Nom de l’auteur/autrice :Memoires Plaisance

1790-1795, commune, XVIIIe siècle

Épisode 11

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau Printemps 1794 Faits divers à Plaisance 13 mars 1794 23 ventôse An II La citoyenne Vacher de la Pouge prétend faire dessécher l’étang La citoyenne Vacher de la Pouge expose au citoyen Agent national du district de Montmorillon qu’elle possède deux prés touchant à un étang du citoyen Chambert, dans la commune de Plaisance, qui sont continuellement endommagés par le débordement dudit étang, ce qui fait que l’exploitante éprouve une perte considérable. En outre, ledit étang est sur le grand chemin de Moulismes à Plaisance et cause de grands dégâts sur ce même chemin attendu qu’il est cerné par l’étang et par un précipice.  L’étang dont il est question n’est point dans la conception de la loi. Il n’est d’aucune utilité et ne sert point à abreuver les bestiaux parce qu’il est contigu à un réservoir intarissable. Ce considéré, citoyen, il te plaira de faire dessécher ledit étang en conformité de la loi et fera justice.  Signé : Femme Vacher Renvoyé à l’Agent national de la commune de Plaisance pour, en exécution de la loi sur le dessèchement des étangs, du II frimaire dernier, provoquer la confiscation et dessèchement de l’étang dont il s’agit ou faire constater le motif de la conservation dans le plus bref délai.  A Plaisance, faisant ma tournée, le 23 ventôse an II, l’Agent national pour le district de Montmorillon.  Signé : Boissaux Citoyens, en réponse aux dires ci-dessus, la citoyenne femme Vacher nous dit donc fort hardiment qu’elle a deux près qui joignent à l’étang ci-dessus dénommé, ce que nous soutenons comme une fausseté de la part de ladite exposante, puisqu’il est vrai que ce même étang est joint : primo, du haut et d’un côté par un prè appartenant au citoyen Normand et, de l’autre part, au pâturage de la citoyenne veuve Bost de la Mondie; secondement, par le bas, il est joint par deux près appartenant au citoyen Donnet dont un de ces près, bon à faucher vers le sept à huit août, et dont le foin deviendrait propre à rien s’il n’avait pas l’eau sortant de l’étang ci-dessus dénommé.  Citoyens, il est vrai que nous reconnaissons, au dessous des deux près de Donnet et le long du courant de l’eau, deux mauvais morceaux de pré en marécages et brandes, appartenant à la citoyenne Vacher, mais nous certifions qu’elle n’éprouve nulle part aucun dégât par le débordement de l’étang mais plutôt pour la mauvaise intelligence qu’elle a de faire un procès pour donner cours à l’eau. Elle aura bientôt desséché son mauvais terrain puisque ce même cours d’eau qui s’évacue de l’étang n’est produit que par des sources inaltérables (?).  Il n’y avait donc que le citoyen Normand et la citoyenne Lamondie qui pouvaient demander le dessèchement de ce même étang. Bien loin de là, puisqu’ils en demandent de tout leur pouvoir, la conservation.  D’ailleurs, citoyens, en conformité de la loir qui porte sur le dessèchement des étangs, nous avons envoyé un arrêté du Conseil général de notre commune par lequel nous vous exposions les faits urgents et nécessaires de laisser subsister celui du citoyen Chambert, dont vous voilà une seconde exposition : 1° – est qu’il sert d’abreuvoir à la plupart des bestiaux de la ville.  2° – est que nous n’avons pas d’autre endroit pour laver la lessive et pour faire aiguer les chanvres.  3° – qu’il arrose les prés ci-dessus dénommés. 4° – que si l’on coupe la chaussée l’on rendra la grande route de notre commune à Moulismes impraticable, vu que plusieurs autres citoyens ont des propriétés au-delà et qu’ils ne peuvent passer ailleurs que sur cette chaussée. Ainsi, citoyens, nous vous prions de laisser subsister l’étang; vous ferez justice et le bien général puisqu’il est vrai que le terrain qu’il occupe est d’une mauvaise qualité et n’est propre à rien. 19 mars 1794 29 ventôse An II Plantation de l’arbre de la Liberté Troisième décade de ventôse. En vertu de la loi qui ordonne la transplantation d’un arbre dénommé Arbre de la Liberté avant le premier germinal, ce que nous avons fait ce jourd’hui 29 ventôse l’an II de la République française.  Il n’est donné aucune indication sur la nature de l’arbre ni sur le lieu de la plantation. 13 avril 1794 24 germinal An II Le pâturage du cimetière est affermé Nous, officiers municipaux, nous sommes assemblés à l’effet d’affermer le pâturage de notre cimetière qui a été mis et enchéri par plusieurs et par le plus offrant. Le dernier enchérisseur a été le citoyen Philippe Vauzelle qui l’a porté à la somme de 15 livres. Et s’est offert de payer en outre, et par dessus les 15 livres, pour la serrure et clous et pivot de la porte, une somme de 40 sols et une journée pour le travail, dont le tout se monte à la somme de 18 livres que ladite herbe lui coûtera pour ladite année.  1794 Statistique concernant la population masculine de Plaisance Au registre municipal, sous le titre Extrait des registres de la ville et commune de Plaisance, sans aucune autre indication, est dressée une liste de 98 hommes de 20 à 77 ans. Il est possible que cette liste ne soit pas tout à fait complète. Elle est néanmoins inintéressante et permet d’établir une répartition par âge.  Hommes de 20 à 29 ans : 25 Hommes de 30 à 39 ans : 26 Hommes de 40 à 49 ans : 26 Hommes de 50 à 59 ans : 2 Hommes de 60 à 69 ans : 15 Hommes de 70 à 77 ans : 4 On peut constater que les vieillards étaient peu nombreux : on mourait relativement jeune. On ne compte, dans cette liste, que 7 hommes de plus de 62 ans. On peut se demander pourquoi les hommes de 50 à 59 ans étaient quasi inexistants. Les 15 volontaires mobilisés, dont 4 en Vendée et 4

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Épisode 10

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau Automne Hiver 1794 Les influences de la guerre à Plaisance Déjà, à l’automne 1793, les réquisitions pour l’armée s’étendaient à toutes les ressources naturelles du pays : grains, fourrages, laines, chanvre et aux produits fabriqués : armes, chaussures, chemises, couvertures, draps et lits pour les hôpitaux, métaux, cordages, parchemins pour les gargousses à poudre, salpêtre… Les cloches de bronze des églises servirent à fondre des canons.  17 novembre 1793 27 brumaire An II Livraison de la cloche En vertu de la lettre du Procureur syndic du district de Montmorillon ce jourd’hui, 17 novembre 1793, nous avons procédé à l’adjudication au baille-et-rabais de la descente de notre cloche et de la conduite au district, lesquelles ont été adjugées au citoyen Félix Vauzelle pour le prix et somme de 25 livres. Quant au poids, n’ayant point de romaine dans le cas de pouvoir la peser, nous la mettons à cinq cents pesant ou environ.  24 novembre 1793 4 frimaire An II Livraison du tombeau de bronze Aujourd’hui, 24 novembre 1793 vieux style, étant assemblés au lieu ordinaire à la réquisition du Procureur de la commune, en conformité de la lettre du Procureur Syndic du district de Montmorillon en date du 27 brumaire de la 2e année de la République, avons procédé à l’adjudication au baille-et-rabais à Jacques Vauzelle, pour le prix et somme de 20 livres 5 sols, pour faire conduire un tombeau de métal, pesant environ trois milliers, qui est situé en l’église N.D. de Plaisance, au lieu indiqué par le district de Montmorillon.  Ainsi, la sépulture du Capitaine d’Ars, après avoir été enlevée par Feigneux le 1er avril 1792 et remise en place le 16 avril 1793 disparaissait-elle définitivement.  19 janvier 1794 30 nivôse An II Réquisition des carabines En conformité de la lettre du district de Montmorillon pour requérir toutes les carabines et tous les canons de carabine, l’Agent national de Plaisance, après les recherches faites dans son arrondissement, il ne s’est trouvé qu’une carabine chez la nommée Louise Lanfant, veuve Thabuteau, laquelle elle a déposé au bureau de la municipalité et l’avons, de suite, fait conduire par Félix Vauzelle au district.  24 janvier 1794 5 pluviôse An II Recensement des stocks d’avoine et réquisition État du recensement d’avoine de la commune de Plaisance Vacher de la Pouge : 93 livres Fleurant Puissasseau : 92 livres Jacques Ebras : 73 livres Jacques Augais : 93 livres Jacques Ferdonet : 59 livres Jacques Perain : 132 livres Fleurant Augry : 133 livres Jean Sironneau : 48 livres François Pétreau : 110 livres François Jaladeau : 115 livres Pierre Dupré : 37 livres Total : 1005 livres En vertu d’une lettre d’invitation des administrateurs du district, à l’effet de faire conduire au district 10 quintaux d’avoine, ce que nous avons fait le cinq pluviose et conduit par le citoyen Félix Vauzelle le six (24 janvier 1794). Plaisance manque de blé Nous, officiers municipaux et Conseil général de Plaisance, étant assemblés… à l’effet de procéder à la nomination d’un commissaire pour nous procurer des grains pour la population de notre dite commune, à cet effet a été nommé le citoyen Philippe Vauzelle qui a accepté et qui a promis de remplir sa commission du mieux qu’il pourrait. En conséquence de ceci, la commune promet et s’oblige d’indemniser ledit Vauzelle de ce qu’il lui faudra, promettant en outre de mettre entre les mains dudit Vauzelle la somme qui pourrait lui être nécessaire pour faire l’emplette de 800 boisseaux de blé qui manquent à notre commune, dont partie, si faire se peut, en froment, autre partie en seigle et baillarge*.  *baillarge : orge 6 mars 1794 16 Ventôse An II Réquisition des hommes de 18 à 25 ans Egalité, liberté, Fraternité, au nom de la République française, le représentant du peuple français chargé de l’embrigadement des armées de Brest et de l’Ouest, par suite de ses opérations de prompt départ, décide la réquisition des hommes de dix-huit à vingt-cinq ans dans les départements qui forment l’arrondissement de ces deux armées.  19 mars 1794 29 Ventôse An II Mobilisés et insoumis En vertu d’une lettre qui nous a requis d’avoir à faire partir les jeunes gens qui sont compris dans la première réquisition, depuis l’âge de 18 ans jusqu’à 25, à cet effet invitons et requerrons, au nom de la loi, le citoyen François Audoux d’avoir à se rendre de suite, le trente ventôse prochain au Directoire de Montmorillon pour prendre sa route et se rendre à son poste tel qu’il le lui sera ordonné par l’administration.  Je requiers la municipalité de se transporter sur le champ chez le citoyen Joseph Duquerroux pour y mettre de suite le citoyen Joseph Vallat, compris dans la première réquisition, en arrestation comme étant fuyard de la commune de Moulismes et ne voulant point se soumettre aux lois, et qu’il soit de suite arrêté.  20 mars 1794 30 Ventôse An II Nomination d’un commissaire salpêtrier Fin* et début 94 fut lancée l’exploitation révolutionnaire des salpêtres pour fabriquer la poudre. On demanda à tous les citoyens de récolter le salpêtre sur la terre humide des caves et sur les murs. Les sans-culottes patriotes se livrèrent à cette récolte avec ferveur. Les municipalités créèrent des ateliers pour lessiver les salpêtres et extraire, par évaporation, ce qu’on appelait la poudre tyrannicide.  *Fin : on peut supposer fin 1793 Nous, officiers municipaux et agent national de la commune de Plaisance, nous nous sommes assemblés pour délibérer sur la nomination d’un commissaire salpêtrier. Le Conseil général étant assemblé à cet effet, il a nommé la personne du citoyen Jean Vauzelle, qui a accepté ladite commission et a promis de s’en acquitter avec fidélité.  La récolte n’avait sans doute rien donné à Plaisance car : Le 16 avril 1794 (27 germinal), s’est présenté en cette commune le citoyen Moreau, commissaire salpêtrier, pour faire la recherche et prendre du salpêtre. Il a regardé

