, ce, en présence du curé, dont et du tout quoi nous avons dressé le présent procès-verbal, arrêtant au surplus que ladite argenterie sera portée demain par le maire de cette commune au district de Montmorillon, et nous déchargeons ledit citoyen curé des susdites choses.  25 mars 1794 5 germinal An II Deuxième réquisition des objets du culte Nous, Officiers municipaux, assemblés pour aller faire l’état des effets de cuivre argenté et non argenté de la ci-devant église de notre commune, nous y avons trouvé : un chandelier de cuivre massif, six chandeliers argentés, un petit crucifix cassé et argenté, un encensoir aussi argenté, un vieil encensoir en vieux cuivre, un bénitier avec son goupillon aussi en cuivre argenté, une navette argentée et les tuyaux de la croix argentés et démontés. Nous avons requis le citoyen Jean Vauzelle, notre greffier, de conduire au district les effets ci-dessus dénommés.  31 mars 1794 11 germinal An II Troisème réquisition

1790-1795, commune, XVIIIe siècle

Épisode 11

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau Printemps 1794 Faits divers à Plaisance 13 mars 1794 23 ventôse An II La citoyenne Vacher de la Pouge prétend faire dessécher l’étang La citoyenne Vacher de la Pouge expose au citoyen Agent national du district de Montmorillon qu’elle possède deux prés touchant à un étang du citoyen Chambert, dans la commune de Plaisance, qui sont continuellement endommagés par le débordement dudit étang, ce qui fait que l’exploitante éprouve une perte considérable. En outre, ledit étang est sur le grand chemin de Moulismes à Plaisance et cause de grands dégâts sur ce même chemin attendu qu’il est cerné par l’étang et par un précipice.  L’étang dont il est question n’est point dans la conception de la loi. Il n’est d’aucune utilité et ne sert point à abreuver les bestiaux parce qu’il est contigu à un réservoir intarissable. Ce considéré, citoyen, il te plaira de faire dessécher ledit étang en conformité de la loi et fera justice.  Signé : Femme Vacher Renvoyé à l’Agent national de la commune de Plaisance pour, en exécution de la loi sur le dessèchement des étangs, du II frimaire dernier, provoquer la confiscation et dessèchement de l’étang dont il s’agit ou faire constater le motif de la conservation dans le plus bref délai.  A Plaisance, faisant ma tournée, le 23 ventôse an II, l’Agent national pour le district de Montmorillon.  Signé : Boissaux Citoyens, en réponse aux dires ci-dessus, la citoyenne femme Vacher nous dit donc fort hardiment qu’elle a deux près qui joignent à l’étang ci-dessus dénommé, ce que nous soutenons comme une fausseté de la part de ladite exposante, puisqu’il est vrai que ce même étang est joint : primo, du haut et d’un côté par un prè appartenant au citoyen Normand et, de l’autre part, au pâturage de la citoyenne veuve Bost de la Mondie; secondement, par le bas, il est joint par deux près appartenant au citoyen Donnet dont un de ces près, bon à faucher vers le sept à huit août, et dont le foin deviendrait propre à rien s’il n’avait pas l’eau sortant de l’étang ci-dessus dénommé.  Citoyens, il est vrai que nous reconnaissons, au dessous des deux près de Donnet et le long du courant de l’eau, deux mauvais morceaux de pré en marécages et brandes, appartenant à la citoyenne Vacher, mais nous certifions qu’elle n’éprouve nulle part aucun dégât par le débordement de l’étang mais plutôt pour la mauvaise intelligence qu’elle a de faire un procès pour donner cours à l’eau. Elle aura bientôt desséché son mauvais terrain puisque ce même cours d’eau qui s’évacue de l’étang n’est produit que par des sources inaltérables (?).  Il n’y avait donc que le citoyen Normand et la citoyenne Lamondie qui pouvaient demander le dessèchement de ce même étang. Bien loin de là, puisqu’ils en demandent de tout leur pouvoir, la conservation.  D’ailleurs, citoyens, en conformité de la loir qui porte sur le dessèchement des étangs, nous avons envoyé un arrêté du Conseil général de notre commune par lequel nous vous exposions les faits urgents et nécessaires de laisser subsister celui du citoyen Chambert, dont vous voilà une seconde exposition : 1° – est qu’il sert d’abreuvoir à la plupart des bestiaux de la ville.  2° – est que nous n’avons pas d’autre endroit pour laver la lessive et pour faire aiguer les chanvres.  3° – qu’il arrose les prés ci-dessus dénommés. 4° – que si l’on coupe la chaussée l’on rendra la grande route de notre commune à Moulismes impraticable, vu que plusieurs autres citoyens ont des propriétés au-delà et qu’ils ne peuvent passer ailleurs que sur cette chaussée. Ainsi, citoyens, nous vous prions de laisser subsister l’étang; vous ferez justice et le bien général puisqu’il est vrai que le terrain qu’il occupe est d’une mauvaise qualité et n’est propre à rien. 19 mars 1794 29 ventôse An II Plantation de l’arbre de la Liberté Troisième décade de ventôse. En vertu de la loi qui ordonne la transplantation d’un arbre dénommé Arbre de la Liberté avant le premier germinal, ce que nous avons fait ce jourd’hui 29 ventôse l’an II de la République française.  Il n’est donné aucune indication sur la nature de l’arbre ni sur le lieu de la plantation. 13 avril 1794 24 germinal An II Le pâturage du cimetière est affermé Nous, officiers municipaux, nous sommes assemblés à l’effet d’affermer le pâturage de notre cimetière qui a été mis et enchéri par plusieurs et par le plus offrant. Le dernier enchérisseur a été le citoyen Philippe Vauzelle qui l’a porté à la somme de 15 livres. Et s’est offert de payer en outre, et par dessus les 15 livres, pour la serrure et clous et pivot de la porte, une somme de 40 sols et une journée pour le travail, dont le tout se monte à la somme de 18 livres que ladite herbe lui coûtera pour ladite année.  1794 Statistique concernant la population masculine de Plaisance Au registre municipal, sous le titre Extrait des registres de la ville et commune de Plaisance, sans aucune autre indication, est dressée une liste de 98 hommes de 20 à 77 ans. Il est possible que cette liste ne soit pas tout à fait complète. Elle est néanmoins inintéressante et permet d’établir une répartition par âge.  Hommes de 20 à 29 ans : 25 Hommes de 30 à 39 ans : 26 Hommes de 40 à 49 ans : 26 Hommes de 50 à 59 ans : 2 Hommes de 60 à 69 ans : 15 Hommes de 70 à 77 ans : 4 On peut constater que les vieillards étaient peu nombreux : on mourait relativement jeune. On ne compte, dans cette liste, que 7 hommes de plus de 62 ans. On peut se demander pourquoi les hommes de 50 à 59 ans étaient quasi inexistants. Les 15 volontaires mobilisés, dont 4 en Vendée et 4

