Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795
Été 1794
Les journaliers de Plaisance : Leurs travaux, leurs salaires
Ce document est particulièrement précieux et nous le citerons en entier car il est le seul qui nous renseigne sur l’identité et le travail de certains habitants de Plaisance, les obscurs, à qui on ne demandait jamais leur avis, qui ne participaient pas à la vie municipale, qui ne votaient pas, dont le destin était de vivre et de mourir inconnus.
C’est aussi le rare document qui, dans cette étude sur Plaisance, fasse mention des femmes.
Nous, maire et Officiers et notables de la commune de Plaisance nous sommes assemblés en vertu de l’arrêté du Comité de Salut public de la Convention nationale du onzième jour de prairial qui ordonne le règlement et la fixation des salaires des manouvriers et journaliers et de tous ceux qui s’occupent habituellement des travaux de la campagne.
L’article 8 accorde à ces mêmes la moitié en sus du prix de 1790 (vieux style). Ainsi les ouvriers de première catégorie gagnaient, en cette dite année 1790, de la St Jean à la St Michel, (vieux style) une somme de 16 sols par jour étant nourris, ce qui fera donc à présent la somme de 25 sols et nourris, et sans être nourris la somme de 35 sols par jour en fauches et en métives.
Seconde classe : Les manouvriers et journaliers de cette classe gagnaient en 1790, la somme de 15 sols par jour sans être nourris et étant nourris, la somme de 10 sols, ce qui fait donc, actuellement, pour le prix de la journée, sans être nourri la somme de 22 sols et 6 deniers et étant nourris, la somme de 14 sols par jour.
Troisième classe : Les manouvriers et journaliers de cette classe gagnaient pour la moisson et récolte, en 1790, une somme de 8 sols par jour étant nourris et 12 sols par jour n’étant pas nourris, ce qui devrait donc fixer actuellement leur journée à la somme de 12 sols étant nourris et 18 sols n’étant pas nourris.
Après cette époque où les jours diminueront de beaucoup, les journées ne doivent pas être taxées si cher.
Première classe : A prendre depuis le mois de brumaire (21 octobre-21 novembre) les journaliers et manouvriers de cette classe, étant nourris, ne devraient donc avoir, par jour, que la somme de 10 sols, et n’étant point nourris 18 sols, puisqu’en 1790, ils n’avaient que 7 sols.
Seconde classe : Par temps d’hiver, les journaliers ne devraient donc avoir par jour qu’une somme de 15 sols n’étant pas nourris et la somme de 7 sols étant nourris, puisque, en 1790 (vieux style) ils ne gagnaient que 5 sols par jour.
Troisième classe : Les journaliers et petits manouvriers de cette classe ne doivent donc avoir que 5 sols par jour étant nourris et 12 sols n’étant pas nourris puisqu’en 1790 (vieux style) ils n’avaient que 3 sols et nourris pour laver la lessive et autres choses de même.
Liste des citoyens, journaliers et journalières de ladite commune de Plaisance
Première classe
- Le citoyen Jean Roy, journalier et tonnelier, restant toujours dans la commune, n’étant point accoutumé de s’en aller hors du pays.
- Charles Plat, journalier, cultivateur ordinaire de notre commune.
- Louis Bobin, journalier, étant accoutumé de s’en aller en fauches à Loudun, étant loué du présent chez le citoyen Sotrau, à la Combe, commune d’Adriers.
- Le citoyen Jean Lachaume, journalier, étant accoutumé à aller en fauches à Loudun, étant loué du présent chez le citoyen Rousseau, aubergiste, commune de Moulismes.
- René Pâtrié, journalier, étant accoutumé de s’en aller en fauches à Loudun, malade.
- Jean Bruyat, journalier, accoutumé de s’en aller en fauches à Loudun.
- Louis Vallat, charron, journalier, travaillant dans la commune et les communes circumvoisines.
- Jean Bardeaux, charron et journalier, travaillant avec ledit Vallat pour apprendre le métier de charron.
- Jean Charles, journalier, étant parti pour travailler aux environs de Poitiers pour la fauche comme étant accoutumé à le faire.
Seconde classe
- Marc Bruyat, maçon journalier, étant accoutumé de travailler à Poitiers et aux environs pour la moisson seulement.
- Joseph Duquerroux, maçon journalier, travaillant dans ladite commune.
- Jean Thabuteau, maçon et journalier ordinaire et s’en allant seulement pour quinze jours pour la moisson à Poitiers.
- Sylvain Pétrau, maçon, parti pour travailler à Poitiers.
- Sylvain Gaillard, journalier ordinaire, allant travailler à Poitiers ou environs pour la moisson.
- Jean Doucelin, journalier, étant accoutumé de s’en aller pour quinze jours à Poitiers pour moissons.
- Jean Vauzelle, journalier, étant accoutumé de s’en aller à Poitiers pour moisson.
- Jean Eliot, maçon, étant parti pour travailler à Poitiers ou environs.
- Jacques Doucet, journalier étant loué domestique à Lathus.
- Pierre Vergnaud, maçon journalier, étant parti comme accoutumé travailler à Poitiers.
- François Deschamps, journalier, étant accoutumé de faire les moissons à Poitiers.
- Jean Roy fils, maçon journalier, étant parti pour Poitiers ou environs.
Troisième classe
- Jean Perot, journalier dans la commune.
- Jacques Duprat, journalier dans la commune.
- Annet Vauzelle, journalier dans la commune.
Les femmes
- Radégonde Duprat, journalière.
- La veuve Chartier, journalière.
- Françoise Naussat, journalière.
- Anne Brunet, femme de Jean Roy, journalière.
- Louise Lenfant, veuve Thabuteau, journalière.
- Maguerite Piquet, journalière.
- La veuve Bruyat, journalière.
- La Marie Ringier, journalière.
- Agathe Sachon, journalière.
- Jeanne Moreau, journalière.
- La femme de Pierre Noliot, journalière.
- Anne Mayant, journalière.
- Anne Bobin, journalière.
- Anne Dechamps, domestique journalière, demeurant chez Ringard.
Fait à Plaisance, à la chambre commune, le 28 prairial an deux de la République française, une et indivisible et impérissable.
Signé :
Normand, maire
J.B. Mirel, officier
Rappelons qu’en avril 92, les salaires de première catégorie allaient de 12 à 18 sols par jour. Le pain valait 3 sols 3 deniers la livre.
En novembre 93, les salaires de la première catégorie allaient de 15 à 22 sols par jour. Un travailleur mangeait en moyenne 3 livres de pain par jour.