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Épisode 9

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau Le Calendrier Républicain 18 janvier 1794 29 nivôse An II Une magnifique lettre de propagande Liberté, égalité ou la Mort L’agent national du district de Montmorillon aux agents nationaux des communes Autrefois les hommes avaient désiré compter le temps en année de 365 jours, en 12 mois et quatre semaines de 7 jours chacune, chaque jour avec une dénomination, était en outre surchargé d’un nom de saint. Cette division et la nomenclature étaient frappées d’une irrégularité choquante et elles avaient été imaginées par le despotisme pour mieux asservir les peuples. La Convention a senti le danger de faire subsister plus longtemps le piédestal de l’esclavage et l’a anéanti par son décret du 3 octobre dernier, vieux style.  Ainsi le cours de l’année sera régulier, celui des mois composé uniformément de 30 jours, avec 5 complémentaires, sera invariable. Le mois est partagé en trois sections, chacune de 10 jours qu’on appelle décade. Les noms des jours dérivent d’une numération simple, depuis un jusqu’à dix et, à chacun d’eux, est en outre approprié un fruit, un légume ou un animal qui rappelle les productions inintéressantes de notre mère nourrice.  Ainsi plus de dimanche, de lundis, ou de mardis et coetera, plus de fêtes et plus de jours de repos autres que les jours de décade, c’est à dire le 10, le 20 et le 30 de chaque nouveau mois.  Toute personne qui se permettrait d’en annoncer d’autres au peuple par des rassemblements quelconques, soir par une autre voie, soit par le son des cloches se rebelle à la loi susdatée et sera traité pour suspect par la municipalité.  Je te requiers de veiller exactement à ce que la loir ne soit pas blessée et de me rendre compte de ce qui se passera dans ton arrondissement à ce sujet. Je te préviens que si ce changement donnait lieu à la moindre commotion, le glaive de la loi presserait d’abord sur les membres de la municipalité et le prêtre qui sont, ou doivent être, les premiers à diriger ce peuple vers le but général.  Signé  Boissau Tu n’oublieras pas de me donner avis, chaque décade, de l’exécution des lois qui seront envoyées à la municipalité et ce qui se passera dans ta commune.  Le nouveau calendrier L’année Elle était divisée en 12 mois égaux de 30 jours, soit 360 jours. Les 5 jours restants s’appelaient jours complémentaires. ou sans-culottides. Ils étaient consacrés aux fêtes de la Vertu, du Génie, du Travail, de l’Opinion, des Récompenses.  Les années bissextiles on ajoutait un sixième jour, le Jour de la Révolution. L’an I de la République débuta le 22 septembre 1792 et se termina le 21 septembre 1793.  Les mois Ils portaient des noms correspondant aux caractéristiques des saisons AUTOMNE Vendémaire Brumaire Frimaire Automne HIVER Nivôse Pluviôse Ventôse Hiver PRINTEMPS Germinal Floréal Prairial Printemps ÉTÉ Messidor Thermidor Fructidor Été Les décades Les mois comprenaient trois décades dont le dixième jour, appelé décadi, était férié. Les jours Les 10 jours de chaque décade étaient appelés : 1 – Primidi 2 – Duodi 3- Tridi 4 – Quartidi 5 – Quintidi 6 – Sexidi 7 – Septidi 8 – Octidi 9 – Nonidi 10 – Décadi Au lieu des noms de saints chaque jour était accompagné d’un nom de fleur, de légumes, de céréales, d’animal, d’un produit agricole, d’un outil, d’une roche, etc… (muguet, échalotte, seigle, lièvre, miel, fléau, marbre…).  Le calendrier républicain fut aboli par décret du 22 fructidor an XIII (8 septembre 1804).  1790-1795 À Plaisance

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Épisode 8

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau Automne 1793 – Hiver 1794 Nominations diverses aux charges publiques 15 octobre 1793 24 vendémiaire An II Vacher de la Pouge monte en grade Je me suis fait un devoir sacré de remplir les fonctions que les citoyens de la commune de Plaisance ont bien voulu me confier, dont je leur fus et leur serai toujours reconnaissant et leur prouverai dans tous les temps ma reconnaissance, mais étant appelé par l’Administration du Directoire du district de Montmorillon pour travailler dans ses bureaux, je donne, dès ce moment, onze heures du matin, ma démission de Procureur de la commune et d’Officier public, fonctions que je désire avoir remplies selon les vœux de mes commettants et les pris de ne pas m’oublier. 20 octobre 1793 29 vendémiaire An II On nomme son remplaçant Les citoyens de la commune étant rassemblés au lieu ordinaire pour nos assemblées pour la nomination d’un nouveau Procureur de la commune, à l’effet de quoi nous avons procédé. La pluralité des voix au plus grand nombre a tombé sur la personne du citoyen Antoine Charles Bonnisset, Chirurgien de cette commune, et de fait a été proclamé Procureur par tous les citoyens de l’assemblée, ce que le citoyen Bonnisset a accepté.  1er novembre 1793 11 brumaire An II Adjudication de la charge de percepteur Sur la réquisition du Procureur de la commune, nous avons procédé à la nomination d’un percepteur pour la contribution foncière de l’année 1793 qui a été adjugé au baille-au-rabais à la somme de 4 deniers par livre, au citoyen Normand, maire de ladite commune, qui accepte ladite commission et a promis de se conformer à la loi.  Le Baille-au-rabais était une adjudication dont le but était d’attribuer un travail à effectuer à celui qui demandait le moins cher. 25 novembre 1793 5 frimaire An II Augmentation des salaires En 1790 les journaliers gagnaient 15 sols par jour en été et 10 sols en hiver. La loi leur accorda le 1/3 en sus. Le Conseil général de Plaisance taxe donc la journée à 22 sols en été et 15 sols en hiver et il précise : A l’égard des charretiers, nous n’en connaissons point, dans notre commune qui vont charroi à prix d’argent. 5 janvier 1794 16 nivôse An II Le curé Cartau nommé officier public Aujourd’hui, le 5 nivose an II de la République une et indivisible, étant assemblés au lieu ordinaire de nos séances à l’effet de nommer un Officier public, ce qui a été fait, et la pluralité des voix s’est portée sur le citoyen Pierre Cartau, de cette ville et commune.  6 janvier 1794 17 nivôse An II Bonnisset devient agent national Le Procureur de la commune Bonnisset, par cette nommination, perd une certaine indépendance d’action. il est soumis désormais aux ordres de l’agent national du district et donc au pouvoir central. MESURES SOCIALES 19 janvier 1794 30 nivôse An II Le curé Cartrau et sa sœur organiseront les secours aux nécessiteux En mars et juin 1793 des décrets de la Convention avaient institué des secours pour les indigents, enfants, vieillards, et elle avait reconnu que les secours publics sont une dette sacrée. A Plaisance, on organisa les secours et des responsables furent nommés : Nous, Officiers municipaux et Membres de la commune, assemblés pour nommer un agent et un agent relatif à l’organisation des secours à accorder annuellement aux enfants, aux vieillards et aux indigents, avons procédé de suite à la nomination. La pluralité des voix a porté et a nommé le citoyen Pierre Cartau pour agent et la citoyenne Marie-Anne Cartau pour agent.  Quatre mois plus tard, on ouvrit, dans chaque département un livre de la bienfaisance nationale. Y seraient inscrits les vieillards et les infirmes des campagnes, les mères et les veuves chargées d’enfants. Les uns et les autres recevraient une pension annuelle et des secours et bénéficieraient de l’assistance médicale gratuite à domicile (Loi du 11 mai 1794). De quel bois étaient-ils donc faits ? De quel patriotisme, de quel admirable humanisme ces représentants du peuple étaient-ils donc animés qui, au moment même où la Patrie était en péril, où la guerre se poursuivait contre les ennemis intérieurs et extérieurs, où des problemes énormes se posaient pour ravitailler les armées et la France affamée, trouvaient encore le temps d’assurer aux citoyens les plus humbles, les plus misérables une véritable sécurité sociale.  1790-1795 À Plaisance

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Épisode 7

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau 16 avril 1793 27 germinal An I Le tombeau de bronze de Louis d’Ars est remis dans l’église Mais plutôt du tombeau de Louis d’Ars, capitaine, habitant l’Âge de Plaisance et qui fonda, vers la fin du 15e siècle, un chapitre de six chamoines desservant l’église. A sa mort, son corps fut enterré dans un tombeau de bronze, près des marches du maître-autel.  On peut se demander s’il n’y avait pas eu confusion de la part de Feigneux, marié à dame De Blon qui, sachant qu’un De Blon avait été inhumé dans l’église de Plaisance, avait pu se tromper de sépulture ?  Quoi qu’il en soit la municipalité avait alors intenté un procès et elle avait eu gain de cause : qui trépassa le vingt et sixième jour de mai, à la droite de notre mère Sainte Église comme doit faire tout bon chrétien, et fut inhumé et enterré dans l’église N. D. de Plaisance, contre la muraille à main droite, le vingt septième du dit mois mil six cent cinquante, le tout certifié par moi, Pierre Hamel, vicaire de ladite église.  Ce tombeau avait été enlevé par les soins du Sieur Feigneux, propriétaire de l’Âge de Plaisance le premier avril 1792. Il ne s’agissait sans doute pas de la sépulture du Sieur de Blon, de Beaupuy, Nous, citoyen maire et officiers municipaux, sur la réquisition du citoyen Procureur de la commune, nous nous sommes transportés dans l’église du dit lieu pour constater la remise du tombeau de bronze, enlevé par l’ordre du Sieur Feigneux, demeurant au lieu de l’Âge, municipalité de Saulgé, dont poursuites et diligence ont été faites par notre Procureur de la commune devant le citoyen juge de paix pour la remise dudit tombeau, et de suite nous l’avons fait mettre dans le sanctuaire, place où il était ci-devant.  16 & 17 avril 1793 27 & 28 germinal An I Une partie de pêche illégale à l’étang de Beaupuy L’affaire commence par une lettre du Directoire de Montmorillon adressée à la municipalité de Plaisance : Citoyens, Le Directoire vient d’être informé que des brigands se disposent à pêcher un étang, dépendant de Beaupuy, situé sur le chemin de Plaisance à Montmorillon.  La loi impose des peines sévères à ceux qui se permettent des excès de cette nature et elle rend au moins responsables du délit les employés municipaux qui n’emploient pas tous leurs efforts pour les réprimer.  En conséquence, au nom de la loi, le Directoire vous enjoint de vous transporter sur le champ, sur la chaussée du dit étang, avec ce que vous avez de la Garde nationale, à l’effet de dissiper les attroupements, s’ils existent, et de saisir les coupables, après quoi vous dresserez procès-verbal, sous peine de répondre des errements en vos propres et privés noms.  Il vous est enjoint de faire fermer la bonde du dit étang, dans le cas où elle aurait été levée et détruire tous préparatifs. Il vous appartiendra de redoubler de vigilance pour que, dans votre commune, il ne soit point atteint aux propriétés de qui que ce soit. Un gendarme vous accompagnera dans vos opérations.  La municipalité exécute donc ces ordres :  Aujourd’hui  17 avril 1793, à six heures du matin, en vertu d’une lettre des citoyens et administrateurs du Directoire du district de Montmorillon, en date d’hier, portant injonction à nous, officiers municipaux de la commune de N. D. de Plaisance, de nous transporter sur la chaussée de l’étang de Beaupuy, surveiller des brigands qui pouvaient y causer quelque dommage.  En conséquence, nous, officiers municipaux et procureur de la commune, assistés d’un détachement de notre garde nationale, commandé par le citoyen Demarquet, et du citoyen Lacroix, porteur d’ordres, nous nous sommes de suite transportés sur la chaussée de l’étang dépendant de Beaupuy, sur le chemin du dit Plaisance à Montmorillon, et là nous avons trouvé une personne, placée sur une échelle, la dite échelle sur le chapiteau de la bonde, laquelle personne, avec une barre de fer à la main et des morceaux de bois faits en forme de cales, travaillait pour ouvrir la bonde du dit étang, et une autre personne qui était là pour lui porter secours.  Il y avait aussi trois métayers du dit Beaupuy qui étaient présents, les uns pour amener des branches qui servaient de panier, et les autres qui réclamaient l’échelle et la barre de fer que les deux birgands avaient pris de violence dans la nuit du 16 au 17. Et de suite nous leur avons demandé ce qu’ils entendaient faire en voulant ouvrir cet étang. Ils nous ont répondu que c’était pour le pêcher et ont dit en même temps que c’était par ordre du nommé Boiséjour. De fait nous les avons fait arrêter par notre garde nationale, assistée comme dessus, et nous les avons fait conduire à la chambre municipale.  Nous les avons interrogés publiquement sur le réquisitoire du procureur de la commune, et nous avons commencé par celui qui était après vouloir lever la bonde du dit étang. Nous lui avons demandé son nom et il nous a répondu qu’il se nommait Pierre Huguet, demeurant au moulin de Pétavaux, meunier, de la paroisse de Bussière ci-devant Poitevine, district de Bellac, qui nous a dit être enrôlé pour la commune de St Bonnet, même district, ledit Huguet, âgé de 18 ans, nanti d’un pistolet de poche non chargé, qui lui a été de suite ôté et déposé à la chambre municipale.  Nous lui avons demandé par l’instigation de qui voulait-il pêcher ledit étang. Il a dit que c’était par celle de Boiséjour qui l’a conduit, avec plusieurs autres volontaires, à la porte de la maison de Beaupuy et leur a dit : -Mes enfants, je suis votre capitaine conducteur ! il y a un étang ici, il faut le pêcher ! le poisson est pour les volontaires, l’étang appartient à des aristocrates ! il faut distribuer