1790-1795, commune, XVIIIe siècle

Épisode 10

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau Automne Hiver 1794 Les influences de la guerre à Plaisance Déjà, à l’automne 1793, les réquisitions pour l’armée s’étendaient à toutes les ressources naturelles du pays : grains, fourrages, laines, chanvre et aux produits fabriqués : armes, chaussures, chemises, couvertures, draps et lits pour les hôpitaux, métaux, cordages, parchemins pour les gargousses à poudre, salpêtre… Les cloches de bronze des églises servirent à fondre des canons.  17 novembre 1793 27 brumaire An II Livraison de la cloche En vertu de la lettre du Procureur syndic du district de Montmorillon ce jourd’hui, 17 novembre 1793, nous avons procédé à l’adjudication au baille-et-rabais de la descente de notre cloche et de la conduite au district, lesquelles ont été adjugées au citoyen Félix Vauzelle pour le prix et somme de 25 livres. Quant au poids, n’ayant point de romaine dans le cas de pouvoir la peser, nous la mettons à cinq cents pesant ou environ.  24 novembre 1793 4 frimaire An II Livraison du tombeau de bronze Aujourd’hui, 24 novembre 1793 vieux style, étant assemblés au lieu ordinaire à la réquisition du Procureur de la commune, en conformité de la lettre du Procureur Syndic du district de Montmorillon en date du 27 brumaire de la 2e année de la République, avons procédé à l’adjudication au baille-et-rabais à Jacques Vauzelle, pour le prix et somme de 20 livres 5 sols, pour faire conduire un tombeau de métal, pesant environ trois milliers, qui est situé en l’église N.D. de Plaisance, au lieu indiqué par le district de Montmorillon.  Ainsi, la sépulture du Capitaine d’Ars, après avoir été enlevée par Feigneux le 1er avril 1792 et remise en place le 16 avril 1793 disparaissait-elle définitivement.  19 janvier 1794 30 nivôse An II Réquisition des carabines En conformité de la lettre du district de Montmorillon pour requérir toutes les carabines et tous les canons de carabine, l’Agent national de Plaisance, après les recherches faites dans son arrondissement, il ne s’est trouvé qu’une carabine chez la nommée Louise Lanfant, veuve Thabuteau, laquelle elle a déposé au bureau de la municipalité et l’avons, de suite, fait conduire par Félix Vauzelle au district.  24 janvier 1794 5 pluviôse An II Recensement des stocks d’avoine et réquisition État du recensement d’avoine de la commune de Plaisance Vacher de la Pouge : 93 livres Fleurant Puissasseau : 92 livres Jacques Ebras : 73 livres Jacques Augais : 93 livres Jacques Ferdonet : 59 livres Jacques Perain : 132 livres Fleurant Augry : 133 livres Jean Sironneau : 48 livres François Pétreau : 110 livres François Jaladeau : 115 livres Pierre Dupré : 37 livres Total : 1005 livres En vertu d’une lettre d’invitation des administrateurs du district, à l’effet de faire conduire au district 10 quintaux d’avoine, ce que nous avons fait le cinq pluviose et conduit par le citoyen Félix Vauzelle le six (24 janvier 1794). Plaisance manque de blé Nous, officiers municipaux et Conseil général de Plaisance, étant assemblés… à l’effet de procéder à la nomination d’un commissaire pour nous procurer des grains pour la population de notre dite commune, à cet effet a été nommé le citoyen Philippe Vauzelle qui a accepté et qui a promis de remplir sa commission du mieux qu’il pourrait. En conséquence de ceci, la commune promet et s’oblige d’indemniser ledit Vauzelle de ce qu’il lui faudra, promettant en outre de mettre entre les mains dudit Vauzelle la somme qui pourrait lui être nécessaire pour faire l’emplette de 800 boisseaux de blé qui manquent à notre commune, dont partie, si faire se peut, en froment, autre partie en seigle et baillarge*.  *baillarge : orge 6 mars 1794 16 Ventôse An II Réquisition des hommes de 18 à 25 ans Egalité, liberté, Fraternité, au nom de la République française, le représentant du peuple français chargé de l’embrigadement des armées de Brest et de l’Ouest, par suite de ses opérations de prompt départ, décide la réquisition des hommes de dix-huit à vingt-cinq ans dans les départements qui forment l’arrondissement de ces deux armées.  19 mars 1794 29 Ventôse An II Mobilisés et insoumis En vertu d’une lettre qui nous a requis d’avoir à faire partir les jeunes gens qui sont compris dans la première réquisition, depuis l’âge de 18 ans jusqu’à 25, à cet effet invitons et requerrons, au nom de la loi, le citoyen François Audoux d’avoir à se rendre de suite, le trente ventôse prochain au Directoire de Montmorillon pour prendre sa route et se rendre à son poste tel qu’il le lui sera ordonné par l’administration.  Je requiers la municipalité de se transporter sur le champ chez le citoyen Joseph Duquerroux pour y mettre de suite le citoyen Joseph Vallat, compris dans la première réquisition, en arrestation comme étant fuyard de la commune de Moulismes et ne voulant point se soumettre aux lois, et qu’il soit de suite arrêté.  20 mars 1794 30 Ventôse An II Nomination d’un commissaire salpêtrier Fin* et début 94 fut lancée l’exploitation révolutionnaire des salpêtres pour fabriquer la poudre. On demanda à tous les citoyens de récolter le salpêtre sur la terre humide des caves et sur les murs. Les sans-culottes patriotes se livrèrent à cette récolte avec ferveur. Les municipalités créèrent des ateliers pour lessiver les salpêtres et extraire, par évaporation, ce qu’on appelait la poudre tyrannicide.  *Fin : on peut supposer fin 1793 Nous, officiers municipaux et agent national de la commune de Plaisance, nous nous sommes assemblés pour délibérer sur la nomination d’un commissaire salpêtrier. Le Conseil général étant assemblé à cet effet, il a nommé la personne du citoyen Jean Vauzelle, qui a accepté ladite commission et a promis de s’en acquitter avec fidélité.  La récolte n’avait sans doute rien donné à Plaisance car : Le 16 avril 1794 (27 germinal), s’est présenté en cette commune le citoyen Moreau, commissaire salpêtrier, pour faire la recherche et prendre du salpêtre. Il a regardé

1790-1795, commune, XVIIIe siècle

Épisode 9

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau Le Calendrier Républicain 18 janvier 1794 29 nivôse An II Une magnifique lettre de propagande Liberté, égalité ou la Mort L’agent national du district de Montmorillon aux agents nationaux des communes Autrefois les hommes avaient désiré compter le temps en année de 365 jours, en 12 mois et quatre semaines de 7 jours chacune, chaque jour avec une dénomination, était en outre surchargé d’un nom de saint. Cette division et la nomenclature étaient frappées d’une irrégularité choquante et elles avaient été imaginées par le despotisme pour mieux asservir les peuples. La Convention a senti le danger de faire subsister plus longtemps le piédestal de l’esclavage et l’a anéanti par son décret du 3 octobre dernier, vieux style.  Ainsi le cours de l’année sera régulier, celui des mois composé uniformément de 30 jours, avec 5 complémentaires, sera invariable. Le mois est partagé en trois sections, chacune de 10 jours qu’on appelle décade. Les noms des jours dérivent d’une numération simple, depuis un jusqu’à dix et, à chacun d’eux, est en outre approprié un fruit, un légume ou un animal qui rappelle les productions inintéressantes de notre mère nourrice.  Ainsi plus de dimanche, de lundis, ou de mardis et coetera, plus de fêtes et plus de jours de repos autres que les jours de décade, c’est à dire le 10, le 20 et le 30 de chaque nouveau mois.  Toute personne qui se permettrait d’en annoncer d’autres au peuple par des rassemblements quelconques, soir par une autre voie, soit par le son des cloches se rebelle à la loi susdatée et sera traité pour suspect par la municipalité.  Je te requiers de veiller exactement à ce que la loir ne soit pas blessée et de me rendre compte de ce qui se passera dans ton arrondissement à ce sujet. Je te préviens que si ce changement donnait lieu à la moindre commotion, le glaive de la loi presserait d’abord sur les membres de la municipalité et le prêtre qui sont, ou doivent être, les premiers à diriger ce peuple vers le but général.  Signé  Boissau Tu n’oublieras pas de me donner avis, chaque décade, de l’exécution des lois qui seront envoyées à la municipalité et ce qui se passera dans ta commune.  Le nouveau calendrier L’année Elle était divisée en 12 mois égaux de 30 jours, soit 360 jours. Les 5 jours restants s’appelaient jours complémentaires. ou sans-culottides. Ils étaient consacrés aux fêtes de la Vertu, du Génie, du Travail, de l’Opinion, des Récompenses.  Les années bissextiles on ajoutait un sixième jour, le Jour de la Révolution. L’an I de la République débuta le 22 septembre 1792 et se termina le 21 septembre 1793.  Les mois Ils portaient des noms correspondant aux caractéristiques des saisons AUTOMNE Vendémaire Brumaire Frimaire Automne HIVER Nivôse Pluviôse Ventôse Hiver PRINTEMPS Germinal Floréal Prairial Printemps ÉTÉ Messidor Thermidor Fructidor Été Les décades Les mois comprenaient trois décades dont le dixième jour, appelé décadi, était férié. Les jours Les 10 jours de chaque décade étaient appelés : 1 – Primidi 2 – Duodi 3- Tridi 4 – Quartidi 5 – Quintidi 6 – Sexidi 7 – Septidi 8 – Octidi 9 – Nonidi 10 – Décadi Au lieu des noms de saints chaque jour était accompagné d’un nom de fleur, de légumes, de céréales, d’animal, d’un produit agricole, d’un outil, d’une roche, etc… (muguet, échalotte, seigle, lièvre, miel, fléau, marbre…).  Le calendrier républicain fut aboli par décret du 22 fructidor an XIII (8 septembre 1804).  1790-1795 À Plaisance

