Épisode 16

La fin de la révolution : Printemps 1795

Relevé des affaires diverses de 1790 à 1795 à Plaisance, publiées dans l’ouvrage de Louis Germaneau

Nous voici en 1795. La vie des habitants de Plaisance a radicalement changé. Ils ont eu connaissance, au jour le jour, des lois et décrets de la Constituante, de la Législative et de la Convention et des bienfaits qu’ils leur apportaient. 

Plus de seigneurs à qui on devait d’innonbrables impôts et devant qui on courbait la tête, la Déclaration des Droits de l’homme, des juges et des administrateurs élus, une fiscalité plus équitable, l’instruction primaire gratuite et accessible à tous, l’enseignement secondaire et les grandes écoles de l’enseignement supérieur (Collège de France, Muséum, Conservatoire des Arts et Métiers, École de droit et de médecine, École des mines etc…), l’état-civil, le droit au divorce, les secours et les pensions et l’assistance médicale gratuite pour les nécessiteux, le système métrique, les pensions au clergé…

Trente ans plus tard, devant une Assemblée enflammée de haine contre la révolution, un orateur royaliste pouvait dire :

Je n’oublierait jamais que la Convention a sauvé mon Pays.

Hélas ! La réaction, peu à peu, s’installait au pouvoir. En juillet 1794, Robespierre, Saint-Just, et vingt de leurs partisans avaient été guillotinés, sans jugement. Le mouvement populaire des Sans-culottes tenta de résister au gouvernement bourgeois (les honnêtes gens !). En mai 1795 il était définitivement vaincu et la Révolution suivit son cours réactionnaire.

Des jeunes bourgeois, les Muscadins, armés de gourdins, s’attaquèrent en pleine rue, aux derniers jacobins qui, pendant la Terreur blanche, furent assassinés jusque dans les prisons. La vie mondaine des salons reprit. La révolution était terminée. 

D’un peuple de valets et de serfs elle avait fait un peuple libre, conscient, responsable. Ce peuple allait maintenant reprendre  le joug de la soumission. En 1979, la réaction est toujours au pouvoir malgré les sursauts populaires de 1848, de la Commune de Paris en 1871 et du Front populaire en 1936.

Les incidences de la guerre à Plaisance Automne 94 - hiver 95

26 juin 1794

8 messidor An II

Tableaux formés en l’exécution de l’arrêté du Comité de Salut public de la Convention nationale du 15 prairial An II. 

Cinq tableaux ont été dressés. Les caractéristiques des animaux y sont précises et détaillées. Exemple : Jean Pain, une jument de 4 ans, taille de 4 pieds 1 pouce, poil noir, une petite marque à la tête, poulinière de l’année dernière et sautée du baudet. 

  • Chevaux entiers : 1
  • Juments poulinières : 29
  • Pouliches : 4
  • Poulains : 5
  • Chevaux hongres : 5

Ces tableaux inintéressants nous indiquent, par catégories, l’importance de la race chevaline dans la commune de Plaisance. 

24 novembre1794

4 frimaire An III

Le 4 frimaire an III, s’est présenté par devant nous le citoyen Martin fils, commissaire nommé par le district à l’effet de procéder au recouvrement du restant de la réquisition de grains qu’on doit fournir à l’armée de l’Ouest, lequel nous a remis un paquet contenant un arrêté des représentants du district. 

30 mars 1795

10 germinal An III

Le citoyen Laurendeau, marchand de notre commune est requis de fournir, dans le délai de 6 jours, date du présent, la quantité de milles livres de foin en bottes de 25 livres chacune. 

Jean Bardeau, marchand, est requis de fournir  quintaux de foin en bottes de 25 livres.

La citoyenne Lamondie est requise de fournir  quintaux de foin en bottes de 25 livres.

Le citoyen Philippe Vauzelle est requis de fournir 2 quintaux de foin en bottes de 25 livres.

Le citoyen Pigné, cordonnier de notre commune est requis de fournir 8 quintaux de foin en bottes de 30 livres ou de 25 livres, et cela d’ici à demain soir, date du présent. 

26 mai 1795

7 prairial An III

Le directoire du district de Montmorillon, donne lecture du décret du 2 de ce mois portant qu’il sera fait, sur le champ, dans chaque commune un recensement général, tant en farine que des grains battus ou des gerbes qui se trouvent chez tous les détenteurs ou possesseurs desdits grains et farines. 

Le procureur syndic a demandé que l’administration, ainsi qu’elle en est spécialement chargée, prit des mesures pour son exécution et, en conséquence, procédât de suite à la nomination de commissaires en nombre suffisant pour opérer dans toutes les communes de l’arrondissement le le recensement dont il s’agit. Le citoyen  Marsaudon de St Rémy est nommé commissaire pour la commune de Plaisance.

Les commissaires se transporteront dans chaque commune et feront, avant de commencer leur travail, enregistrer leur commission à la municipalité et se feront accompagner de chacun un membre de ladite municipalité. Ils donneront, dans les différentes maisons où ils opéreront, la lecture préalable de leur commission, auront le soin de se diviser sur le territoire de la commune et enfin dresseront procès-verbal de leurs opérations. 

Ledit procès-verbal contiendra la liste des grains de chaque espèce, la quantité de farine, de blé en gerbes, les noms des propriétaires et le nombre d’individus dont leur famille est composée. 

Il sera prélevé, sur la quantité recensée, la subsistance de la commune jusqu’à la récolte. Le surplus est affecté à l’approvisionnement des armées et de la commune de Paris. 

1790-1795

À Plaisance

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