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Épisode 6

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau 27 mars 1793 7 germinal An I La levée de 300 000 hommes Après l’exécution de Louis XVI les grandes puissances : Autriche, Prusse, Russie, Angleterre, Espagne, Hollande…, formèrent une coalition contre la France. Cent mille paysans vendéens se soulevèrent. Le Général Dumouriez, l’un des vainqueurs de Valmy, trahissait la Convention et préparait une coup d’état.  Pour faire face à tous ces dangers la Convention ordonna une levée de 300 000 hommes. Ce contingent était réparti par département au prorata de la population, puis par district, puis par commune.  A Plaisance cinq conscrits devaient être désignés. Le 27 mars 1793, an II de la République française, nous maire et officiers municipaux et Conseil Général de la commune de Plaisance, Vu le recrutement ordonné par la loi du 24 février dernier, dont nous avons donné connaissance aux citoyens de ladite commune par voix de publication d’affiches… Il est intervenu le citoyen Jean-Baptiste Guillot de Cluzeau, commissaire nommé par le district afin de surveiller nos opérations lequel ayant trouvé l’assemblée formée, a donné connaissance aux dits citoyens qui la composait de la loi ci-dessus… Ensuite a invité les dits citoyens à déterminer et adopter le mode qu’ils jugeraient convenable pour former le contingent qui leur a été indiqué.  Aussitôt Jacques Gourdonneau et Jean Gourdonneau se sont avancés au bureau, l’un âgé de 25 ans et l’autre de 20 ans et ont déclaré se devoir au service de la patrie, en observant que leurs père et mère sont d’un âge avancé et hors d’état de gagner leur vie, ce pourquoi ils nous requièrent de veiller à leur état de misère et de faire pourvoir à leurs besoins, ce que nous leur avons promis. François Thiaudière, âgé de 19 ans et Léonard Thabuteau âgé de 19 ans également, se sont enrôlés pour les mêmes causes que ci-dessus établies en observant, pour Léonard Thabuteau, que sa mère est dans la misère.  Il en fallait un cinquième : L’Assemblée a adopté le mode de scrutin pour l’indication du cinquième. Dépouillement fait, la majorité absolue s’est portée sur François Deschamps, absent sans passeport de la municipalité depuis la promulgation de la loi, en conséquence nous l’avons proclamé soldat de la patrie, dont et du tout quoi nous avons dressé le présent procès-verbal pour servir d’enrôlement au citoyen ci-dessus.  12 avril 1793 23 germinal An I  complément de recrutement Léonard Thabuteau ne s’est pas trouvé la taille requise dans le moment, pour le service de la nation, à l’inspection du commissaire. François Deschamps était toujours absent. Voulait-il ainsi se soustraire à la conscription ? Dix-neuf jeunes citoyens, tombant dans le cas de la réquisition, furent réunis. Martial Mirel et Denis Rémondière furent désignés au vote pour remplacer Thabuteau et Deschamps.  La patrie en danger – Avril-Mai 1793 7 avril 1793 18 germinal An I Deuxième appel de volontaires Depuis avril 1792 la guerre se poursuit contre l’Autriche. En juin, la Garde nationale de Plaisance est incorporée au Bataillon du district de Montmorillon. En juillet, l’armée prussienne menace la frontière lorraine et la Patrie est déclarée en danger. En septembre  la municipalité de Plaisance recense les armes et, en mars 1793, cinq volontaires sont enrôlés et partent aux armées.  Nous, officiers municipaux et Conseil général de la commune et paroisse de N.D. de Plaisance, assemblés en séance permanente et publique, sur la réquisition du procureur de la commune, nous avons délibéré en exécution de l’arrêté du département de la Vienne du 10 mars 1793, à nous adressé par le Conseil général du district de Montmorillon.  Aujourd’hui , 7 du présent mois, avons fait passer la caisse dans l’arrondissement de ladite commune pour avertir les braves républicains d’avoir à se réunir de suite avec leurs armes sur la place publique et voler à la défense de la Patrie.  Nous avons également requis tous les volontaires enrôlés, tant pour aller sur les frontières que ceux pour aller à Bressuire (contre la Vendée) de se réunir pour se joindre à ceux qui, de bonne volonté, voudraient partir. Et de suite nous nous sommes transportés sur la place publique.  Après avoir harangué lesdits citoyens, accompagnés du Commandant de la Garde nationale, et avoir prévenu ceux desdits citoyens qui avaient des chevaux propres et en état de faire le service militaire autres que ceux portés sur la liste faite le 10 mars dernier, d’avoir à se présenter et conduire, ou faire conduire, en la présence de nous, officiers municipaux, de suite au district avec ceux établis dans ladite liste du 10 mas.  Etant donc sur la place publique, les citoyens assemblés, nous leur avons donné lecture : Premièrement, de l’extrait du registre des délibérations du Conseil général du Directoire du district de Montmorillon,  Secondement, de la proclamation du département aux citoyens,  Troisièmement, de l’extrait de la lettre du citoyen Cruzé, député à la Convention.  Il ne s’est présenté aucun citoyen désirant aller à la défense de la Patrie en danger.  Le citoyen commandant* nous ayant dit qu’il était prêt à partir lorsque tout le monde y irait. Gaspard Audoux et Jean Roy nous ont également dit qu’ils partiraient lorsqu’il en partirait un de chaque maison, malgré toutes les observation que nous avons pu leur faire de n’avoir point à ôter des bras à la culture, pour l’intérêt général**.  Aucun n’ayant offert leurs armes et munitions, suivant la déclaration des citoyens que leur fusil n’était pas en état et qu’ils avaient très peu de munitions. Quant aux chevaux, les citoyens ont déclaré qu’il y en avait au village de Chiroux, chez Fleurant Augry.  * Sans doute Demarquet commandant de la Garde nationale. ** La municipalité semblait vouloir dire par là que le départ d’un homme dans chaque maison nuirait aux travaux et qu’elle pensait que l’enrôlement de quelques citoyens seulement était préférable.  Les citoyens de Plaisance manquèrent manifestement d’enthousiasme en 1793 pour défendre la Patrie. D’ailleurs, dans l’ensemble de la France, cette

1790-1795, commune, XVIIIe siècle

Épisode 5

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau 20 septembre 1792 L’institution de l’état civil L’assemblée constituante avait hésité à créer l’enregistrement civil des actes de la vie sociale : naissances, mariages, décès. Elle avait craint d’arracher de force les citoyens à leurs habitudes catholiques séculaires. Elle en avait cependant adopté le principe dans la constitution de 1791.  La loi ne considère le mariage que comme contrat civil. Le pouvoir législatif établira pour tous les habitants, sans distinction, le mode par lequel les naissances, mariages ou décès seront constatés et il désignera les officiers qui en recevront et conserveront les actes Ce n’est que le jour où elle se séparait, le 20 septembre 1792, le jour où les prussiens étaient arrêtés à Valmy) que la législative vota le décret concernant l’État civil.  Les municipalités recevront et conserveront à l’avenir les actes destinés à constater les naissances, mariages et décès… Il y aura, dans chaque municipalité trois registres pour constater, l’un les naissances, l’autre les mariages, le troisième les décès… Le maire de Plaisance, Normand, sur la réquisition du procureur, Vacher de la Pouge, se transporta donc, avec le secrétaire-greffier Vauzelle, à l’église paroissiale. Il reçu des mains du curé Cartau tous les registres anciens concernant les baptêmes, mariages et inhumations. Vauzelle en dressa un inventaire. Les registres courant furent clos et arrêtés par Normand et le tout fut déposé à la maison commune.  À compter de ce jour, la loi faisait défense à toute personne étrangère à la municipalité de s’immiscer dans la tenue de ces registres et dans la réception des actes. Voici quelques-uns de ces premiers actes reçus par la municipalité.   20 septembre 1792 Le divorce La législative, par une conséquence toute logique, institua le droit des époux au divorce.  En effet, c’est le lien religieux qui proclamait l’indissolubilité du mariage. La législative estima que le mariage civil était un contrat entre deux personnes. Or, aucun contrat n’est éternel, il peut donc être résilié si l’une des parties le désire. Libre à chacun de suivre les principes de l’église mais le législateur n’avait, lui, aucune raison valable de rendre ce contrat éternel.  Le passage du décret du 20 septembre 1792, concernant le divorce, mérite d’être cité et lu attentivement car grande est sa sagesse.  L’assemblée nationale, considérant combien il importe de faire jouir les français de la faculté du divorce, qui résulte de la liberté individuelle dont un engagement indissoluble serait la perte, considérant que déjà plusieurs époux n’ont pas attendu, pour jouir des avantages de la disposition constitutionnelle suivant laquelle le mariage n’est qu’un contrat civil, que la loi eût réglé le mode et les effets du divorce, décrète qu’il y a urgence. Le mariage se dissout par le divorce. Le divorce a lieu par le consentement mutuel des époux. L’un des époux peut faire prononcer le divorce, sur la simple allégation d’incompatibilité d’humeur et de caractère. 27 octobre 1792 7 brumaire An I Déclaration de mariage Aujourd’hui, 27 octobre 1792, an I de la République, devant nous, citoyen Germain Normand, maire de la municipalité de Plaisance, en présence du citoyen Louis Vacher de la Pouge, procureur de la commune, sont comparus les citoyens Germain Rangard, Louis Gourdonneau, Jean-Baptiste Bost, Étienne Cartrau et Jean Vauzelle, Grand-père, oncle, cousins et voisin de Marie Gourdonneau, fille mineure de feu Hilaire Gourdonneau et de Marie Rangard.  Lesquels ont en outre déclaré avoir été requis par la citoyenne Gourdonneau de se transporter devant nous pour l’exécution du titre 4, article 8 de la loi du 20 septembre qui détermine le mode de constater l’état-civil des citoyens, de délibérer sur le mariage qu’elle se propose de contracter avec le citoyen Pierre de Lavergne, notaire à Angles.  Lesquels ont effectivement fait, en notre présence, d’après laquelle il est résulté que lesdits comparants consentent unanimement au dit mariage proposé.  Cette formalité était, en somme, sous une autre forme, la publication actuelle du mariage à la mairie du domicile de chacun des futurs époux. 28 octobre 1792 8 brumaire An I Élection d’un officier de l’état civil La loi du 20 septembre dernier pour la nomination d’un officier public chargé de recevoir les actes de naissances, mariages et sépultures portera son plein effet et entier effet, la publication de ladite loi ayant été affichée et publiée en la maison accoutumée le 21 du mois… Après avoir mis ostensiblement les billets dans le vase, le scrutin ouvert et dépouillé, la pluralité absolue ayant tombé sur le citoyen Louis René Vacher de la Pouge, lequel a été proclamé officier public et a accepté la commission et a promis de se conformer aux règlements et lois.  Constatation de naissance non portée sur le registre du culte catholique Certains citoyens ne figuraient pas sur les anciens registres paroissiaux. Peut-être le prêtre avait-il omis de transcrire l’acte, peut-être n’avaient-ils pas reçu le baptême, ou l’avaient-ils reçu ailleurs et l’ignoraient-ils ? Ils ne pouvaient donc pas justifier de leur date et lieu de naissance. Ils n’avaient pas d’état-civil, et on ne pouvait pas leur délivrer de bulletins ou d’extraits de leur acte de naissance. C’est ainsi que le 27 février 1793, Vacher de la Pouge, officier public, constate la naissance d’un homme de 42 ans, Michel Guévaux, et en dresse l’acte. Par devant moi, Louis René Vacher, officier public, élu le 28 octobre dernier pour dresser les actes destinés à constater les naissances, mariages et décès des citoyens ont comparu à la chambre publique Guévaux Michel, tailleur de pierres, assisté de Pivardière Michel, son cousin germain, agé de 51 ans, Roy Jean, marchand-cabaretier, âgé de 52 ans, Deschamp Jean, tisserand, âgé de 52 ans et Vauzelle Jean greffier de la municipalité de Plaisance, âgé de 41 ans, témoins, lesquels déclarent que Guévaux Michel, fils de Guévaux Pierre, cultivateur, et de Guillon Renée, est né le 29 septembre 1750, au village de la Planche, en cette municipalité.  1790-1795 À Plaisance