1790-1795, commune, XVIIIe siècle

Épisode 8

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau Automne 1793 – Hiver 1794 Nominations diverses aux charges publiques 15 octobre 1793 24 vendémiaire An II Vacher de la Pouge monte en grade Je me suis fait un devoir sacré de remplir les fonctions que les citoyens de la commune de Plaisance ont bien voulu me confier, dont je leur fus et leur serai toujours reconnaissant et leur prouverai dans tous les temps ma reconnaissance, mais étant appelé par l’Administration du Directoire du district de Montmorillon pour travailler dans ses bureaux, je donne, dès ce moment, onze heures du matin, ma démission de Procureur de la commune et d’Officier public, fonctions que je désire avoir remplies selon les vœux de mes commettants et les pris de ne pas m’oublier. 20 octobre 1793 29 vendémiaire An II On nomme son remplaçant Les citoyens de la commune étant rassemblés au lieu ordinaire pour nos assemblées pour la nomination d’un nouveau Procureur de la commune, à l’effet de quoi nous avons procédé. La pluralité des voix au plus grand nombre a tombé sur la personne du citoyen Antoine Charles Bonnisset, Chirurgien de cette commune, et de fait a été proclamé Procureur par tous les citoyens de l’assemblée, ce que le citoyen Bonnisset a accepté.  1er novembre 1793 11 brumaire An II Adjudication de la charge de percepteur Sur la réquisition du Procureur de la commune, nous avons procédé à la nomination d’un percepteur pour la contribution foncière de l’année 1793 qui a été adjugé au baille-au-rabais à la somme de 4 deniers par livre, au citoyen Normand, maire de ladite commune, qui accepte ladite commission et a promis de se conformer à la loi.  Le Baille-au-rabais était une adjudication dont le but était d’attribuer un travail à effectuer à celui qui demandait le moins cher. 25 novembre 1793 5 frimaire An II Augmentation des salaires En 1790 les journaliers gagnaient 15 sols par jour en été et 10 sols en hiver. La loi leur accorda le 1/3 en sus. Le Conseil général de Plaisance taxe donc la journée à 22 sols en été et 15 sols en hiver et il précise : A l’égard des charretiers, nous n’en connaissons point, dans notre commune qui vont charroi à prix d’argent. 5 janvier 1794 16 nivôse An II Le curé Cartau nommé officier public Aujourd’hui, le 5 nivose an II de la République une et indivisible, étant assemblés au lieu ordinaire de nos séances à l’effet de nommer un Officier public, ce qui a été fait, et la pluralité des voix s’est portée sur le citoyen Pierre Cartau, de cette ville et commune.  6 janvier 1794 17 nivôse An II Bonnisset devient agent national Le Procureur de la commune Bonnisset, par cette nommination, perd une certaine indépendance d’action. il est soumis désormais aux ordres de l’agent national du district et donc au pouvoir central. MESURES SOCIALES 19 janvier 1794 30 nivôse An II Le curé Cartrau et sa sœur organiseront les secours aux nécessiteux En mars et juin 1793 des décrets de la Convention avaient institué des secours pour les indigents, enfants, vieillards, et elle avait reconnu que les secours publics sont une dette sacrée. A Plaisance, on organisa les secours et des responsables furent nommés : Nous, Officiers municipaux et Membres de la commune, assemblés pour nommer un agent et un agent relatif à l’organisation des secours à accorder annuellement aux enfants, aux vieillards et aux indigents, avons procédé de suite à la nomination. La pluralité des voix a porté et a nommé le citoyen Pierre Cartau pour agent et la citoyenne Marie-Anne Cartau pour agent.  Quatre mois plus tard, on ouvrit, dans chaque département un livre de la bienfaisance nationale. Y seraient inscrits les vieillards et les infirmes des campagnes, les mères et les veuves chargées d’enfants. Les uns et les autres recevraient une pension annuelle et des secours et bénéficieraient de l’assistance médicale gratuite à domicile (Loi du 11 mai 1794). De quel bois étaient-ils donc faits ? De quel patriotisme, de quel admirable humanisme ces représentants du peuple étaient-ils donc animés qui, au moment même où la Patrie était en péril, où la guerre se poursuivait contre les ennemis intérieurs et extérieurs, où des problemes énormes se posaient pour ravitailler les armées et la France affamée, trouvaient encore le temps d’assurer aux citoyens les plus humbles, les plus misérables une véritable sécurité sociale.  1790-1795 À Plaisance

1790-1795, commune, XVIIIe siècle

Épisode 7

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau 16 avril 1793 27 germinal An I Le tombeau de bronze de Louis d’Ars est remis dans l’église Mais plutôt du tombeau de Louis d’Ars, capitaine, habitant l’Âge de Plaisance et qui fonda, vers la fin du 15e siècle, un chapitre de six chamoines desservant l’église. A sa mort, son corps fut enterré dans un tombeau de bronze, près des marches du maître-autel.  On peut se demander s’il n’y avait pas eu confusion de la part de Feigneux, marié à dame De Blon qui, sachant qu’un De Blon avait été inhumé dans l’église de Plaisance, avait pu se tromper de sépulture ?  Quoi qu’il en soit la municipalité avait alors intenté un procès et elle avait eu gain de cause : qui trépassa le vingt et sixième jour de mai, à la droite de notre mère Sainte Église comme doit faire tout bon chrétien, et fut inhumé et enterré dans l’église N. D. de Plaisance, contre la muraille à main droite, le vingt septième du dit mois mil six cent cinquante, le tout certifié par moi, Pierre Hamel, vicaire de ladite église.  Ce tombeau avait été enlevé par les soins du Sieur Feigneux, propriétaire de l’Âge de Plaisance le premier avril 1792. Il ne s’agissait sans doute pas de la sépulture du Sieur de Blon, de Beaupuy, Nous, citoyen maire et officiers municipaux, sur la réquisition du citoyen Procureur de la commune, nous nous sommes transportés dans l’église du dit lieu pour constater la remise du tombeau de bronze, enlevé par l’ordre du Sieur Feigneux, demeurant au lieu de l’Âge, municipalité de Saulgé, dont poursuites et diligence ont été faites par notre Procureur de la commune devant le citoyen juge de paix pour la remise dudit tombeau, et de suite nous l’avons fait mettre dans le sanctuaire, place où il était ci-devant.  16 & 17 avril 1793 27 & 28 germinal An I Une partie de pêche illégale à l’étang de Beaupuy L’affaire commence par une lettre du Directoire de Montmorillon adressée à la municipalité de Plaisance : Citoyens, Le Directoire vient d’être informé que des brigands se disposent à pêcher un étang, dépendant de Beaupuy, situé sur le chemin de Plaisance à Montmorillon.  La loi impose des peines sévères à ceux qui se permettent des excès de cette nature et elle rend au moins responsables du délit les employés municipaux qui n’emploient pas tous leurs efforts pour les réprimer.  En conséquence, au nom de la loi, le Directoire vous enjoint de vous transporter sur le champ, sur la chaussée du dit étang, avec ce que vous avez de la Garde nationale, à l’effet de dissiper les attroupements, s’ils existent, et de saisir les coupables, après quoi vous dresserez procès-verbal, sous peine de répondre des errements en vos propres et privés noms.  Il vous est enjoint de faire fermer la bonde du dit étang, dans le cas où elle aurait été levée et détruire tous préparatifs. Il vous appartiendra de redoubler de vigilance pour que, dans votre commune, il ne soit point atteint aux propriétés de qui que ce soit. Un gendarme vous accompagnera dans vos opérations.  La municipalité exécute donc ces ordres :  Aujourd’hui  17 avril 1793, à six heures du matin, en vertu d’une lettre des citoyens et administrateurs du Directoire du district de Montmorillon, en date d’hier, portant injonction à nous, officiers municipaux de la commune de N. D. de Plaisance, de nous transporter sur la chaussée de l’étang de Beaupuy, surveiller des brigands qui pouvaient y causer quelque dommage.  En conséquence, nous, officiers municipaux et procureur de la commune, assistés d’un détachement de notre garde nationale, commandé par le citoyen Demarquet, et du citoyen Lacroix, porteur d’ordres, nous nous sommes de suite transportés sur la chaussée de l’étang dépendant de Beaupuy, sur le chemin du dit Plaisance à Montmorillon, et là nous avons trouvé une personne, placée sur une échelle, la dite échelle sur le chapiteau de la bonde, laquelle personne, avec une barre de fer à la main et des morceaux de bois faits en forme de cales, travaillait pour ouvrir la bonde du dit étang, et une autre personne qui était là pour lui porter secours.  Il y avait aussi trois métayers du dit Beaupuy qui étaient présents, les uns pour amener des branches qui servaient de panier, et les autres qui réclamaient l’échelle et la barre de fer que les deux birgands avaient pris de violence dans la nuit du 16 au 17. Et de suite nous leur avons demandé ce qu’ils entendaient faire en voulant ouvrir cet étang. Ils nous ont répondu que c’était pour le pêcher et ont dit en même temps que c’était par ordre du nommé Boiséjour. De fait nous les avons fait arrêter par notre garde nationale, assistée comme dessus, et nous les avons fait conduire à la chambre municipale.  Nous les avons interrogés publiquement sur le réquisitoire du procureur de la commune, et nous avons commencé par celui qui était après vouloir lever la bonde du dit étang. Nous lui avons demandé son nom et il nous a répondu qu’il se nommait Pierre Huguet, demeurant au moulin de Pétavaux, meunier, de la paroisse de Bussière ci-devant Poitevine, district de Bellac, qui nous a dit être enrôlé pour la commune de St Bonnet, même district, ledit Huguet, âgé de 18 ans, nanti d’un pistolet de poche non chargé, qui lui a été de suite ôté et déposé à la chambre municipale.  Nous lui avons demandé par l’instigation de qui voulait-il pêcher ledit étang. Il a dit que c’était par celle de Boiséjour qui l’a conduit, avec plusieurs autres volontaires, à la porte de la maison de Beaupuy et leur a dit : -Mes enfants, je suis votre capitaine conducteur ! il y a un étang ici, il faut le pêcher ! le poisson est pour les volontaires, l’étang appartient à des aristocrates ! il faut distribuer

