Je me suis fait un devoir sacré de remplir les fonctions que les citoyens de la commune de Plaisance ont bien voulu me confier, dont je leur fus et leur serai toujours reconnaissant et leur prouverai dans tous les temps ma reconnaissance, mais étant appelé par l’Administration du Directoire du district de Montmorillon pour travailler dans ses bureaux, je donne, dès ce moment, onze heures du matin, ma démission de Procureur de la commune et d’Officier public, fonctions que je désire avoir remplies selon les vœux de mes commettants et les pris de ne pas m’oublier.
Les citoyens de la commune étant rassemblés au lieu ordinaire pour nos assemblées pour la nomination d’un nouveau Procureur de la commune, à l’effet de quoi nous avons procédé. La pluralité des voix au plus grand nombre a tombé sur la personne du citoyen Antoine Charles Bonnisset, Chirurgien de cette commune, et de fait a été proclamé Procureur par tous les citoyens de l’assemblée, ce que le citoyen Bonnisset a accepté.
Sur la réquisition du Procureur de la commune, nous avons procédé à la nomination d’un percepteur pour la contribution foncière de l’année 1793 qui a été adjugé au baille-au-rabais à la somme de 4 deniers par livre, au citoyen Normand, maire de ladite commune, qui accepte ladite commission et a promis de se conformer à la loi.
Le Baille-au-rabais était une adjudication dont le but était d’attribuer un travail à effectuer à celui qui demandait le moins cher.
En 1790 les journaliers gagnaient 15 sols par jour en été et 10 sols en hiver. La loi leur accorda le 1/3 en sus. Le Conseil général de Plaisance taxe donc la journée à 22 sols en été et 15 sols en hiver et il précise :
A l’égard des charretiers, nous n’en connaissons point, dans notre commune qui vont charroi à prix d’argent.
Aujourd’hui, le 5 nivose an II de la République une et indivisible, étant assemblés au lieu ordinaire de nos séances à l’effet de nommer un Officier public, ce qui a été fait, et la pluralité des voix s’est portée sur le citoyen Pierre Cartau, de cette ville et commune.
Le Procureur de la commune Bonnisset, par cette nommination, perd une certaine indépendance d’action. il est soumis désormais aux ordres de l’agent national du district et donc au pouvoir central.
En mars et juin 1793 des décrets de la Convention avaient institué des secours pour les indigents, enfants, vieillards, et elle avait reconnu que les secours publics sont une dette sacrée.
A Plaisance, on organisa les secours et des responsables furent nommés :
Nous, Officiers municipaux et Membres de la commune, assemblés pour nommer un agent et un agent relatif à l’organisation des secours à accorder annuellement aux enfants, aux vieillards et aux indigents, avons procédé de suite à la nomination. La pluralité des voix a porté et a nommé le citoyen Pierre Cartau pour agent et la citoyenne Marie-Anne Cartau pour agent.
Quatre mois plus tard, on ouvrit, dans chaque département un livre de la bienfaisance nationale. Y seraient inscrits les vieillards et les infirmes des campagnes, les mères et les veuves chargées d’enfants. Les uns et les autres recevraient une pension annuelle et des secours et bénéficieraient de l’assistance médicale gratuite à domicile (Loi du 11 mai 1794).
De quel bois étaient-ils donc faits ? De quel patriotisme, de quel admirable humanisme ces représentants du peuple étaient-ils donc animés qui, au moment même où la Patrie était en péril, où la guerre se poursuivait contre les ennemis intérieurs et extérieurs, où des problemes énormes se posaient pour ravitailler les armées et la France affamée, trouvaient encore le temps d’assurer aux citoyens les plus humbles, les plus misérables une véritable sécurité sociale.