1790-1795, commune, XVIIIe siècle

Épisode 4

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau 20 avril 1792 Déclaration de guerre à l’Autriche Depuis le premier octobre 1791, l’Assemblée Constituante a été remplacée par l’Assemblée législative, chargée de faire les lois. Le Roi les promulguait et surveillait leur exécution : pouvoir législatif d’une part, pouvoir exécutif d’autre part. En Anjou et en Vendée, le Clergé provoquait des troubles graves. À Paris, le Roi et la Reine conspiraient contre la constitution. Le Roi opposait son véto aux décrets de l’Assemblée. À l’étranger, les émigrés, l’Autriche, la Prusse, l’Angleterre, menaçaient la France. Jean Vauzelle, greffier, écrit en grosses lettres sur le registre : DÉCLARATION DE GUERRE De la part du Roy des Français, au nom de la nation, la guerre est déclarée au Roy de Hongrie et de Bohême.  Signé : Louis et plus bas, Roland. Louis XVI annonce la déclaration de guerre aux députés – Wikipédia Le peuple entrant dans les Tuileries – Assemblée Nationale Journée du 20 juin 1792 – Assemblée Nationale 11 juilet 1792 La Patrie en danger En ce début juillet 1792, la Prusse vient de déclarer la guerre à la France et renforce l’armée autrichienne à la frontière lorraine. Le 11 juillet, l’Assemblée déclare la Patrie en danger.  Article 3 : Tous les citoyens en état de porter les armes et ayant déjà fait le service des gardes nationales seront en état d’activité permanente. Article 4 : Tous les citoyens seront tenus de déclarer, devant leurs municipalités respectives, le nombre et la nature des armes et munitions dont ils sont pourvus. En cas de refus de déclaration, ils seront punis d’un emprisonnement de 2 mois à 1 an, et en cas de fausse déclaration, de 1 an à 2 ans. Septembre 1792 Recensement des armes à Plaisance La municipalité fait publier que le 9 septembre, an 4 de la liberté :  Les habitants eussent à se rendre pour faire leur déclaration, et ceux qui ne se rendraient pas encoureraient les peines de la loi, après visite qui serait faite chez eux. Et nous, officiers municipaux, avons délibéré que dimanche 12 du présent serait réitérativement fait (on continuerait ce recensement) et, dès le même jour, visite serait faite.  Liste des personnes possédant des armes : Le citoyen Normand, maire, un fusil double, un simple et deux pistolets, quarante balles, cent chevrotines 1/2 cartron de poudre.  Le citoyen Vacher, procureur, un fusil double, un simple, 2 pistolets, une épée, 12 balles, 1/2 cartron de poudre.  Le citoyen Cartrau, curé, un fusil double. Le citoyen Demarquet, un fusil double. Le citoyen Bost, un fusil simple et un mousquet sans batterie. Citoyens possédant un fusil simple : Jean Roy, Félix Moreau, Félix Mon jaux, Jean Bardeau, Antoine Pairin, Jean Pairin, François Augris, Fleurant Augris, Guinot Miniel, Jean Deschamps, Germain Renjard, Denis Rémondière, Félix Lelot, Jean Sironneau, Pierre Dupré, Mathurin Brunet, Jean LAchaume, Jacques Ferdonnet, Martial Mirel, Jean Joyeux, François Tabuteau, Louis Gourdonneau. 30 Septembre 1792 Nouvelle prestation de serment La municipalité Aujourd’hui, 30 septembre 1792, an premier de la République française, le conseil de la commune en séance permanente, le procureur de la commune a requis que la loi relative au serment de tous les français recevant un traitement ou pension de l’État, du 14 août 1792, fut mis en exécution.  En conséquence de la publication de ladite loi et conformément aux affiches de prestation du serment fait en la manière accoutumée, nous, maire et officiers municipaux, membres composant le Conseil général de la Commune, procureur de la commune et greffier sous-signés, avons tous unanimement juré, en présence du peuple préalablement assemblé à cette fin, d’être fidèle à la Nation, et de maintenir la liberté et l’égalité ou de mourir chacun à notre poste en les défendant.  Si ce n’est Félix Vauzelle, membre, qui, après plusieurs réquisitions de la part du procureur de la commune, représentations du maire et du Conseil général de la commune, s’est toujours refusé à la prestation dudit serment et a toujours persisté dans son opinion et refus. Fait, clos et arrêté le présent procès-verbal… Les pensionnés de l’État : Jean Bobin et le curé Cartau Le Conseil général, après avoir entendu le procureur de la commune sur la présentation de la personne de Jean Bobin, dit la liberté, invalide, atteste que la loi dudit jour sortira son plein effet. En conséquence, le dit Jean Bobin dit le liberté, invalide a juré d’être fidèle à la Nation, de maintenir la Liberté et l’Égalité ou de mourir en la défendant, et a déclaré ne savoir signer.  Le curé Etienne Cartrau prête ensuite le serment exactement dans les mêmes formes.  Il y eut plusieurs formules de serment ainsi que nous l’avons vu au cours de ce récit : Premier serment, prévu par le décret du 29 novembre 1790 : Je Jure d’être fidèle à la Nation, à la Loi et au Roi et de maintenir de tout mon pouvoir le Constitution décrétée par l’Assemblée Nationale et acceptée par le Roi.  Deuxième serment, prévu par la Constitution de septembre 1791 : Je jure d’être fidèle à la Nation, à la Loi et au Roi et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution du royaume décrétée par l’Assemblée Nationale Constituante aux années 1789, 1790 et 1791. C’est-à-dire à toute Constitution, y compris la constitution civile du Clergé, qui n’était pas spécialement désignée dans le premier serment. Ceux qui avaient prêté le premier serment n’avaient, toutefois, pas à le renouveler.  Troisième serment, appelé serment de Liberté-Égalité, prévu par le décret du 14 août 1792 (formule précédente). Le refus de ce serment exposait non seulement les pensionnés à la perte de leur pension, mais tous les prêtres réfractaires étaient tenus de sortir sous huit jours des limites du district et du département de leur résidence et, dans la quinzaine, du royaume. Passé ce délai, ils seraient déportés à la Guyane.  AN PREMIER DE LA RÉPUBLIQUE NOUVEAU CALENDRIER Vous remarquerez, en tête du serment de

1790-1795, commune, XVIIIe siècle

Épisode 3

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau 1er avril 1792 enlèvement du tombeau de bronze en l’église de Plaisance Le compte-rendu du Procureur Vacher, écrit sans doute par Vauzelle, greffier, est difficile à déchiffrer. La ponctuation est inexistante, l’orthographe est complètement fantaisiste, certaines tournures de phrases et expressions sont très confuses et, tout en respectant de très près le texte et sans omettre un détail, il a paru indispensable de lui donner la forme plus accessible que voici.  L’an quatrième de la liberté et le premier jour d’avril mil sept cent quatre-vingt-douze nous, maire et officiers municipaux de la ville et commune de Plaisance, et notables, composant le Conseil Général de la municipalité, assemblés au lieu ordinaire de nos délibérations, ouy1 le sieur Vacher de la Pouge procureur de la commune, lequel nous a remontré que, par l’exploit de Bonin, huissier royal, du 27 mars dernier, le Sieur Martial Fégneux et dame Marie de Blon, son épouse, ont déclaré à cette municipalité en la personne de Jean Vauzelle, notre greffier, qu’ils étaient propriétaires d’un tombeau de bronze, placé au milieu du chœur de ladite église de cette ville et paroisse. Il se propose de l’enlever incessamment. Tout celà afin de se conformer aux décrets de l’Assemblée Nationale, afin que nous n’en ignorassions, afin de nous prouver leur soumission et afin qu’ils n’éprouvassent aucun obstacle ni difficulté judiciaire. S’ils éprouvaient quelque empêchement, ils prendraient parti nous, officiers municipaux, et ce, par la voie solidaire2. Sans avoir attendu que nous puissions délibérer sur la réponse qu’il convenait de faire à cette déclaration, et sans l’avoir rendu légale par la voie judiciaire, ils ont, dès le lendemain matin, effectué ledit enlèvement sans avoir justifié des titres en vertu desquels ils prétendent être propriétaires dudit tombeau, ni de leur qualité d’héritiers de ceux qui l’ont fait placer là. Ils ne pouvaient se dispenser de le faire sans courir les risques de commettre une voie de fait.  Cette conduite, contraire à la prudence et aux règles du droit, avait excité sa vigilance3. Il croyait qu’il était de son devoir et des fonctions qui lui sont confiées de requérir.  À sa diligence, le Sieur Martial Fégneux et la dame de Blon son épouse, seront incessamment cités à comparaître devant M. Gourdonneau, juge de paix du canton de Montmorillon, au lieu qu’il lui plaira d’indiquer, pour justifier, tant leurs titres de propriété sur le tombeau en bronze qu’ils ont indûment enlevé, que sur leur qualité d’héritiers, en tout ou partie, de ceux qui ont fait placer le tombeau.  S’ils ne comparaissaient pas au lieu et jour et heure indiqués par ladite citation, ils y seront contraints par toute voie de droit, même par la force publique, comme délit de police. Ils auront en outre à répondre à toutes les interrogations et interpellations qui leur seront faites par ledit juge de paix.  Sur ces circonstances et dépendances, nous, membres et notables ci-dessus, après avoir délibéré, et faisant droit au présent réquisitoire, nous nous sommes transportés dans l’église, au lieu où était ledit tombeau. Nous avons effectivement reconnu qu’il a été enlevé, même que ceux qui l’ont enlevé ont commis des dégradations au gradin de la balustrade du chœur de ladite église. En conséquence, nous avons délibéré, et délibérons qu’à la poursuite et diligence du Procureur de la commune, le Sieur Gourdonneau, juge de paix, fera toutes les informations et poursuites nécessaires contre le Sieur Martial Fégneux et dame Marie de Blon, son épouse, pour délit de police.  1.  – Ouy : ayant entendu 2. – Ce qui veut dire qu’ils demanderaient l’aide de la municipalité 3. – la vigilance du Procureur Vacher Le Procureur, Vacher de la Pouge, suivit en effet cette affaire de près et intenta les poursuites nécessaires, car le tombeau fut remis en place par les époux Fégneux le 7 avril 1793. La responsabilité du greffier Vauzelle Fégneux avait bénéficié, soit par négligence soit par intérêt, de la complicité de Jean Vauzelle, greffier. Celui-ci avait été prévenu, la veille, de l’enlèvement du tombeau et n’avait rien dit à la municipalité. Le Procureur de la commune l’accuse formellement de prévarication, c’est-à-dire de manquement aux devoirs de sa fonction.  Aujourd’hui, quatre avril mil sept cent quatre vingt douze nous, officiers municipaux et notables, assemblés au lieu ordinaire de nos délibérations, sur un réquisitoire de Mr le Procureur de la commune qui nous a représenté que le registre de la municipalité n’était nullement en ordre, que les actes de l’Assemblée nationale1 et corps administratifs n’avaient pas été enregistrés depuis le douze février dernier, que, en outre, ayant appris que, le 28 du mois de mars, il a été fait information aux officiers municipaux, en la personne de Jean Vauzelle secrétaire-greffier, de la part du Sieur Fégneux demeurant à l’Age, paroisse de Saulgé, de n’avoir point à s’opposer à l’enlèvement d’un tombeau en métal placé dans l’église de cette commune, devant le grand autel, dans le sanctuaire. Le Procureur n’ayant pas été prévenu de cette sommation n’a pas pu s’opposer à l’enlèvement dudit tombeau qui a été fait à six heures du matin le 29 du mois de mars dernier. Vauzelle se trouvait, par là, vouloir autoriser l’enlèvement dudit tombeau et avait donc prévariqué dans son état de greffier.  En conséquence nous, officiers municipaux et notables, ouy le procureur de la commune, nous avons délibéré que Jean Vauzelle, secrétaire-greffier de la municipalité, pour avoir prévariqué, donnera, le jour de Pâques prochain, une somme de quinze sols à la veuve Démazeaux, une autre somme de quinze sols à François Tabuteau, le tout pour amende, et qu’il ait, à l’avenir, à se montrer plus circonspect et exact dans son état. Il a de nouveau prêté serment et a, avec nous, signé le présent procès-verbal.  1. – il s’agit ici de l’Assemblée législative 7 avril 1792 Le prix du pain Le 7 avril 1792, le Maire de Plaisance arrête : que le pain étant taxé au

SIECLES, XVIIIe siècle

XVIIIe Siècle

Du XVIIIe siècle, de 1700 à 1800, sont conservés des archives principalement autour de la vie religieuse locale, de la paysannerie et de la Révolution française qui apporta de grands changements. On trouve encore : Les recensements, les premières dispositions régissant la localité, la vie agricole, … Les pratiques économiques, les métiers, … Les premiers pas de la vie municipale. Photographique Près du Pont Saint-Etienne, la Vienne transformée en patinoire offre un terrain de jeu rêvé © Photothèque Paul Colmar Grand hiver 1709 Le froid, commença le 6 janvier 1709, et dura jusqu’au 24 dans toute sa rigueur. Les semences furent anéanties. Le désastre fut si grand que les oeufs de poule valaient aux environs de 25 et 30 sous la douzaine car les pondeuses pour la plupart étaient mortes de froid, ainsi que les bestiaux dans les étables. On voyait tomber, gelée la crête des volailles, quand celles-ci avaient survécu au froid. Un grand nombre d’oiseaux, canards, perdrix, bécasses et merles moururent, qu’on trouvait dans les chemins, et sur les épaisses glaces et fréquentes neiges. Sources : Histoire du climat depuis l’an 1000 Antoine Ladurie https://editions.flammarion.com/histoire-du-climat-depuis-lan-mil/9782081451988 En 1709, toujours à Limoges, bon nombre d’habitants furent contraints de loger dans les caves et de cohabiter avec les rats. En 1765-66, les consuls de Limoges obtinrent de l’évêque qu’il permette les aliments gras quatre fois par semaine durant le carême, seul moyen pour les habitants de renforcer leurs défenses immunitaires éprouvées par un froid extrême. En 1788-89, le froid fut tellement rude qu’il était devenu impossible de creuser la terre pour enterrer les morts. Les bières furent remises dans le sépulcre de Saint-Pierre-du-Queyroix et dans le caveau situé sous la nef. D’autres hivers remarquables ont été recensés en 1870-71, 1879-1880, 1892-93, 1914, 1929… et 1956, où l’on battit tous les records. En général, la Vienne formait une couche de glace de plusieurs centimètres d’épaisseur pouvant supporter, dit-on, le poids d’un tombereau attelé. Sources : Le populaire du centre 19 février 2016 Bureau des acquis en 1737 à Plaisance Quittance de 9 sols pour une barrique de vin le 20 décembre 1737 les revenus au XVIIIe Siècle L’estimation des salaires est un sujet d’une grande complexité. En effet, les données restent trop souvent éparses et les informations disponibles concernent surtout le XVIIIe siècle. De plus, les modalités de paiement sont diverses et le taux des rémunérations est soumis à d’importantes variations géographiques ou saisonnières. Ces contraintes rendent difficiles les comparaisons rigoureuses entre les professions, les lieux et les époques. On observe une grande diversité des salaires et des gages, pour mémoire : 1 livre tournois = 20 sous (ou sols). 1 sou = 12 deniers. Donc 1 livre tournois = 20 sous = 240 deniers. Le prix du pain (1 livre = de 300 à plus de 600 g) : 1 pain de 4 livres : 8 sols en moyenne, mais 5 sols dans les années d’abondance céréalière et au moins 12 sols dans les années de mauvaises récoltes. 1 kg de pain blanc : de 0,40 F à 0,43 F de 1855 à 1913 Selon Vauban, pour une famille de manœuvrier (quatre personnes dont deux enfants), la consommation annuelle de blé, moitié seigle, moitié froment pour fournir du pain est de 10 setiers, soit environ 800 grammes par jour et par tête. Pour comprendre et estimer le montant des salaires de l’Ancien Régime, il faut tenir compte de plusieurs critères : Le salaire des femmes et des adolescents est généralement inférieur de moitié à celui des hommes, et le salaire des enfants est inférieur de moitié à celui des femmes. À l’intérieur d’un même métier, les différences de salaires sont liées au degré de qualification. Les rémunérations des travaux agricoles de la pleine saison (de mars à septembre/octobre) sont supérieures de près du double à celles de la saison morte (de septembre/octobre à janvier). Les salaires sont plus élevés dans les villes et à proximité des centres urbains que dans les zones les plus reculées sans voies de communication. Selon les situations, le salaire était réglé à la pièce (tant pour un produit fini), à la tâche (tant pour la main-d’œuvre), à la journée de travail (de 10 à 13 h), à la semaine, au mois ou à l’année. Les salaires à la pièce, à la tâche et à la journée étaient rarement versés en argent liquide. Le plus souvent, le règlement était mixte : une partie en argent et le reste en denrées, en échange de biens ou en services. Enfin, dans certains cas, le salarié était logé, nourri et blanchi et il avait parfois droit à des avantages en nature (une paire de sabots offerte, par exemple). Exemples de salaires à la tâche ou à la journée Semailles et frais de labours pour un champ de montagne : 46 livres et 8 sols en 1774.1 Labourage et frais de moisson pour un champ de montagne : 18 livres en 1775.1 Dépense de fumier dans les vignes : 58 livres 16 sols en 1776.1 Raccommodage des vitres d’une maison, puis faire à neuf celle du cabinet : 4 livres en 1741.2 six journées à « aider à faucher au foin » : 2 livres 10 sous en 1741.2 quatre journées à « aider à battre » (battage des céréales) : 2 livres en 1741.2 sept journées à aider à refaire le mur du champ en 1741 : 7 livres 3 sous.2 cinq journées de charron pour un chariot neuf : 7 livres en 1742.2 une journée de menuiserie pour confectionner un buffet : 10 sous en 1743.2 une journée pour coudre du cuir : 10 sous en 1745.2 une journée de 10 heures de travail à entrer la luzerne : 20 sous en 1800 d’après le Journal de D. Boutrouë. quatre journées à scier et percer deux grandes échelles : 2 livres 8 sols en 1718.3 cinq journées à rompre du bois en 1723 : 3 livres.3 deux journées de travail pour abattre une loge en ruine : 34 sols