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Épisode 6

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau 27 mars 1793 7 germinal An I La levée de 300 000 hommes Après l’exécution de Louis XVI les grandes puissances : Autriche, Prusse, Russie, Angleterre, Espagne, Hollande…, formèrent une coalition contre la France. Cent mille paysans vendéens se soulevèrent. Le Général Dumouriez, l’un des vainqueurs de Valmy, trahissait la Convention et préparait une coup d’état.  Pour faire face à tous ces dangers la Convention ordonna une levée de 300 000 hommes. Ce contingent était réparti par département au prorata de la population, puis par district, puis par commune.  A Plaisance cinq conscrits devaient être désignés. Le 27 mars 1793, an II de la République française, nous maire et officiers municipaux et Conseil Général de la commune de Plaisance, Vu le recrutement ordonné par la loi du 24 février dernier, dont nous avons donné connaissance aux citoyens de ladite commune par voix de publication d’affiches… Il est intervenu le citoyen Jean-Baptiste Guillot de Cluzeau, commissaire nommé par le district afin de surveiller nos opérations lequel ayant trouvé l’assemblée formée, a donné connaissance aux dits citoyens qui la composait de la loi ci-dessus… Ensuite a invité les dits citoyens à déterminer et adopter le mode qu’ils jugeraient convenable pour former le contingent qui leur a été indiqué.  Aussitôt Jacques Gourdonneau et Jean Gourdonneau se sont avancés au bureau, l’un âgé de 25 ans et l’autre de 20 ans et ont déclaré se devoir au service de la patrie, en observant que leurs père et mère sont d’un âge avancé et hors d’état de gagner leur vie, ce pourquoi ils nous requièrent de veiller à leur état de misère et de faire pourvoir à leurs besoins, ce que nous leur avons promis. François Thiaudière, âgé de 19 ans et Léonard Thabuteau âgé de 19 ans également, se sont enrôlés pour les mêmes causes que ci-dessus établies en observant, pour Léonard Thabuteau, que sa mère est dans la misère.  Il en fallait un cinquième : L’Assemblée a adopté le mode de scrutin pour l’indication du cinquième. Dépouillement fait, la majorité absolue s’est portée sur François Deschamps, absent sans passeport de la municipalité depuis la promulgation de la loi, en conséquence nous l’avons proclamé soldat de la patrie, dont et du tout quoi nous avons dressé le présent procès-verbal pour servir d’enrôlement au citoyen ci-dessus.  12 avril 1793 23 germinal An I  complément de recrutement Léonard Thabuteau ne s’est pas trouvé la taille requise dans le moment, pour le service de la nation, à l’inspection du commissaire. François Deschamps était toujours absent. Voulait-il ainsi se soustraire à la conscription ? Dix-neuf jeunes citoyens, tombant dans le cas de la réquisition, furent réunis. Martial Mirel et Denis Rémondière furent désignés au vote pour remplacer Thabuteau et Deschamps.  La patrie en danger – Avril-Mai 1793 7 avril 1793 18 germinal An I Deuxième appel de volontaires Depuis avril 1792 la guerre se poursuit contre l’Autriche. En juin, la Garde nationale de Plaisance est incorporée au Bataillon du district de Montmorillon. En juillet, l’armée prussienne menace la frontière lorraine et la Patrie est déclarée en danger. En septembre  la municipalité de Plaisance recense les armes et, en mars 1793, cinq volontaires sont enrôlés et partent aux armées.  Nous, officiers municipaux et Conseil général de la commune et paroisse de N.D. de Plaisance, assemblés en séance permanente et publique, sur la réquisition du procureur de la commune, nous avons délibéré en exécution de l’arrêté du département de la Vienne du 10 mars 1793, à nous adressé par le Conseil général du district de Montmorillon.  Aujourd’hui , 7 du présent mois, avons fait passer la caisse dans l’arrondissement de ladite commune pour avertir les braves républicains d’avoir à se réunir de suite avec leurs armes sur la place publique et voler à la défense de la Patrie.  Nous avons également requis tous les volontaires enrôlés, tant pour aller sur les frontières que ceux pour aller à Bressuire (contre la Vendée) de se réunir pour se joindre à ceux qui, de bonne volonté, voudraient partir. Et de suite nous nous sommes transportés sur la place publique.  Après avoir harangué lesdits citoyens, accompagnés du Commandant de la Garde nationale, et avoir prévenu ceux desdits citoyens qui avaient des chevaux propres et en état de faire le service militaire autres que ceux portés sur la liste faite le 10 mars dernier, d’avoir à se présenter et conduire, ou faire conduire, en la présence de nous, officiers municipaux, de suite au district avec ceux établis dans ladite liste du 10 mas.  Etant donc sur la place publique, les citoyens assemblés, nous leur avons donné lecture : Premièrement, de l’extrait du registre des délibérations du Conseil général du Directoire du district de Montmorillon,  Secondement, de la proclamation du département aux citoyens,  Troisièmement, de l’extrait de la lettre du citoyen Cruzé, député à la Convention.  Il ne s’est présenté aucun citoyen désirant aller à la défense de la Patrie en danger.  Le citoyen commandant* nous ayant dit qu’il était prêt à partir lorsque tout le monde y irait. Gaspard Audoux et Jean Roy nous ont également dit qu’ils partiraient lorsqu’il en partirait un de chaque maison, malgré toutes les observation que nous avons pu leur faire de n’avoir point à ôter des bras à la culture, pour l’intérêt général**.  Aucun n’ayant offert leurs armes et munitions, suivant la déclaration des citoyens que leur fusil n’était pas en état et qu’ils avaient très peu de munitions. Quant aux chevaux, les citoyens ont déclaré qu’il y en avait au village de Chiroux, chez Fleurant Augry.  * Sans doute Demarquet commandant de la Garde nationale. ** La municipalité semblait vouloir dire par là que le départ d’un homme dans chaque maison nuirait aux travaux et qu’elle pensait que l’enrôlement de quelques citoyens seulement était préférable.  Les citoyens de Plaisance manquèrent manifestement d’enthousiasme en 1793 pour défendre la Patrie. D’ailleurs, dans l’ensemble de la France, cette

1790-1795, commune, XVIIIe siècle

Épisode 5

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau 20 septembre 1792 L’institution de l’état civil L’assemblée constituante avait hésité à créer l’enregistrement civil des actes de la vie sociale : naissances, mariages, décès. Elle avait craint d’arracher de force les citoyens à leurs habitudes catholiques séculaires. Elle en avait cependant adopté le principe dans la constitution de 1791.  La loi ne considère le mariage que comme contrat civil. Le pouvoir législatif établira pour tous les habitants, sans distinction, le mode par lequel les naissances, mariages ou décès seront constatés et il désignera les officiers qui en recevront et conserveront les actes Ce n’est que le jour où elle se séparait, le 20 septembre 1792, le jour où les prussiens étaient arrêtés à Valmy) que la législative vota le décret concernant l’État civil.  Les municipalités recevront et conserveront à l’avenir les actes destinés à constater les naissances, mariages et décès… Il y aura, dans chaque municipalité trois registres pour constater, l’un les naissances, l’autre les mariages, le troisième les décès… Le maire de Plaisance, Normand, sur la réquisition du procureur, Vacher de la Pouge, se transporta donc, avec le secrétaire-greffier Vauzelle, à l’église paroissiale. Il reçu des mains du curé Cartau tous les registres anciens concernant les baptêmes, mariages et inhumations. Vauzelle en dressa un inventaire. Les registres courant furent clos et arrêtés par Normand et le tout fut déposé à la maison commune.  À compter de ce jour, la loi faisait défense à toute personne étrangère à la municipalité de s’immiscer dans la tenue de ces registres et dans la réception des actes. Voici quelques-uns de ces premiers actes reçus par la municipalité.   20 septembre 1792 Le divorce La législative, par une conséquence toute logique, institua le droit des époux au divorce.  En effet, c’est le lien religieux qui proclamait l’indissolubilité du mariage. La législative estima que le mariage civil était un contrat entre deux personnes. Or, aucun contrat n’est éternel, il peut donc être résilié si l’une des parties le désire. Libre à chacun de suivre les principes de l’église mais le législateur n’avait, lui, aucune raison valable de rendre ce contrat éternel.  Le passage du décret du 20 septembre 1792, concernant le divorce, mérite d’être cité et lu attentivement car grande est sa sagesse.  L’assemblée nationale, considérant combien il importe de faire jouir les français de la faculté du divorce, qui résulte de la liberté individuelle dont un engagement indissoluble serait la perte, considérant que déjà plusieurs époux n’ont pas attendu, pour jouir des avantages de la disposition constitutionnelle suivant laquelle le mariage n’est qu’un contrat civil, que la loi eût réglé le mode et les effets du divorce, décrète qu’il y a urgence. Le mariage se dissout par le divorce. Le divorce a lieu par le consentement mutuel des époux. L’un des époux peut faire prononcer le divorce, sur la simple allégation d’incompatibilité d’humeur et de caractère. 27 octobre 1792 7 brumaire An I Déclaration de mariage Aujourd’hui, 27 octobre 1792, an I de la République, devant nous, citoyen Germain Normand, maire de la municipalité de Plaisance, en présence du citoyen Louis Vacher de la Pouge, procureur de la commune, sont comparus les citoyens Germain Rangard, Louis Gourdonneau, Jean-Baptiste Bost, Étienne Cartrau et Jean Vauzelle, Grand-père, oncle, cousins et voisin de Marie Gourdonneau, fille mineure de feu Hilaire Gourdonneau et de Marie Rangard.  Lesquels ont en outre déclaré avoir été requis par la citoyenne Gourdonneau de se transporter devant nous pour l’exécution du titre 4, article 8 de la loi du 20 septembre qui détermine le mode de constater l’état-civil des citoyens, de délibérer sur le mariage qu’elle se propose de contracter avec le citoyen Pierre de Lavergne, notaire à Angles.  Lesquels ont effectivement fait, en notre présence, d’après laquelle il est résulté que lesdits comparants consentent unanimement au dit mariage proposé.  Cette formalité était, en somme, sous une autre forme, la publication actuelle du mariage à la mairie du domicile de chacun des futurs époux. 28 octobre 1792 8 brumaire An I Élection d’un officier de l’état civil La loi du 20 septembre dernier pour la nomination d’un officier public chargé de recevoir les actes de naissances, mariages et sépultures portera son plein effet et entier effet, la publication de ladite loi ayant été affichée et publiée en la maison accoutumée le 21 du mois… Après avoir mis ostensiblement les billets dans le vase, le scrutin ouvert et dépouillé, la pluralité absolue ayant tombé sur le citoyen Louis René Vacher de la Pouge, lequel a été proclamé officier public et a accepté la commission et a promis de se conformer aux règlements et lois.  Constatation de naissance non portée sur le registre du culte catholique Certains citoyens ne figuraient pas sur les anciens registres paroissiaux. Peut-être le prêtre avait-il omis de transcrire l’acte, peut-être n’avaient-ils pas reçu le baptême, ou l’avaient-ils reçu ailleurs et l’ignoraient-ils ? Ils ne pouvaient donc pas justifier de leur date et lieu de naissance. Ils n’avaient pas d’état-civil, et on ne pouvait pas leur délivrer de bulletins ou d’extraits de leur acte de naissance. C’est ainsi que le 27 février 1793, Vacher de la Pouge, officier public, constate la naissance d’un homme de 42 ans, Michel Guévaux, et en dresse l’acte. Par devant moi, Louis René Vacher, officier public, élu le 28 octobre dernier pour dresser les actes destinés à constater les naissances, mariages et décès des citoyens ont comparu à la chambre publique Guévaux Michel, tailleur de pierres, assisté de Pivardière Michel, son cousin germain, agé de 51 ans, Roy Jean, marchand-cabaretier, âgé de 52 ans, Deschamp Jean, tisserand, âgé de 52 ans et Vauzelle Jean greffier de la municipalité de Plaisance, âgé de 41 ans, témoins, lesquels déclarent que Guévaux Michel, fils de Guévaux Pierre, cultivateur, et de Guillon Renée, est né le 29 septembre 1750, au village de la Planche, en cette municipalité.  1790-1795 À Plaisance

1790-1795, commune, XVIIIe siècle

Épisode 4

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau 20 avril 1792 Déclaration de guerre à l’Autriche Depuis le premier octobre 1791, l’Assemblée Constituante a été remplacée par l’Assemblée législative, chargée de faire les lois. Le Roi les promulguait et surveillait leur exécution : pouvoir législatif d’une part, pouvoir exécutif d’autre part. En Anjou et en Vendée, le Clergé provoquait des troubles graves. À Paris, le Roi et la Reine conspiraient contre la constitution. Le Roi opposait son véto aux décrets de l’Assemblée. À l’étranger, les émigrés, l’Autriche, la Prusse, l’Angleterre, menaçaient la France. Jean Vauzelle, greffier, écrit en grosses lettres sur le registre : DÉCLARATION DE GUERRE De la part du Roy des Français, au nom de la nation, la guerre est déclarée au Roy de Hongrie et de Bohême.  Signé : Louis et plus bas, Roland. Louis XVI annonce la déclaration de guerre aux députés – Wikipédia Le peuple entrant dans les Tuileries – Assemblée Nationale Journée du 20 juin 1792 – Assemblée Nationale 11 juilet 1792 La Patrie en danger En ce début juillet 1792, la Prusse vient de déclarer la guerre à la France et renforce l’armée autrichienne à la frontière lorraine. Le 11 juillet, l’Assemblée déclare la Patrie en danger.  Article 3 : Tous les citoyens en état de porter les armes et ayant déjà fait le service des gardes nationales seront en état d’activité permanente. Article 4 : Tous les citoyens seront tenus de déclarer, devant leurs municipalités respectives, le nombre et la nature des armes et munitions dont ils sont pourvus. En cas de refus de déclaration, ils seront punis d’un emprisonnement de 2 mois à 1 an, et en cas de fausse déclaration, de 1 an à 2 ans. Septembre 1792 Recensement des armes à Plaisance La municipalité fait publier que le 9 septembre, an 4 de la liberté :  Les habitants eussent à se rendre pour faire leur déclaration, et ceux qui ne se rendraient pas encoureraient les peines de la loi, après visite qui serait faite chez eux. Et nous, officiers municipaux, avons délibéré que dimanche 12 du présent serait réitérativement fait (on continuerait ce recensement) et, dès le même jour, visite serait faite.  Liste des personnes possédant des armes : Le citoyen Normand, maire, un fusil double, un simple et deux pistolets, quarante balles, cent chevrotines 1/2 cartron de poudre.  Le citoyen Vacher, procureur, un fusil double, un simple, 2 pistolets, une épée, 12 balles, 1/2 cartron de poudre.  Le citoyen Cartrau, curé, un fusil double. Le citoyen Demarquet, un fusil double. Le citoyen Bost, un fusil simple et un mousquet sans batterie. Citoyens possédant un fusil simple : Jean Roy, Félix Moreau, Félix Mon jaux, Jean Bardeau, Antoine Pairin, Jean Pairin, François Augris, Fleurant Augris, Guinot Miniel, Jean Deschamps, Germain Renjard, Denis Rémondière, Félix Lelot, Jean Sironneau, Pierre Dupré, Mathurin Brunet, Jean LAchaume, Jacques Ferdonnet, Martial Mirel, Jean Joyeux, François Tabuteau, Louis Gourdonneau. 30 Septembre 1792 Nouvelle prestation de serment La municipalité Aujourd’hui, 30 septembre 1792, an premier de la République française, le conseil de la commune en séance permanente, le procureur de la commune a requis que la loi relative au serment de tous les français recevant un traitement ou pension de l’État, du 14 août 1792, fut mis en exécution.  En conséquence de la publication de ladite loi et conformément aux affiches de prestation du serment fait en la manière accoutumée, nous, maire et officiers municipaux, membres composant le Conseil général de la Commune, procureur de la commune et greffier sous-signés, avons tous unanimement juré, en présence du peuple préalablement assemblé à cette fin, d’être fidèle à la Nation, et de maintenir la liberté et l’égalité ou de mourir chacun à notre poste en les défendant.  Si ce n’est Félix Vauzelle, membre, qui, après plusieurs réquisitions de la part du procureur de la commune, représentations du maire et du Conseil général de la commune, s’est toujours refusé à la prestation dudit serment et a toujours persisté dans son opinion et refus. Fait, clos et arrêté le présent procès-verbal… Les pensionnés de l’État : Jean Bobin et le curé Cartau Le Conseil général, après avoir entendu le procureur de la commune sur la présentation de la personne de Jean Bobin, dit la liberté, invalide, atteste que la loi dudit jour sortira son plein effet. En conséquence, le dit Jean Bobin dit le liberté, invalide a juré d’être fidèle à la Nation, de maintenir la Liberté et l’Égalité ou de mourir en la défendant, et a déclaré ne savoir signer.  Le curé Etienne Cartrau prête ensuite le serment exactement dans les mêmes formes.  Il y eut plusieurs formules de serment ainsi que nous l’avons vu au cours de ce récit : Premier serment, prévu par le décret du 29 novembre 1790 : Je Jure d’être fidèle à la Nation, à la Loi et au Roi et de maintenir de tout mon pouvoir le Constitution décrétée par l’Assemblée Nationale et acceptée par le Roi.  Deuxième serment, prévu par la Constitution de septembre 1791 : Je jure d’être fidèle à la Nation, à la Loi et au Roi et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution du royaume décrétée par l’Assemblée Nationale Constituante aux années 1789, 1790 et 1791. C’est-à-dire à toute Constitution, y compris la constitution civile du Clergé, qui n’était pas spécialement désignée dans le premier serment. Ceux qui avaient prêté le premier serment n’avaient, toutefois, pas à le renouveler.  Troisième serment, appelé serment de Liberté-Égalité, prévu par le décret du 14 août 1792 (formule précédente). Le refus de ce serment exposait non seulement les pensionnés à la perte de leur pension, mais tous les prêtres réfractaires étaient tenus de sortir sous huit jours des limites du district et du département de leur résidence et, dans la quinzaine, du royaume. Passé ce délai, ils seraient déportés à la Guyane.  AN PREMIER DE LA RÉPUBLIQUE NOUVEAU CALENDRIER Vous remarquerez, en tête du serment de