1790-1795, commune, XVIIIe siècle

Épisode 2

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau 12 JUIN 1791 ÉLECTIONS BNF – Gallica Nomination d’un électeur Les opérations électorales pour la nomination des 745 députés de la future Assemblée Législative avaient commencé début juin 1791. Celle-ci devait remplacer la Constituante et sa réunion était prévue pour le premier octobre 1791. Le 12 juin 1791, la ville de Plaisance nomme un électeur : Joseph Demarquet. Celui-ci devra se rendre fin août ou début septembre à Poitiers où se tiendra l’Assemblée Électorale chargée d’élire les députés de la Vienne. Son mandat d’électeur lui permettait aussi de voter pour élire les juges et les administrateurs du département.  14 novembre 1791 Renouvellement de la municipalité Il a fallu quatre convocations pour aboutir à l’élection d’une nouvelle municipalité.  Le 13 novembre 1791,  l’Assemblée paroissiale commandée n’a pas été tenue à cause de l’absence des membres. Le 20 novembre, elle est à nouveau renvoyée à huitaine, ainsi que le 27 novembre.  Enfin, le 4 décembre 1791, la commune de Notre-Dame de Plaisance, département de la Basse-Vienne, District de Montmorillon, procède au renouvellement de la municipalité selon les formes habituelles et légales.   1. Nomination d’un bureau de vote :  Président, Louis René Vacher de la Pouge Secrétaire, Jean Vauzelle Tous les membres de l’assemblée prêtent serment, puis on nomme les scrutateurs, dont les fonctions sont d’ouvrir et dépouiller les scrutins, et la majorité des suffrages ayant tombé sur les Sieurs Félix Vauzelle, Joseph Moreau et Jean Duprat, ils ont été de suite proclamés scrutateurs.  2. Élection de la municipalité : Entre G. Normand, Vacher de la Pouge et F. Vauzelle la pluralité des voix s’est portée sur Germain Normand qui fut proclamé Maire.  Des deux officiers municipaux, il n’est renouvelé qu’un seul, l’autre restant en place. On tire donc au sort entre Vauzelle et Ebras pour celui qui doit sortir et c’est Ebras qui cède sa place. On élit ensuite le remplaçant d’Ebras. Les voix se porteront sur Ebras, Vacher et Fleurant Augris. Jacques Ebras, ayant la majorité, reprend donc les fonctions d’officier municipal. Puis, on élit le Procureur : Vacher de la Pouge. Pour les six membres du Conseil des notables on tire au sort trois membres sortants. Le sort tombera sur Jean Perin, Jean Roy et Fleurant Puissassio. On procède à leur remplacement et, seront élus : Joseph Vauzelle, Fleurant Augris et Jean Bardeaux.  Il reste à élire le greffier : ce sera Jean Vauzelle.  La nouvelle municipalité est ainsi formée le 4 décembre 1791. Maire : Germain Normand Officiers municipaux : Félix Vauzelle et Jacques Ebras Procureur : Vacher de la Pouge Conseil des notables : 3 anciens, Louis Laurendeau, Jean Chartier, Jospeh Moreau 3 nouveaux, Joseph Vauzelle, Fleurant Augris, Jean Bardeaux Greffier : Jean Vauzelle Signature de Germain Normand 12 decembre 1791 Vol du porteau de police Il s’agit probablement de la porte d’un local qui servait de prison où le procureur de la commune enfermait pour un bref séjour les délinquants pris en flagrant délit.  Nous, Felix Vauzelle, assisté d’un détachement de la Garde Nationale de notre dite commune, en date de ce jour, à l’effet de faire perquisition au sujet du porteau de police avec six ferrures sur lesquelles il y a inscrit  »La loi et le roi », lequel a été arraché la nuit dernière.  Par perquisition faite dans une partie de la ville, on nous a dit qu’on avait entendu du bruit, à environ onze heures du soir… Nous étant imaginé que c’était avec une charrette, nous avons demandé de quel côté on avait passé. On nous a répondu que c’était du côté de l’étang de l’Age.  Après avoir pris le chemin qui y conduit, nous avons remarqué qu’effectivement, il y avait passé une petite charrette et nous avons suivi le chemin. Nous avons reconnu les traits que nous avons suivis jusque sur le bord d’un fossé près le chemin de la procession de la petite Saint Jean.  Là, nous avons regardé et nous l’avons trouvé dans le fond du fossé, nous réservant de nous enquérir pour savoir ceux qui ont arraché le dit porteau, pour qu’il soit fait exemple, et nous avons dressé le présent procès-verbal. Reconnaissons que c’était une belle farce que d’enlever la porte de prison (certains ont du bien rire).  institution des tribunaux criminels Formation des jurys La justice, avant 1789, était rendue, nous l’avons dit, par les officiers de justice nommés par les seigneurs. La Constituante organisa la justice. Dans chaque canton fut élu un juge de paix. À Montmorillon, chef-lieu du district (arrondissement) se tint un tribunal également élu.  Lorsqu’il s’agissait d’affaires criminelles, les juges seraient assistés d’un jury composé de citoyens chargés de déclarer si le prévenu était coupable ou innocent, ou s’il pouvait bénéficier de circonstances atténuantes. Les jurés étaient tirés au sort sur des listes de citoyens actifs. C’était une institution absolument nouvelle en France et il était utile d’inciter les citoyens à accepter cette charge délicate.  12 decembre 1791 Proclamation du Directoire de Montmorillon Le 12 décembre 1791, le Directoire de Montmorillon envoya, dans toutes les communes, une proclamation pour expliquer aux citoyens actifs le rôle du jury et stimuler leurs sentiments patriotiques.  PROCLAMATION DU DIRECTOIRE DE MONTMORILLON RELATIVE A LA FORMATION DES JURYS DE JUGEMENT, DU 12 DÉCEMBRE 1791 Citoyens, par votre patriotisme et votre courage, vous avez conquis la liberté politique et individuelle ; déjà, sans doute, vous en appréciez les avantages ; vous ne supportez plus que les impôts exigés pour les besoins de l’État et dans une juste proportion ; vos titres et vos biens seront sous la sauvegarde de la loi ; l’innocent ne coulera plus, comme autrefois, des jours infortunés fans les cachots du glaive de la justice, frappant les seuls coupables, et enfin les français jouiront d’une félicité qui fera l’objet des désirs des autres peuples de la terre.  Ce tableau, citoyens, n’a rien d’exagéré. Nous vous le présentons avec une entière confiance. Il repose principalement sur la loi concernant

1790-1795, commune, XVIIIe siècle

Épisode 1

Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795 Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau 10 mars 1790 Nomination d’un huissier Jean Vauzelle est nommé huissier de la municipalité.  Sur le bon, le louable rapport que l’on nous a fait de la personne du nommé Jean Vauzelle, habitant de cette ville et paroisse de Plaisance, de sa vie et mœurs, capacité, d’un commun accord l’avons choisi pour occuper la place d’huissier de notre municipalité. 3 avril 1790 Ordonnances concernant la vente du vin et les étrangers Le 3 avril 1790, le corps municipal prend deux ordonnances de police : Interdiction de servir et vendre du vin pendant le service divin. Interdiction de recevoir un étranger sans en donner connaissance au maire. Deffense sont faittes à tous les marchands, aubergistes, cabarestiers, de n’avoir point à donner ny fournir de vin à aucuns habitants de la dite ville et paroisse de Plaisance pendant le service divin, sous les peines d’une somme de quatre livres d’amende et, en cas de récidive, de ce qui sera déterminé par nous maire et officiers de ladite municipalité, le tout hors les voyageurs que nous exceptons. En outre de n’avoir point à recevoir aucun étranger chez eux de quelques qualités et conditions qu’ils soits sans donner avis et connaissance, sur le champ, à nous maire ou premier d’icelle ditte municipalité. 11 avril 1790 Contribution patriotique de Delion de Surade  Le 11 avril 1790, Bonneau, Vicaire et maire, donne connaissance d’une lettre envoyée par Delion de Surade, Prieur–Curé de Plaisance et député aux États-Généraux.  Paris le 24 mars 1790, je soussigné, prieur de Notre-Dame de Plaisance, député du Poitou aux États-Généraux constitués en Assemblée Nationale et membre du Comité des Finances, déclare avec vérité que la somme de 900 livres, excédant le quart de mon revenu, quitte de toutes charges, laquelle somme néanmoins j’offre à la nation pour ma contribution et don patriotique, et attendu mon séjour à Paris, je m’oblige de délivrer et remettre au trésor de la nation susdite somme, le tout suivant le décret de l’Assemblée Nationale. Signé : Delion de Surade 15, 16 et 19 avril 1790 Audoux vend du vin pendant la messe Il faudra trois séances pour juger l’affaire Fleurant Audoux qui, malgré l’ordonnance du 3 avril, a vendu du vin pendant l’office divin, le jour de la Qasimodo.  Deux fois l’affaire sera remise à la prochaine séance. Enfin, la municipalité, réunie au château Ringuet, que nous avons choisi pour notre auditoire, à défaut de maison commune, accepte l’offre, faite par Audoux, de payer quatre livres d’amende, sur lesquels seront prélevés, par faveur, les frais d’huissier (Une livre). Les trois livres restantes ont été distribuées, sur le champ, à cinq des plus nécessiteux de la paroisse : 12 sols à François Thabuteau 12 sols à Jean Vauzelle 12 sols au Sieur Beauséjour 12 sols à Doucelin 12 sols à la veuve Mesmin 3 mai 1790 Élection des officiers de la garde nationale Le 3 mai 1790, réunion à l’église pour compléter le corps des officiers de la Garde Nationale. Ont été nommés : Felix Vauzelle, Capitaine en second Joyeux, Lieutenant Joseph Moreau, Lieutenant en second Jacques Vauzelle, Porte drapeau Jean Vauzelle, Sous-Lieutenant Suit la liste des soldats (ci-dessous) composant la Garde Nationale. Peut-être y trouverez-vous un ancêtre ? La liste est séparée en deux parties, ceux qui habitent la ville et ceux de la campagne. 9 mai 1790 La garde nationale fait amende honorable Le 9 mai 1790, la Garde Nationale de Plaisance, qui ne s’est pas rendue à la confédération de Poitiers malgré les ordres, se présente au secrétariat à Poitiers pour en expliquer les raisons : Il faut en attribuer la cause que messieurs de Montmorillon ne leur ont donné aucune connaissance de la lettre circulaire qui leur était adressée. En conséquence, ces braves et généreux défenseurs de la patrie et de la liberté, désireux de donner les preuves de leur attachement inviolable à messieurs de Poitiers et de leur adhésion sincère au Pacte fédératif ont prié le secrétaire de vouloir, et bien faire mention sur leur registre de leur comparution.  Remarquez les termes pleins de soumission qui dénotent une certaine crainte de représailles dans l’insistance qu’ils mettent à ce que leur déplacement soit bien inscrit au registre ! 17 mai 1790 Élections municipales Le 17 mai 1790, formation de l’assemblée primaire de Plaisance et nomination d’un électeur.  En application des lettres patentes du Roi suivant le décret de l’Assemblée Nationale concernant la constitution d’assemblées primaires et administratives, une réunion a lieu à sept heures du matin, dans l’église, lieu par nous choisi pour les assemblées de tous nos citoyens actifs. 5 juin 1790 Poids et mesures, ordonnance de police  La municipalité de cette ville étant informée, et ayant les preuves par devers elle, que les articles des ordonnances relatives aux Poids et Mesures ne s’exécutent plus, puis qu’au mépris des lois aussi sages et aussi justes de ladite société, on se permet encore d’avoir dans les boutiques, auberges et cabarets, des poids, mesures à vin, aulnes, balances et crochets non réglés ni approuvés par les officiers de police, et voulant détruire un abus aussi important, ordonne que les marchands d’huile et de tabac, ou tout autre tenant poids et mesures pour le public, aient à les représenter demain 7 juin, chez M. le Maire pour être vérifiés et marqués ensuite par le Sieur Robin, vérificateur des Poids et Mesures de la Ville de Montmorillon, que nous avons mandé.  Il est ensuite précisé que, pour ceux qui ne se présenteront pas, une visite sera faite chez eux et les poids et mesures non marqués seront confisqués. De plus, ils seront condamnés à une amende. Jean Vauzelle, huissier de police lira et affichera publiquement cette ordonance. Les sanctions prévues dans l’arrêté municipal concernant les poids et mesures furent rigoureusement appliquées. 11 juillet 1790 Contrôle des poids & mesures Nous nous sommes, pour ce faire, assemblés étant accompagnés de notre greffier ainsi qu’il est