1790-1795, commune, XVIIIe siècle

Épisode 3

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau 1er avril 1792 enlèvement du tombeau de bronze en l’église de Plaisance Le compte-rendu du Procureur Vacher, écrit sans doute par Vauzelle, greffier, est difficile à déchiffrer. La ponctuation est inexistante, l’orthographe est complètement fantaisiste, certaines tournures de phrases et expressions sont très confuses et, tout en respectant de très près le texte et sans omettre un détail, il a paru indispensable de lui donner la forme plus accessible que voici.  L’an quatrième de la liberté et le premier jour d’avril mil sept cent quatre-vingt-douze nous, maire et officiers municipaux de la ville et commune de Plaisance, et notables, composant le Conseil Général de la municipalité, assemblés au lieu ordinaire de nos délibérations, ouy1 le sieur Vacher de la Pouge procureur de la commune, lequel nous a remontré que, par l’exploit de Bonin, huissier royal, du 27 mars dernier, le Sieur Martial Fégneux et dame Marie de Blon, son épouse, ont déclaré à cette municipalité en la personne de Jean Vauzelle, notre greffier, qu’ils étaient propriétaires d’un tombeau de bronze, placé au milieu du chœur de ladite église de cette ville et paroisse. Il se propose de l’enlever incessamment. Tout celà afin de se conformer aux décrets de l’Assemblée Nationale, afin que nous n’en ignorassions, afin de nous prouver leur soumission et afin qu’ils n’éprouvassent aucun obstacle ni difficulté judiciaire. S’ils éprouvaient quelque empêchement, ils prendraient parti nous, officiers municipaux, et ce, par la voie solidaire2. Sans avoir attendu que nous puissions délibérer sur la réponse qu’il convenait de faire à cette déclaration, et sans l’avoir rendu légale par la voie judiciaire, ils ont, dès le lendemain matin, effectué ledit enlèvement sans avoir justifié des titres en vertu desquels ils prétendent être propriétaires dudit tombeau, ni de leur qualité d’héritiers de ceux qui l’ont fait placer là. Ils ne pouvaient se dispenser de le faire sans courir les risques de commettre une voie de fait.  Cette conduite, contraire à la prudence et aux règles du droit, avait excité sa vigilance3. Il croyait qu’il était de son devoir et des fonctions qui lui sont confiées de requérir.  À sa diligence, le Sieur Martial Fégneux et la dame de Blon son épouse, seront incessamment cités à comparaître devant M. Gourdonneau, juge de paix du canton de Montmorillon, au lieu qu’il lui plaira d’indiquer, pour justifier, tant leurs titres de propriété sur le tombeau en bronze qu’ils ont indûment enlevé, que sur leur qualité d’héritiers, en tout ou partie, de ceux qui ont fait placer le tombeau.  S’ils ne comparaissaient pas au lieu et jour et heure indiqués par ladite citation, ils y seront contraints par toute voie de droit, même par la force publique, comme délit de police. Ils auront en outre à répondre à toutes les interrogations et interpellations qui leur seront faites par ledit juge de paix.  Sur ces circonstances et dépendances, nous, membres et notables ci-dessus, après avoir délibéré, et faisant droit au présent réquisitoire, nous nous sommes transportés dans l’église, au lieu où était ledit tombeau. Nous avons effectivement reconnu qu’il a été enlevé, même que ceux qui l’ont enlevé ont commis des dégradations au gradin de la balustrade du chœur de ladite église. En conséquence, nous avons délibéré, et délibérons qu’à la poursuite et diligence du Procureur de la commune, le Sieur Gourdonneau, juge de paix, fera toutes les informations et poursuites nécessaires contre le Sieur Martial Fégneux et dame Marie de Blon, son épouse, pour délit de police.  1.  – Ouy : ayant entendu 2. – Ce qui veut dire qu’ils demanderaient l’aide de la municipalité 3. – la vigilance du Procureur Vacher Le Procureur, Vacher de la Pouge, suivit en effet cette affaire de près et intenta les poursuites nécessaires, car le tombeau fut remis en place par les époux Fégneux le 7 avril 1793. La responsabilité du greffier Vauzelle Fégneux avait bénéficié, soit par négligence soit par intérêt, de la complicité de Jean Vauzelle, greffier. Celui-ci avait été prévenu, la veille, de l’enlèvement du tombeau et n’avait rien dit à la municipalité. Le Procureur de la commune l’accuse formellement de prévarication, c’est-à-dire de manquement aux devoirs de sa fonction.  Aujourd’hui, quatre avril mil sept cent quatre vingt douze nous, officiers municipaux et notables, assemblés au lieu ordinaire de nos délibérations, sur un réquisitoire de Mr le Procureur de la commune qui nous a représenté que le registre de la municipalité n’était nullement en ordre, que les actes de l’Assemblée nationale1 et corps administratifs n’avaient pas été enregistrés depuis le douze février dernier, que, en outre, ayant appris que, le 28 du mois de mars, il a été fait information aux officiers municipaux, en la personne de Jean Vauzelle secrétaire-greffier, de la part du Sieur Fégneux demeurant à l’Age, paroisse de Saulgé, de n’avoir point à s’opposer à l’enlèvement d’un tombeau en métal placé dans l’église de cette commune, devant le grand autel, dans le sanctuaire. Le Procureur n’ayant pas été prévenu de cette sommation n’a pas pu s’opposer à l’enlèvement dudit tombeau qui a été fait à six heures du matin le 29 du mois de mars dernier. Vauzelle se trouvait, par là, vouloir autoriser l’enlèvement dudit tombeau et avait donc prévariqué dans son état de greffier.  En conséquence nous, officiers municipaux et notables, ouy le procureur de la commune, nous avons délibéré que Jean Vauzelle, secrétaire-greffier de la municipalité, pour avoir prévariqué, donnera, le jour de Pâques prochain, une somme de quinze sols à la veuve Démazeaux, une autre somme de quinze sols à François Tabuteau, le tout pour amende, et qu’il ait, à l’avenir, à se montrer plus circonspect et exact dans son état. Il a de nouveau prêté serment et a, avec nous, signé le présent procès-verbal.  1. – il s’agit ici de l’Assemblée législative 7 avril 1792 Le prix du pain Le 7 avril 1792, le Maire de Plaisance arrête : que le pain étant taxé au

SIECLES, XVIIIe siècle

XVIIIe Siècle

Du XVIIIe siècle, de 1700 à 1800, sont conservés des archives principalement autour de la vie religieuse locale, de la paysannerie et de la Révolution française qui apporta de grands changements. On trouve encore : Les recensements, les premières dispositions régissant la localité, la vie agricole, … Les pratiques économiques, les métiers, … Les premiers pas de la vie municipale. Photographique Près du Pont Saint-Etienne, la Vienne transformée en patinoire offre un terrain de jeu rêvé © Photothèque Paul Colmar Grand hiver 1709 Le froid, commença le 6 janvier 1709, et dura jusqu’au 24 dans toute sa rigueur. Les semences furent anéanties. Le désastre fut si grand que les oeufs de poule valaient aux environs de 25 et 30 sous la douzaine car les pondeuses pour la plupart étaient mortes de froid, ainsi que les bestiaux dans les étables. On voyait tomber, gelée la crête des volailles, quand celles-ci avaient survécu au froid. Un grand nombre d’oiseaux, canards, perdrix, bécasses et merles moururent, qu’on trouvait dans les chemins, et sur les épaisses glaces et fréquentes neiges. Sources : Histoire du climat depuis l’an 1000 Antoine Ladurie https://editions.flammarion.com/histoire-du-climat-depuis-lan-mil/9782081451988 En 1709, toujours à Limoges, bon nombre d’habitants furent contraints de loger dans les caves et de cohabiter avec les rats. En 1765-66, les consuls de Limoges obtinrent de l’évêque qu’il permette les aliments gras quatre fois par semaine durant le carême, seul moyen pour les habitants de renforcer leurs défenses immunitaires éprouvées par un froid extrême. En 1788-89, le froid fut tellement rude qu’il était devenu impossible de creuser la terre pour enterrer les morts. Les bières furent remises dans le sépulcre de Saint-Pierre-du-Queyroix et dans le caveau situé sous la nef. D’autres hivers remarquables ont été recensés en 1870-71, 1879-1880, 1892-93, 1914, 1929… et 1956, où l’on battit tous les records. En général, la Vienne formait une couche de glace de plusieurs centimètres d’épaisseur pouvant supporter, dit-on, le poids d’un tombereau attelé. Sources : Le populaire du centre 19 février 2016 Bureau des acquis en 1737 à Plaisance Quittance de 9 sols pour une barrique de vin le 20 décembre 1737 les revenus au XVIIIe Siècle L’estimation des salaires est un sujet d’une grande complexité. En effet, les données restent trop souvent éparses et les informations disponibles concernent surtout le XVIIIe siècle. De plus, les modalités de paiement sont diverses et le taux des rémunérations est soumis à d’importantes variations géographiques ou saisonnières. Ces contraintes rendent difficiles les comparaisons rigoureuses entre les professions, les lieux et les époques. On observe une grande diversité des salaires et des gages, pour mémoire : 1 livre tournois = 20 sous (ou sols). 1 sou = 12 deniers. Donc 1 livre tournois = 20 sous = 240 deniers. Le prix du pain (1 livre = de 300 à plus de 600 g) : 1 pain de 4 livres : 8 sols en moyenne, mais 5 sols dans les années d’abondance céréalière et au moins 12 sols dans les années de mauvaises récoltes. 1 kg de pain blanc : de 0,40 F à 0,43 F de 1855 à 1913 Selon Vauban, pour une famille de manœuvrier (quatre personnes dont deux enfants), la consommation annuelle de blé, moitié seigle, moitié froment pour fournir du pain est de 10 setiers, soit environ 800 grammes par jour et par tête. Pour comprendre et estimer le montant des salaires de l’Ancien Régime, il faut tenir compte de plusieurs critères : Le salaire des femmes et des adolescents est généralement inférieur de moitié à celui des hommes, et le salaire des enfants est inférieur de moitié à celui des femmes. À l’intérieur d’un même métier, les différences de salaires sont liées au degré de qualification. Les rémunérations des travaux agricoles de la pleine saison (de mars à septembre/octobre) sont supérieures de près du double à celles de la saison morte (de septembre/octobre à janvier). Les salaires sont plus élevés dans les villes et à proximité des centres urbains que dans les zones les plus reculées sans voies de communication. Selon les situations, le salaire était réglé à la pièce (tant pour un produit fini), à la tâche (tant pour la main-d’œuvre), à la journée de travail (de 10 à 13 h), à la semaine, au mois ou à l’année. Les salaires à la pièce, à la tâche et à la journée étaient rarement versés en argent liquide. Le plus souvent, le règlement était mixte : une partie en argent et le reste en denrées, en échange de biens ou en services. Enfin, dans certains cas, le salarié était logé, nourri et blanchi et il avait parfois droit à des avantages en nature (une paire de sabots offerte, par exemple). Exemples de salaires à la tâche ou à la journée Semailles et frais de labours pour un champ de montagne : 46 livres et 8 sols en 1774.1 Labourage et frais de moisson pour un champ de montagne : 18 livres en 1775.1 Dépense de fumier dans les vignes : 58 livres 16 sols en 1776.1 Raccommodage des vitres d’une maison, puis faire à neuf celle du cabinet : 4 livres en 1741.2 six journées à « aider à faucher au foin » : 2 livres 10 sous en 1741.2 quatre journées à « aider à battre » (battage des céréales) : 2 livres en 1741.2 sept journées à aider à refaire le mur du champ en 1741 : 7 livres 3 sous.2 cinq journées de charron pour un chariot neuf : 7 livres en 1742.2 une journée de menuiserie pour confectionner un buffet : 10 sous en 1743.2 une journée pour coudre du cuir : 10 sous en 1745.2 une journée de 10 heures de travail à entrer la luzerne : 20 sous en 1800 d’après le Journal de D. Boutrouë. quatre journées à scier et percer deux grandes échelles : 2 livres 8 sols en 1718.3 cinq journées à rompre du bois en 1723 : 3 livres.3 deux journées de travail pour abattre une loge en ruine : 34 sols

1790-1795, commune, XVIIIe siècle

Épisode 2

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau 12 JUIN 1791 ÉLECTIONS BNF – Gallica Nomination d’un électeur Les opérations électorales pour la nomination des 745 députés de la future Assemblée Législative avaient commencé début juin 1791. Celle-ci devait remplacer la Constituante et sa réunion était prévue pour le premier octobre 1791. Le 12 juin 1791, la ville de Plaisance nomme un électeur : Joseph Demarquet. Celui-ci devra se rendre fin août ou début septembre à Poitiers où se tiendra l’Assemblée Électorale chargée d’élire les députés de la Vienne. Son mandat d’électeur lui permettait aussi de voter pour élire les juges et les administrateurs du département.  14 novembre 1791 Renouvellement de la municipalité Il a fallu quatre convocations pour aboutir à l’élection d’une nouvelle municipalité.  Le 13 novembre 1791,  l’Assemblée paroissiale commandée n’a pas été tenue à cause de l’absence des membres. Le 20 novembre, elle est à nouveau renvoyée à huitaine, ainsi que le 27 novembre.  Enfin, le 4 décembre 1791, la commune de Notre-Dame de Plaisance, département de la Basse-Vienne, District de Montmorillon, procède au renouvellement de la municipalité selon les formes habituelles et légales.   1. Nomination d’un bureau de vote :  Président, Louis René Vacher de la Pouge Secrétaire, Jean Vauzelle Tous les membres de l’assemblée prêtent serment, puis on nomme les scrutateurs, dont les fonctions sont d’ouvrir et dépouiller les scrutins, et la majorité des suffrages ayant tombé sur les Sieurs Félix Vauzelle, Joseph Moreau et Jean Duprat, ils ont été de suite proclamés scrutateurs.  2. Élection de la municipalité : Entre G. Normand, Vacher de la Pouge et F. Vauzelle la pluralité des voix s’est portée sur Germain Normand qui fut proclamé Maire.  Des deux officiers municipaux, il n’est renouvelé qu’un seul, l’autre restant en place. On tire donc au sort entre Vauzelle et Ebras pour celui qui doit sortir et c’est Ebras qui cède sa place. On élit ensuite le remplaçant d’Ebras. Les voix se porteront sur Ebras, Vacher et Fleurant Augris. Jacques Ebras, ayant la majorité, reprend donc les fonctions d’officier municipal. Puis, on élit le Procureur : Vacher de la Pouge. Pour les six membres du Conseil des notables on tire au sort trois membres sortants. Le sort tombera sur Jean Perin, Jean Roy et Fleurant Puissassio. On procède à leur remplacement et, seront élus : Joseph Vauzelle, Fleurant Augris et Jean Bardeaux.  Il reste à élire le greffier : ce sera Jean Vauzelle.  La nouvelle municipalité est ainsi formée le 4 décembre 1791. Maire : Germain Normand Officiers municipaux : Félix Vauzelle et Jacques Ebras Procureur : Vacher de la Pouge Conseil des notables : 3 anciens, Louis Laurendeau, Jean Chartier, Jospeh Moreau 3 nouveaux, Joseph Vauzelle, Fleurant Augris, Jean Bardeaux Greffier : Jean Vauzelle Signature de Germain Normand 12 decembre 1791 Vol du porteau de police Il s’agit probablement de la porte d’un local qui servait de prison où le procureur de la commune enfermait pour un bref séjour les délinquants pris en flagrant délit.  Nous, Felix Vauzelle, assisté d’un détachement de la Garde Nationale de notre dite commune, en date de ce jour, à l’effet de faire perquisition au sujet du porteau de police avec six ferrures sur lesquelles il y a inscrit  »La loi et le roi », lequel a été arraché la nuit dernière.  Par perquisition faite dans une partie de la ville, on nous a dit qu’on avait entendu du bruit, à environ onze heures du soir… Nous étant imaginé que c’était avec une charrette, nous avons demandé de quel côté on avait passé. On nous a répondu que c’était du côté de l’étang de l’Age.  Après avoir pris le chemin qui y conduit, nous avons remarqué qu’effectivement, il y avait passé une petite charrette et nous avons suivi le chemin. Nous avons reconnu les traits que nous avons suivis jusque sur le bord d’un fossé près le chemin de la procession de la petite Saint Jean.  Là, nous avons regardé et nous l’avons trouvé dans le fond du fossé, nous réservant de nous enquérir pour savoir ceux qui ont arraché le dit porteau, pour qu’il soit fait exemple, et nous avons dressé le présent procès-verbal. Reconnaissons que c’était une belle farce que d’enlever la porte de prison (certains ont du bien rire).  institution des tribunaux criminels Formation des jurys La justice, avant 1789, était rendue, nous l’avons dit, par les officiers de justice nommés par les seigneurs. La Constituante organisa la justice. Dans chaque canton fut élu un juge de paix. À Montmorillon, chef-lieu du district (arrondissement) se tint un tribunal également élu.  Lorsqu’il s’agissait d’affaires criminelles, les juges seraient assistés d’un jury composé de citoyens chargés de déclarer si le prévenu était coupable ou innocent, ou s’il pouvait bénéficier de circonstances atténuantes. Les jurés étaient tirés au sort sur des listes de citoyens actifs. C’était une institution absolument nouvelle en France et il était utile d’inciter les citoyens à accepter cette charge délicate.  12 decembre 1791 Proclamation du Directoire de Montmorillon Le 12 décembre 1791, le Directoire de Montmorillon envoya, dans toutes les communes, une proclamation pour expliquer aux citoyens actifs le rôle du jury et stimuler leurs sentiments patriotiques.  PROCLAMATION DU DIRECTOIRE DE MONTMORILLON RELATIVE A LA FORMATION DES JURYS DE JUGEMENT, DU 12 DÉCEMBRE 1791 Citoyens, par votre patriotisme et votre courage, vous avez conquis la liberté politique et individuelle ; déjà, sans doute, vous en appréciez les avantages ; vous ne supportez plus que les impôts exigés pour les besoins de l’État et dans une juste proportion ; vos titres et vos biens seront sous la sauvegarde de la loi ; l’innocent ne coulera plus, comme autrefois, des jours infortunés fans les cachots du glaive de la justice, frappant les seuls coupables, et enfin les français jouiront d’une félicité qui fera l’objet des désirs des autres peuples de la terre.  Ce tableau, citoyens, n’a rien d’exagéré. Nous vous le présentons avec une entière confiance. Il repose principalement sur la loi concernant