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XVIIe Siècle

Minutes notariales Notaire GrandChief –  1572-1616 7 janvier 1610 Vente d’une rente sur les moulins au Roy de Montmorillon due au prieuré de Plaisance Hillayre Savyn Sergent Royal, demeurant de present en la Seigneurye de la vallade paroisse de moullisme, comme fermyer du Revenu et temporal du pryeure de la ville de Plaisance cedde et transporte à francoys Doucellin et Jacques Collas meusniyers des moulins au Roy de ceste ville de Montmorillon demeurant esdictz moullins paroisse de Concize /…./ C’est assavoyr deulx Cens boiceaux froment et deulx cens boiceaux Seigle mesure de Montmorillon faisant partye d’une rente due par ung Scavoyr Jehan baptiste St Michel noel et notre dame de mais acause et pour rayson des deulx moullins au Roy dudit Montmorilllon.  Notaire Goudon 1662 – 1720 26 novembre 1664 Ferme pour 5 ans d’une rente sur le moulin au Roy proche de la ville de Montmorillon par Messieurs le curé de Moulime et prieur de Plaisance à Maitres Pierre et René de Lavergne* *Pierre de Lavergne, sieur de la Ruhe, et René de Lavergne, sieur de la barre 8 septembre 1667 Ferme pour 2 ans du lieu et mesterye de Jeu par Nicollas Jacquet, sieur de Lamerlatterye, fermier de la terre et seigneurye de lage de plaisance apartenant aux enfants mineurs Goudon (ladyte mesterye depandant dudit lieu de lage de plaisance) 1er juin 1679 Ferme d’un maison à Plaisance par Mathieu Citoys, Escuier, sieur de Lamarbrye, acause de marye Goudon sa femme 2 juin 1679 Contract de partage faict entre les heritiers de la succession de feu Fleurant Goudon, sieur de Plaisance 13 juin 1679 Quittance generalle donnée par andré Goudon, sieur de Fedeau, a Nicollas Jacquet, sieur de la Merlattrye André Goudon, sieur de Fedeau, demeurant au lieu noble Villars, parroisse de Persac,… …au nom et comme héritier En partye de desfunct Fleurant Goudon escuier sieur de Leraudiere et de damoiselle Jeanne Richard Ses pere et mere, et ayant dans son lot ladicte maison et seigneurye de lazge de Plaisance et village de Traslage Nicollas Jaquet, Sydevant fermier judisiere de la terre et Seigneurye de lage et traslage de Plaisance 20 octobre 1679 Testament de Messire Gaspard David, prieur de Plaisance 17 janvier 1680 Acte faict entre Jacques Richard, sieur daubieres, et les Goudon Charles goudon, sieur de Jeu, curateur de Izabeau Goudon, sa soeur René de Mauvise escuier, sieur de la mothe, mary de Catherine goudon Mathieu cotoys, escuier, sieur de lamarbrerye, mari de Marie goudon André goudon, sieur de lage de Plaisance 18 janvier 1680 Succession de feu fleurant goudon, sieur de Plaisance 27 décembre 1681 Ferme pour 9 ans du moulin de la Prade par Messire Phelippe David, prestre prieur de Nostre Dame de Plaisance 6 décembre 1691 Ferme pour 5 ans de la mesterie de la Guerenne par Jacques Savin, Sieur de font quillot, maitre Chirurgien, demeurant au faulbourg de Plaisance, à Jean Quelques rares maisons portent encore les traces du XVIIe siècle. Linteau de porte indiquant l’année 1600 Reste de contrefort Porte datant de 1600 Porte murée Journal de M. Demaillasson M. Demaillasson était avocat du Roi à Montmorillon de 1643 à 1694.  18 novembre 1607 Le 18 novembre 1007, il donne à ferme, pour sept années, à Fleurent Babert, sergent royal à Moutmorillon, tous les cens et rentes dus t la Maison-Dieu dans la ville de Moutiuorillon et dans les paroisses de Concise, Saulgé, Pindray, Latus, Jouhet, Antigny, Bourg-Archambault, Plaisance, Saint-Pierre de la Trimouille, Journet, Saint-Léomcr, Sillars, Saint-Rémy, Moulime et Lussac-le-Château, moyennant ]e prix de six-vingt-dix livres tournois par an. 11 septembre 1626 Aujourd’huy, judicièrement, pardevant nous Pierre Dallest, conseiller du Roy, prévost et juge ordinaire en la ville, baronnie et cliastellenye de Montmorillon, c’est comparu le dit procureur du Roy par M0 Charles Richard, lequel nous a exposé que combien que de la justice prévostal le au Roy, nostre sire, apartenant en la ditte ville, baronnie et ehastellenye de Montmorillon despcndent plusieurs paroisses et villages noimnémanl les paroisses de Saint-Martial de cette ville de Moiitmorillon, Consize, Joué, Journet, pour les villages d’Esport, la Pouge et Biard seulement, les paroisses de Moussât, Lastus, Saulgé, Plaisance en partye, Saint-Rémois, des villages de la paroisse de Bussière-Poilevine en partye, Sillards, La Chapelle de-Viviers, Lcigne et partye des villages de la paroisse de Pindray, ce néanmoings plusieurs des habittans des ditz villages et paroisses et autres justiciables ordinaires de la dite prévosté souvent plaident très vollontiers en première instance ailleurs qu’en la dite prévosté à leurs choix et plaisir, soit qu’ilz ayent esté apellés par aucun des dits justiciablesou autres ou bien qu’eux mestnes ayent fait apeller autres des dits justiciables sans faire par eux de demandes d’estre renvoïés en la dite prévosté, ce quy importe fort aux droiz du Roy et à la conservation de la dite justice prévostalle, requiert parlant pour le dhu de sa charge deffence estre faite aux dits habittans et autres justiciables de la dite prévosté plaider en première instance ailleurs qu’en la dite prévosté, sous peine contre les apcllés quy n’auront demandé estre renvoïez en la dite prévosté de dix livres d’amande et de peines pareilles contre ceux des dits justiciables quy les auront fait apeller, et leur estre enjoint sous les dites peines dénonser les dites poursuites au dit procureur du Roy pour demander avecq eux le dit renvoy toutes les dites peines sy dessus estre exécutoires contre les conlrevcuans nonobstant oppositions ou appellations quelconques faites ou à faire et sans préjudice d’icellc. 10 septembre 1674 Le 10 septembre 1674, François Baconnet, Sr de la Rode, demeurant au lieu noble de la Valade, paroisse de Moulime, tant pour lui que pour Catherine Sornin sa femme, héritière de feu Jean Sornin, Sr de la Gorce, et de Jeanne Mignot, ses père et mère, confesse et avoue tenir à foi et hommage du Roi, à cause de son château et baronnie de Montmorillon, les seigneuries de la Valade, de la Cherie, de Moulime, et de Plaisance en. partie, au devoir d’un gant blanc du prix de six deniers, à

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XVIe Siècle

Minutes notariales Notaire Grandchief. 1572 – 1616 12 Décembre 1571 Vendition d’une vigne par Loys Coeurderoy, meusnyer demeurant à Saulgé (Et Denise Moreau ?), sa femme et Jehan Coeurderoy, son fils François Bost, de Plaisance 21 août 1574 Comme paysans possédant de plus grandes étendues de terre, nous avons rencontré le 21 août 1574 dans la paroisse de Moulismes, ce malheureux Jehan Courtin, vendant pour une bouchée de pain, à un marchand de la petite ville de Plaisance, un peu plus de quinze hectares de terres labourables, prés et vignes.  26 septembre 1574 Donnation d’un maison à Plaisance par Melchior Deblon escuyer Seigneur de Beaupuys et damoyzelle Marguerite Degany sa femme 7 septembre 1577 Echange d’une maison en la ville de Plaisance Echange entre Françoys Vauzelle notaire royal et procureur fiscal de la juridiction de Plaisance et y demeurant dune part et Jehan Delabrousse demeurant on villaige de Mezoulx paroisse de Lastus daultre part. Ledit Vauzelle a bailhe et delaisse audit Delabrousse present stipullant et acceptant une maison size et située en la ville de Plaisance /…./ tenant dune part aux murailles de ladite ville de Plaisance d’autre à la maison et la chas… aprésent exploicte par René Vezien et dautre à la maison de pierre parthus le Jeune Journal de M. Demaillasson 1587 ../ Et quand au dit Lenoir, quy seroit arrivé au dit Montmorillon le jour 29 aoust, auroit le dimanche ensuivant fait réitirer les dittes affiches aux prunes des messes dites et cellébrées ès parroisses de Saint-Martial, Concize du dit Montmorillon, ensemble es parroisses de Joue, Notre-Dame de Plaisance, Saint-Remi, Lussacle-Chasteau et Latus proximité du dit lien, affin que s’il y avoit aucun quy voullut enchérir qu’il est à se retirer par devers luy pour recevoir leurs enchères le dit dernier jour./..

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XVe Siècle

Plaisance est mentionné dans les textes comme Pleaance, 1431 (Maison-Dieu, 74) Plaisance est mentionné dans les textes comme Plesence, 1493 (fief de l’Age-Bonet) Ce bourg de Plaisance, composé de deux rues, la Grand’rue et la rue St-Catherine, était autrefois entouré de murs et fossés, Ville Forteresse de Plaisance, 1494 (fief de l’Age de Plaisance). Faut-il en conclure qu’au XVe siècle, les fortifications avaient disparuent ? 1448 Un jugement retentissant donné à Tours deux mois de prison à Plaisance pour Jean Valat En 1448, rémission pour Jean Valat, meunier du moulin de la Roche à Notre-Dame de Plaisance, détenu pour avoir frappé une femme qui avorta à la suite de ses coups, puis évadé des prisons de Plaisance. Extrait des archives historiques du Poitou, Livre XXXII, P. 113, 114 et 115. Archives historiques du Poitou Livre XXXII, P. 113 Archives historiques du Poitou Livre XXXII, P. 114 Archives historiques du Poitou Livre XXXII, P. 115 Dans le poitou Quelques faits marquants du XVe siècle 1411 Le duc de Berry commande aux trois frères de Limbourg la confection de l’ouvrage intitulé Les très riches heures du Duc de Berry. En 1429, Jeanne d’Arc passe à Poitiers (du 11 au 24 mars). 8 mai 1431 : Bulle pontificale (du pape Eugène IV) de fondation de l’université de Poitiers. En 1431, Charles VII fonde l’Université de Poitiers. La paix d’Arras (1435) réunit définitivement le Poitou à la couronne de France. En 1439, la Praguerie sévit à Niort et à Saint-Maixent. Saint-Maixent, qui s’est soumis au roi Charles VII, obtient sa charte d’affranchissement en 1440. Un siècle durant, le calme règne dans le Poitou jusqu’aux guerres de religion. En 1478, l’imprimerie fait son apparition en Poitou. Sources : Les portes du temps. Charles VII – Wikipédia 8 mai 1431 : Bulle pontificale (du pape Eugène IV) de fondation de l’université de Poitiers. Source : Université de Poitiers Les très riches heures du Duc de Berry Aperçu du calendrier extrait de l’ouvrage des frères de Limbourg illustrant des scènes de la vie paysanne au XVe siècle. Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre Avec le XVe siècle Les défricheurs au travail Durant le XVe jusqu’au XVIIIe siècle commencent les grands défrichements dans le Poitou. Pour les seigneurs du Poitou, cela a permis d’instituer de nouvelles rentes en nature en défrichant les brandes qui occupaient la grande majorité des terres de la région. Les terres concernées étaient plutôt destinées aux cultures, mais le phénomène a concerné toute la région, y compris les terres d’élevages. Dans un premier temps, les seigneurs en étaient les uniques bénéficiaires, cependant, petit à petit, les marchands, notables, propriétaires, laboureurs et autres métiers des bourgs ont acquis des terres sur les surfaces encore sauvages constituées de brandes. Cette campagne de défrichement s’intensifia jusqu’au XVIIIe siècle. Source : Défricheurs au travail XV-XVII siècles en Haut-Poitou, Gabriel Debien. Ed. Armand Collin. Surfaces des cultures céréalières au XVIIe siècle