1790-1795, commune, XVIIIe siècle

Épisode 1

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau 10 mars 1790 Nomination d’un huissier Jean Vauzelle est nommé huissier de la municipalité.  Sur le bon, le louable rapport que l’on nous a fait de la personne du nommé Jean Vauzelle, habitant de cette ville et paroisse de Plaisance, de sa vie et mœurs, capacité, d’un commun accord l’avons choisi pour occuper la place d’huissier de notre municipalité. 3 avril 1790 Ordonnances concernant la vente du vin et les étrangers Le 3 avril 1790, le corps municipal prend deux ordonnances de police : Interdiction de servir et vendre du vin pendant le service divin. Interdiction de recevoir un étranger sans en donner connaissance au maire. Deffense sont faittes à tous les marchands, aubergistes, cabarestiers, de n’avoir point à donner ny fournir de vin à aucuns habitants de la dite ville et paroisse de Plaisance pendant le service divin, sous les peines d’une somme de quatre livres d’amende et, en cas de récidive, de ce qui sera déterminé par nous maire et officiers de ladite municipalité, le tout hors les voyageurs que nous exceptons. En outre de n’avoir point à recevoir aucun étranger chez eux de quelques qualités et conditions qu’ils soits sans donner avis et connaissance, sur le champ, à nous maire ou premier d’icelle ditte municipalité. 11 avril 1790 Contribution patriotique de Delion de Surade  Le 11 avril 1790, Bonneau, Vicaire et maire, donne connaissance d’une lettre envoyée par Delion de Surade, Prieur–Curé de Plaisance et député aux États-Généraux.  Paris le 24 mars 1790, je soussigné, prieur de Notre-Dame de Plaisance, député du Poitou aux États-Généraux constitués en Assemblée Nationale et membre du Comité des Finances, déclare avec vérité que la somme de 900 livres, excédant le quart de mon revenu, quitte de toutes charges, laquelle somme néanmoins j’offre à la nation pour ma contribution et don patriotique, et attendu mon séjour à Paris, je m’oblige de délivrer et remettre au trésor de la nation susdite somme, le tout suivant le décret de l’Assemblée Nationale. Signé : Delion de Surade 15, 16 et 19 avril 1790 Audoux vend du vin pendant la messe Il faudra trois séances pour juger l’affaire Fleurant Audoux qui, malgré l’ordonnance du 3 avril, a vendu du vin pendant l’office divin, le jour de la Qasimodo.  Deux fois l’affaire sera remise à la prochaine séance. Enfin, la municipalité, réunie au château Ringuet, que nous avons choisi pour notre auditoire, à défaut de maison commune, accepte l’offre, faite par Audoux, de payer quatre livres d’amende, sur lesquels seront prélevés, par faveur, les frais d’huissier (Une livre). Les trois livres restantes ont été distribuées, sur le champ, à cinq des plus nécessiteux de la paroisse : 12 sols à François Thabuteau 12 sols à Jean Vauzelle 12 sols au Sieur Beauséjour 12 sols à Doucelin 12 sols à la veuve Mesmin 3 mai 1790 Élection des officiers de la garde nationale Le 3 mai 1790, réunion à l’église pour compléter le corps des officiers de la Garde Nationale. Ont été nommés : Felix Vauzelle, Capitaine en second Joyeux, Lieutenant Joseph Moreau, Lieutenant en second Jacques Vauzelle, Porte drapeau Jean Vauzelle, Sous-Lieutenant Suit la liste des soldats (ci-dessous) composant la Garde Nationale. Peut-être y trouverez-vous un ancêtre ? La liste est séparée en deux parties, ceux qui habitent la ville et ceux de la campagne. 9 mai 1790 La garde nationale fait amende honorable Le 9 mai 1790, la Garde Nationale de Plaisance, qui ne s’est pas rendue à la confédération de Poitiers malgré les ordres, se présente au secrétariat à Poitiers pour en expliquer les raisons : Il faut en attribuer la cause que messieurs de Montmorillon ne leur ont donné aucune connaissance de la lettre circulaire qui leur était adressée. En conséquence, ces braves et généreux défenseurs de la patrie et de la liberté, désireux de donner les preuves de leur attachement inviolable à messieurs de Poitiers et de leur adhésion sincère au Pacte fédératif ont prié le secrétaire de vouloir, et bien faire mention sur leur registre de leur comparution.  Remarquez les termes pleins de soumission qui dénotent une certaine crainte de représailles dans l’insistance qu’ils mettent à ce que leur déplacement soit bien inscrit au registre ! 17 mai 1790 Élections municipales Le 17 mai 1790, formation de l’assemblée primaire de Plaisance et nomination d’un électeur.  En application des lettres patentes du Roi suivant le décret de l’Assemblée Nationale concernant la constitution d’assemblées primaires et administratives, une réunion a lieu à sept heures du matin, dans l’église, lieu par nous choisi pour les assemblées de tous nos citoyens actifs. 5 juin 1790 Poids et mesures, ordonnance de police  La municipalité de cette ville étant informée, et ayant les preuves par devers elle, que les articles des ordonnances relatives aux Poids et Mesures ne s’exécutent plus, puis qu’au mépris des lois aussi sages et aussi justes de ladite société, on se permet encore d’avoir dans les boutiques, auberges et cabarets, des poids, mesures à vin, aulnes, balances et crochets non réglés ni approuvés par les officiers de police, et voulant détruire un abus aussi important, ordonne que les marchands d’huile et de tabac, ou tout autre tenant poids et mesures pour le public, aient à les représenter demain 7 juin, chez M. le Maire pour être vérifiés et marqués ensuite par le Sieur Robin, vérificateur des Poids et Mesures de la Ville de Montmorillon, que nous avons mandé.  Il est ensuite précisé que, pour ceux qui ne se présenteront pas, une visite sera faite chez eux et les poids et mesures non marqués seront confisqués. De plus, ils seront condamnés à une amende. Jean Vauzelle, huissier de police lira et affichera publiquement cette ordonance. Les sanctions prévues dans l’arrêté municipal concernant les poids et mesures furent rigoureusement appliquées. 11 juillet 1790 Contrôle des poids & mesures Nous nous sommes, pour ce faire, assemblés étant accompagnés de notre greffier ainsi qu’il est

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