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XIVe Siècle

Le Poitou au XIVe siècle Le Poitou au XIVᵉ siècle subit des alternances de domination au cours de la guerre de Cent Ans. De 1360 à 1372, le Poitou est sous le contrôle de l’Angleterre et intégré à la Principauté d’Aquitaine. C’est alors que se met en place une administration spécifique avec un mode de gestion adapté à ces nouvelles régions. Après une reconquête ardue menée jusqu’en 1375 par Du Guesclin, le Poitou et les pays de l’Ouest passent sous le contrôle de la France et font partie de l’apanage du Duc Jean de Berry. Pendant les périodes où ils sont officiellement absents de la région : 1320-1356 et 1375-1415, les Anglais maintiennent une pression permanente sur la région, au moyen de raids, de chevauchées destructrices et de tentatives de débarquement avortées ou réussies. Il s’agit d’une nouvelle région où la domination anglaise s’exerce sous des formes très spécifiques. On peut ainsi avoir une vue d’ensemble des régions conquises et dominées par l’Angleterre pendant la Guerre de Cent Ans. On peut aussi y constater une nouvelle forme de « recovery » mise en place après chaque moment de tension et de conquête, soit par les Français, soit par les Anglais et ainsi étudier cette réalité politique de manière plus globale. Enfin, on peut aussi étudier l’intégration de cette région à un ensemble plus vaste constitué par la principauté d’Aquitaine. Sources : Elodie Giard, Le Poitou et les Pays de l’Ouest entre la France et l’Angleterre de 1337 à 1415. Journal de M. Demaillasson Thibaut de Lantigny, chevalier, seigneur de l’Age de Plaisance, épousa (vers 1320) Almodis Rabaud, dame de Chaume, veuve d’Ithier Brûlon, et en eut un fils unique, Jean, auquel sa mère donna son hébergement de Chaume eu le mariant à Jeanne Scschaud, fille de Guiot, écuyer. En récompense, Jean de Lantigny assure à sa mère quatre livres de rente. II ne laissa qu’une fille, Philippe de Lantiguy, dame de l’Age de Plaisance, dont la succession alla par moitié à Huguet Brùlon et à Catherine, sa sœur (Baron d’Huart, Hist. de Persac, Antiq. Ouest, 2′ série, t. X, p. 183 et 391.) 13 février 1302 Cession faite à la Maison-Dieu de Montmorillon par Jean, comte d’Eu et de Guines, seigneur de Civray, de tout ce qui lui appartenait dans les villes et paroisses de Thenet, du Dorat, de Lussac, de Saint-Savin, tle la Trimouille, de Plaisance, de Morterolles, et dans la châtellenie de Montmorillon. ID. Fonteneau, t. XXIV, p. 473, d’après Robert du Dorat.) A tous cculx qui verront et orront ces presentes lettres, Jehan, comte d’En et deGuyncs salut en Nostre-Seigneur. Sachent tousavons ès ventes et en autre chose qui appartiennent à la boete commune entre nous et Pierre de Poquières, valet, et toutes les autres choses que nous avons et avoir pouvons pour quelque cause ou raison en quelconque manière en la ville et chastellenie de Lussac, de Saint-Savin et de la Tremoille et en la ville et paroisse de Plaisance, et en toutes les appartenances des villes et des chastellenies dessus dites, soit rentes, coustumes ou debvoirs, bled, vin, gelines, terres, prez, vignes, bois, landes, pasturages, eaux, rivieres, hommes, maisons, tenues, courtillage, jurisdiction, obeissances, servitudes, coustumes, aydes et autres choses quelsconque elles soient, et la grand justice et petite, haute et basse, en toutes les choses dessus dites et de chascune d’icelles, et toutes les issues, proffits et esmoluments, qui doresnavant y seront des choses dessus dites et de chascunes d’icelles pour quelconque cause que ce soit, et tout le droit de propriété, de possession, action, demendes que nous avons et avoir pouvons ès choses dessus dites et en chascunc d’icelles, avoir et tenir des dits religieux et de leurs successeurs et de ceulx qui auront cause d’eulx et de nos hoirs et successeurs tout, tant que nous avons de propriété, de possession, de droit ès choses dessus dites et un chascune d’icelles, excepté les quatre cas de haulte justice cy emprès divisés, c’est assavoir rapt, encis, meurtre et trahison, quand en appartient ès cas de la haulte justice, lesquels quatre cas nous reservons, ô toute mere impere, qui luy appartient ou peut appartenir en son ressort en toutes les choses dessus dites, desquels quatre cas la cognoissance est réservée à nous et à nos hoirs et à nos successeurs qui seront seigneurs de Civray, quand les cas en adviendront, et feront la justice et l’execution des malfaiteurs ès dits quatre cas, ès lieux que nous leur avons baillé, non pas tant près de leur maison, qu’en soit en vitupère d’eulx ne de leur herbergement, et ils nous ont promis bailler place suffisante à ce faire, et tout l’esmollument et proffit qui en adviendra sera commun par moitié entre nous et nos hoirs d’une partie, et les dits religieux d’autre partie, laquelle l’autre partie les dits religieux auront par nostre main et toute autre congnoissance et justice grande et petite, haute et basse, excepté les dits quatre cas et ce que nous avons retenu, si comme dessus est dit et appartiendra doresnavant et appartient aux dits religieux et à leurs successeurs.Et s’il advenoit qu’aulcuns malfaicteurs ès dits quatre cas feussent prins par les gens aux dits religieux ou par autres ou par les notres ès lieux et en la justice dessus dite, les dits religieux serontles proclamations auront esté duemant faittes sur les lieux. Et quand au dit Lenoir, quy seroit arrivé au dit Montmorillon le jour 29 aoust, auroit le dimanche ensuivant fait réitirer les dittes affiches aux prunes des messes dites et cellébrées ès parroisses de Saint-Martial, Concize du dit Montmorillon, ensemble es parroisses de Joue, Notre-Dame de Plaisance, Saint-Remi, Lussac-le- Chasteau et Latus proximité du dit lien, affin que s’il y avoit aucun quy voullut enchérir qu’il est à se retirer par devers luy pour recevoir leurs enchères le dit dernier jour. Comme du tout il nous est aparu par le certifficat des curez des dittes parroisses mis au pied de ses affiches suivant lesquelles ce seroient présentés par deversluy ce jour

SIECLES

XIIIe Siècle

Le XIIIe siècle Dictionnaire topographique de M.L. Redet Plaisance est citée dans le dictionnaire topographique de M.L. Redet, d’après Fonteneau, et datée de 1302. Cependant elle apparaît déjà dans d’autres écrits (Maison-Dieu, Hommages d’Alphonse, Pouillé de Gautier…) sans être datée avec certitude. Plaisance est mentionné dans les textes comme Plesencia, Plessencia ou Pleissencia depuis 1258 (Hommages p. 83, 84, 112) Plaisance est mentionné dans les textes comme Plaisance, 1302 (Fonteneau, t. XXIV, p. 474) Plaisance est mentionné dans les textes comme Placencia, 1358 (Pouillé de Gautier, f° 175 v°) Le village au XIIIe siècle Deux principaux écrits relatent la situation du village à cette époque, ceux de Robert du Dorat et ceux issues de l’inventaire toponymique de M.L. Redet.  D’après Redet, Plaisance est le nom de l’endroit du siège de la communauté religieuse de Lesterps depuis le XIIIe siècle. D’après Robert du Dorat au XVIe siècle, Plaisance sur Gartempe était entourée de murs, fossés et de tours. De hautes murailles fermaient la cité et il subsistait quelques portes et fenêtres du XVe et XVIe siècle. Les sites fossoyés (L’Âge-de-Plaisance), où la construction en bois est majoritaire, sont la manifestation la plus caractéristique de la résidence de la petite aristocratie. La pierre commence cependant à être utilisée par les plus fortunés. Fossé(s) : tranchée placée à l’endroit le plus fragile ou entourant une fortification pour permettre un isolement. Creusé dans la terre ou taillé dans la roche, le fossé est sec. Sources : laissez-vous conter les chateaux au Moyen Âge – Philippe Durand Syndicat Mixte du Pays Montmorillonnais Les rois de France Louis VII (1137-1180), Louis VIII (1223-1226), Philippe le bel (1285-1314) en 1308, puis Charles IV, Charles V (1338-1380) en 1375 et Louis XI se sont rendus à plusieurs reprises au chevet de Notre-Dame de Plaisance. Au XIIIe siècle, l’église qui était en ruine fut rebâtie et agrandie, entourée de murs flanqués de tours et de fossés à la demande de Louis VIII. Il accorda au prieuré des titres et des prérogatives ainsi que de revenus importants comparables aux autres villes. Ces titres perdurèrent jusqu’au XVIIIe siècle. « Dans les dernières années du XIIIe siècle ou dans les premières années du XIVe siècle, la Maison-Dieu de Montmorillon fut confiée aux Ermites de Saint-Augustin. Les pieux moines furent, à peu près à la même époque, préposés au service du fameux sanctuaire de N.-D. de Plaisance, situé à quelques lieues de Montmorillon, dans un site ravissant, qui lui valut son nom.» Malheureusement, les envahissements des Anglais les en chassèrent bientôt, et ruinèrent l’église qu’avaient enrichie les dons généreux des princes et des particuliers. De ce sanctuaire autrefois si célèbre, visité par Charlemagne, Louis VIII et la plupart des rois de France, du prieuré et de la maladrerie de Plaisance, la Révolution a fait une pauvre église réduite à un tiers de ses mesures primitives et une paroisse sans prestige, qui compte à peine 500 habitants. Après cet épisode malheureux, Philippe le Bel rétablit l’ordre des moines Augustins et leur fit don de plusieurs moulins situés sur la Gartempe. De plus, il ordonna que les dîmes de la paroisse de Persac leur soit délivrés à la condition qu’ils assurent l’entretien d’une lampe ardente, jour et nuit, et qu’ils distribuent aux pauvres 544 boisseaux de blé (moitié en froment et moitié en seigle) les jours de carême. Sources : La maison Dieu et le petit séminaire de Montmorillon par l’abbé E. Menard-1894. En 1358, la peste bubonique décime la moitié de la population du Poitou. Les cimetières sont pleins et les moines creusent des fosses communes. On recouvre les murs de chaux et l’on brule les maison infectées.  Simulation Simulation du village à partir du XIIIe siècle Que savons-nous du village à cette époque ? Il était entouré de murs, tours et fossés depuis la protection de Louis VIII. Il ne reste plus qu’un tiers de l’Église Notre-Dame après les destructions successives. Elle contenait un transcept et un coeur qui acceuillaient 9 chapelles de hauts dignitaires de la région. Le village s’animait principalement autour de deux rues. Les axes de circulation comme la route de Saulgé-Montmorillon actuelle ou bien la route menant à Moulismes n’existaient pas. La ville accueillait un Gouverneur et une garnison. Les religieux de Lesterps s’installent à Plaisance D’après Redet en 1846, les religieux de Lesterps installent vers la fin du XIIIe siècle une colonie à leur ordre dans la ville de Plaisance sur Gartempe, un site élevé et agréable. D’après Robert du Dorat, la cité de Plaisance était fort jolie, étant environnée de fossés et de tours, mais elle a souffert, tant de ruines et de désolations, par l’injure des gueux, tant des Anglais que de la Ligue*, qu’elle n’est rien à présent à côté de ce qu’elle a été… La Maison-Dieu de Montmorillon Les Ermites de Saint-Augustin Au cours du 11e siècle, trois hommes de Montmorillon, dont un prêtre, Robert, Acfred et Umbert, souhaitent établir une église en l’honneur de sainte Marie-Madeleine. Rencontrant l’opposition des prêtres du château, ils fondent un premier établissement hospitalier pour les pauvres. Autrefois situé entre le chauffoir et l’église Saint-Laurent-et-Saint-Vincent, l’hôpital, disparu depuis le début du 19e siècle, est le lieu d’accueil des malades sous la garde de religieux. Vers 1102, cette première fondation trouve un second souffle lorsque « Robert du Puy », longtemps désigné par différents auteurs comme Seigneur de Vacheresse (Persac), revenant de pèlerinage à Jérusalem, consacre sa fortune pour faire relever de ses ruines cette fondation. Soutenue par les seigneurs locaux et les grands de l’époque, la Maison-Dieu devient prospère. Pierre II, évêque de Poitiers, fonde à cette intention une confrérie de clercs en 1107. Guillaume le Troubadour, comte du Poitou et 9e duc d’Aquitaine la prend sous sa protection. À une date inconnue, l’établissement adopte la règle de saint Augustin et, peut-être vers 1300, passe entre les mains des ermites de Saint-Augustin. Sources : https://www.montmorillon.fr/maison-dieu/ Représentation d’un ermite de St Augustin Armoiries de St Augustin La Maison-Dieu à Montmorillon La Maison-Dieu à Montmorillon La Maison-Dieu à Montmorillon 1369

SIECLES

XIIe Siècle

Le XIIe siècle Plaisance est mentionné dans les textes comme Plaisantia, XIIe siècle (Maison-Dieu, Cartulaire N°158). D’autres mentions faisant état de la cité de Plaisance concernent l’Âge de Plaisance dans le dictionnaire topographique de M.L. Redet. Le nom de Plaisance sera cité au XIIIe siècle… Le bourg de Plaisance sous la protection royale obtient le droit de construire des murs d’enceinte pour se protéger et devient sous le règne de Louis VIII (1223-1226) une ville Forteresse avec un Gouverneur et une garnison royale. BNF Passerelles Au 12e siècle, l’agriculture connaît de grands bouleversements. L’assolement triennal fait son apparition : il s’agit d’un système agraire dans lequel les surfaces cultivées, aussi appelées soles, sont divisées en trois parties afin de mieux gérer les ressources sans épuiser les sols. Un roulement est organisé entre les trois soles : deux types de cultures cohabitent, tandis qu’une sole est réservée à la jachère, c’est-à-dire au repos de la terre, laissée sans culture. Sur les autres soles, des céréales d’hiver (blé) et de printemps (avoine, orge) sont cultivées. Les techniques se perfectionnent aussi avec l’arrivée d’outils plus spécialisés et diversifiés tandis que la force animale est mise à profit. L’attelage se modernise. Deux pièces, le collier d’épaule et la bricole, placée sur la poitrine de l’animal, sont mises au point : adaptés à la morphologie des chevaux ou des boeufs, ces systèmes permettent une meilleure transmission de la force animale et facilitent le travail de labour. Le travail des champs devient moins pénible, les surfaces cultivées grandissent en conséquence. Sources : BNF PASSERELLES Les défrichements en Haut-Poitou du Xe au XIIIe siècle La marche des défrichements en Haut-Poitou s’explique d’abord par les conditions naturelles. C’est surtout la qualité des sols qui a pu différencier les régions. Les plus fertiles avaient été, pour la plupart, occupés bien avant le Xe siècle, aux époques les plus anciennes. Dans la plaine centrale, qui va de Neuville à Moncontour, dans les régions de Civray, de Melle et de Niort, dans l’ensemble du Châtelleraudais, du Loudunais et du Thouarsais, même dans les vallées des « pays de brandes », les progrès des Xe– XIIe siècles ont consisté surtout dans l’amélioration des anciens champs plutôt que dans l’extension des cultures aux dépens des friches. Les défrichements proprement dits ont été opérés dans les secteurs les moins favorisés par la nature, ceux qui de nos jours, un peu partout en Haut-Poitou, portent encore des bois, et plus spécialement dans ces vastes régions qui n’ont longtemps offert que des landes : les brandes, qui couvrent près de la moitié du Haut-Poitou. Il y avait donc encore beaucoup à faire au Moyen-Âge. Nous nous sommes appliqué à confronter tous les textes concernant les défrichements et à utiliser les cartes de Cassini et d’état-major. Nous avons pu en tirer les conclusions suivantes. D’une part, toutes les régions encore boisées ont été touchées par les cultures nouvelles. D’autre part, les défrichements ont commencé dès le XIe siècle. Les plus anciens qui soient formelle-ment attestés sont ceux de Couture-d’Argenson, dans le grand massif forestier à la frontière sud-ouest du Poitou. Ils datent de 1059 au plus tard. On est, de plus, en droit de supposer que hien d’autres terroirs furent ouverts ou agrandis dès le XIe siècle. D’ailleurs, tout le monde était préoccupé de défrichements lors de la fondation de Fontevrault au début du XIIe siècle. Dans l’ensemble des « pays de brandes », cependant, les défrichements sont peut-être un peu plus tardifs. A Villesalem, en Montmorillonnais, autour de Fontaine-le-Comte près de Poitiers, le vrai départ a été donné au début du XIIe siècle seulement. Au XIIIe siècle, on défrichait encore dans l’ensemble des « pays de brandes » et dans les régions voisines, en Châtelleraudais autour d’Oyré, au sud dans la région de Civray. Cessa-t-on de défricher avant la fin du Xe siècle? Entre autres faits, les abergements nouveaux auxquels on songe à Mazerolles en 1299, les mentions tardives de novales dans la forêt de Moulière, tout près de Poitiers, permettraient d’en douter. Toutefois, la confrontation des textes et de la carte de Cassini montre qu’un grand nombre de hameaux attestés au XIIe siècle se trouvaient encore au XVIIIe siècle à l’orée des bois. Le peuplement des campagnes du Haut-Poitou a pris avec les XIIe et XIIIe siècles une physionomie qu’il a gardée généralement jusqu’à nos jours. Sources : Sanfaçon Roland. Les défrichements en Haut-Poitou du Xe au XIIIe siècle. In: École pratique des hautes études. 4e section, Sciences historiques et philologiques. Annuaire 1963-1964. 1963. pp. 321-324; Le Pays au XIIe siècle La France de 1108 a 1180. Collection David Rumsey Frise des Rois de France

SIECLES

XIe Siècle

En cours de recherche… Peu de récits sur cette période dans le village de Plaisance. Cependant, notons quelques faits relevés par Christian Bourdy de l’AGIP et qui auront une influence sur la vie locale. Les seigneurs et l’ordre religieux s’installent un peu partout dans la vallée. Après que Hugues Capet accède au trône de France en 987, les pèlerinages vers Compostelle deviennent réguliers avec, entre autres, le Comte d’Anjou. C’est la période de construction des Hostels Dieu qui accueillent les pèlerins de passage. Le Seigneur de la Trémouille est mentionné en 1040 et il rend aveu au château de Montmorillon. En 1049, refusant l’aveu le Seigneur dit QuatreBarbes entre en guerre contre le seigneur de la Trimouille. En 1050, Ranufle2 est seigneur de Montmorillon. Il fit construire l’église Notre-Dame à Montmorillon, dont il ne reste que l’abside et le transept, le reste datant du siècle suivant. Avec Hugues Capet s’ouvre l’ère des rois Capétiens1. Il n’aura de cesse que de vouloir unifier un royaume qui se déchire le plus souvent entre les seigneurs locaux. Son passage dans la région et plus particulièrement à Plaisance n’est pas certifié. Cependant, une pierre sculptée d’une fleur de lys, emblème royale des capétiens, a été conservée dans le jardin de la cure de l’église Notre-Dame. Cela confirme qu’un roi Capétien aurait bien visité le site de Notre-Dame de Plaisance, très renommé à cette époque, soit lui-même ou bien un de ses successeurs, ce qui est attesté quelque temps après. 1. – Le terme « Capétien » apparaît pour la première fois à la fin du XIIe siècle. 2. – Plusieurs écritures font état du seigneur de Montmorillon : Ranufle, Ramnulf, Ranulphe. 

SIECLES

Xe Siècle

Comme pour le siècle précédent, aucune trace écrite relate la vie à Plaisance au Xe siècle. 

SIECLES

IXe Siècle

Peu d’informations retrace cette période à Plaisance. On peut malgré tout supposer que la première église construite par Charlemagne fut honorée de la présence des fidèles. On sait qu’elle fut détruite par la suite, puisque les rois vinrent au XIIe siècle la reconstruire et la fortifier. 

SIECLES

VIIIe Siècle

EN 778, CHARLEMAGNE À PLAISANCE ? Vers la fin du VIIIe siècle, Charlemagne (né vers 742, 747 ou 748 et mort en 814), de retour des guerres d’Espagne, fit construire une église à Plaisance. D’après la légende, à la suite d’une apparition de la vierge Marie au pied d’un grand chêne, Carolus Magnus décida de faire construire une église. De nombreux pèlerins vinrent se recueillir dans la petite église durant les années qui ont suivi. Depuis Don Fonteneau et Robert du Dorat, les historiens s’accordent au conditionnel sur l’histoire qui démarre à Plaisance aux alentours de l’an 778. Il semble que Charlemagne aie bien visité l’église Notre-Dame, comme l’abbaye de Saint-Savin après l’évangélisation de St-Martial et les pèlerinages attribués à la vierge Marie pour vénérer des miracles. De nombreux rois de France ont poursuivi le mythe et on ne compte plus les témoignages de processions qui se déroulent encore de nos jours. Peu de traces subsistent de son passage à Chasseneuil. D’après plusieurs écrits, il semble que l’église construite par Charlemagne était plus modeste que celle rebâtit ensuite par les rois capétiens en visite à Plaisance. Aucune trace de ce premier édifice fut conservé.  Les Processions Plusieurs témoignages font état de processions en provenance de Montmorillon, de Chauvigny ou d’Adriers. Elles prenaient la direction d’une source vers la Chambauderie à Plaisance, où il est fait état d’une chapelle aujourd’hui disparue. Dans ce lieu était conservé la statue de la Vierge.Pour le 15 août, une messe commémore toujours la fête Marial avec de nombreux croyants venant de toute la région. Après les déboires de l’église au moment de la révolution française en 1789, seule la tête de la statut de la vierge a pu être sauvée des pillages. Don Fonteneau relate dans ses écrits que Charlemagne, revenant d’Espagne, pour rendre grâce à Dieu des victoires qu’il avait remportées, fit bâtir l’église, qu’il dota de plusieurs grands biens et revenus, de grands titres et chartres de cette église et par deux anciens vers qui sont sous l’éffigie et portrait de ce monarque qui se voient et lisent encore contre la muraille de cette église, laquelle est aussi belle et magnifique qu’il y en ai en Poitou, non loin de la rivière la Gartempe.  L’antique Vierge de Plaisance et Charlemagne Par Lucien RACINOUX Si le rappel des Sarrasins dans chacune de ces légendes marque el passage du futur empereur dans la région au retour de son expédition d’Espagne en 778, une autre bourgade aurait vu également passer Charlemagne à son retour d’Espagne, il s’agit de Plaisance. Ce village est situé à une douzaine de kilomètres au sud de Montmorillon, entre Moulismes et « les Portes d’Enfer »sur la Gartempe.
Ecoutons Dom Fonteneau : «L’empereur Charlemagne venant des Espagnes de faire la guerre, passant en ces pays de çà, pour rendre grâce à Dieu des victoires qu’il avait remportées, fonda et fit bastir l’église Notre-Dame de Plaisance qu’il dota de plusieurs grands biens et revenus, selon qu’il est porté par divers titres et charges de cette église, et par deux anciens vers qui sont l’effigie et portrait de ce monarque, qui se voyent et lisent encore contre la muraille de cette église, laquelle est aussi belle et magnifique qu’il y en aie dans le Poitou, non loin de la Gartempe ».
Le père de Louis le Pieux serait dit-on venu témoigner sa reconnaissance à la Vierge de Plaisance que l’on y vénérait alors. Un pèlerinage, remontant peut-être à l’évangélisation du pays par saint Martial, se tenait en ce lieu. Saint Martial vint à Plaisance «comme à Montmorillon où il aurait apporté l’évangile aux six druides qui enseignaient le culte du chêne antique, de la Vierge qui devait enfanter, et de la moisson du gui sacré avec des faucilles d’or .» La tradition locale veut qu’une chapelle dédiée à saint Martial ait existé «hors des murs ,» près d’une fontaine aux eaux miraculeuses.
Autrefois, el pèlerinage à Notre-Dame de Plaisance se doublait d’un «voyage »à la source pour les nourrices et pour la guérison des « maux d’yeux .» La Vierge est encore implorée « afin de soigner les afflictions .» Enfin pour la fête de l’Assomption les paroisses des environs rejoignant Plaisance où est célébrée une cérémonie commune près de la Vierge miraculeuse. Charlemagne et Louis le Pieux – Wikipédia Le 5 novembre 1943, en pleine guerre « l’antique Vierge qu’aurait prié Charlemagne de passage dans le pays », quittait Plaisance portée par des jeunes filles de Moulismes nu-pieds pour aller au devant de la statue de Notre-Dame de Boulogne efectuant le «Grand Retour *»(1).
Bien qu’étant de bonne facture, la Vierge actuelle ne remonte pas à Charlemagne. L’ancienne image m’a-t-on dit, avait brûlé. Notons encore que selon la tradition, l’abbaye de Saint-Savin fut construite par Charlemagne (2). Enfin à 10 km environ au nord de son palais de Chasseneuil, à peu de distance de la voie romaine de Poitiers à Tours, existe toujours la fontaine de Saint-Cyr où le petit-fils de Charles Martel se baigna les pieds. L’eau de la source guérissait les maux d’yeux; on y faisait des pèlerinages pour al gale, les femmes stériles venaient s’y baigner en cachette, et des processions pour obtenir la pluie sy’ faisaient encore en 1875. lI faut faire preuve de beaucoup d’imagination aujourd’hui pour retrouver dans l’actuelle fontaine el paysage bucolique où le ventripotent Charles se trempait les pieds dans l’eau mais tout ceci va changer, « le remembrement prévu permettra peut-être un accès plus facile et la restauration du site » nous écrivait M. le maire de Saint-Cyr en 1991.
Deux éléments nous aident à préciser l’époque du passage de Charlemagne en Poitou. La naissance de son fils Louis dit le Pieux, et le retour de son expédition malheureuse en Espagne. Expédition qui devait se terminer par le drame de Ronceveaux, outre la perte des bagages, périrent un nombre incalculable de «palatins , dont Roland duc de la marche de Bretagne. Cet épisode dramatique allait devenir el noyau historique de la célèbre «Chanson de Roland ». Or ces

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