Affaires diverses à Plaisance de 1790-1795
Automne Hiver 1794
Les influences de la guerre à Plaisance
Déjà, à l’automne 1793, les réquisitions pour l’armée s’étendaient à toutes les ressources naturelles du pays : grains, fourrages, laines, chanvre et aux produits fabriqués : armes, chaussures, chemises, couvertures, draps et lits pour les hôpitaux, métaux, cordages, parchemins pour les gargousses à poudre, salpêtre… Les cloches de bronze des églises servirent à fondre des canons.
17 novembre 1793
Livraison de la cloche
En vertu de la lettre du Procureur syndic du district de Montmorillon ce jourd’hui, 17 novembre 1793, nous avons procédé à l’adjudication au baille-et-rabais de la descente de notre cloche et de la conduite au district, lesquelles ont été adjugées au citoyen Félix Vauzelle pour le prix et somme de 25 livres. Quant au poids, n’ayant point de romaine dans le cas de pouvoir la peser, nous la mettons à cinq cents pesant ou environ.
24 novembre 1793
4 frimaire An II
Livraison du tombeau de bronze
Aujourd’hui, 24 novembre 1793 vieux style, étant assemblés au lieu ordinaire à la réquisition du Procureur de la commune, en conformité de la lettre du Procureur Syndic du district de Montmorillon en date du 27 brumaire de la 2e année de la République, avons procédé à l’adjudication au baille-et-rabais à Jacques Vauzelle, pour le prix et somme de 20 livres 5 sols, pour faire conduire un tombeau de métal, pesant environ trois milliers, qui est situé en l’église N.D. de Plaisance, au lieu indiqué par le district de Montmorillon.
Ainsi, la sépulture du Capitaine d’Ars, après avoir été enlevée par Feigneux le 1er avril 1792 et remise en place le 16 avril 1793 disparaissait-elle définitivement.
19 janvier 1794
30 nivôse An II
Réquisition des carabines
En conformité de la lettre du district de Montmorillon pour requérir toutes les carabines et tous les canons de carabine, l’Agent national de Plaisance, après les recherches faites dans son arrondissement, il ne s’est trouvé qu’une carabine chez la nommée Louise Lanfant, veuve Thabuteau, laquelle elle a déposé au bureau de la municipalité et l’avons, de suite, fait conduire par Félix Vauzelle au district.
24 janvier 1794
5 pluviôse An II
Recensement des stocks d'avoine et réquisition
État du recensement d’avoine de la commune de Plaisance
- Vacher de la Pouge : 93 livres
- Fleurant Puissasseau : 92 livres
- Jacques Ebras : 73 livres
- Jacques Augais : 93 livres
- Jacques Ferdonet : 59 livres
- Jacques Perain : 132 livres
- Fleurant Augry : 133 livres
- Jean Sironneau : 48 livres
- François Pétreau : 110 livres
- François Jaladeau : 115 livres
- Pierre Dupré : 37 livres
Total : 1005 livres
En vertu d’une lettre d’invitation des administrateurs du district, à l’effet de faire conduire au district 10 quintaux d’avoine, ce que nous avons fait le cinq pluviose et conduit par le citoyen Félix Vauzelle le six (24 janvier 1794).
Plaisance manque de blé
Nous, officiers municipaux et Conseil général de Plaisance, étant assemblés… à l’effet de procéder à la nomination d’un commissaire pour nous procurer des grains pour la population de notre dite commune, à cet effet a été nommé le citoyen Philippe Vauzelle qui a accepté et qui a promis de remplir sa commission du mieux qu’il pourrait. En conséquence de ceci, la commune promet et s’oblige d’indemniser ledit Vauzelle de ce qu’il lui faudra, promettant en outre de mettre entre les mains dudit Vauzelle la somme qui pourrait lui être nécessaire pour faire l’emplette de 800 boisseaux de blé qui manquent à notre commune, dont partie, si faire se peut, en froment, autre partie en seigle et baillarge*.
*baillarge : orge
6 mars 1794
Réquisition des hommes de 18 à 25 ans
Egalité, liberté, Fraternité, au nom de la République française, le représentant du peuple français chargé de l’embrigadement des armées de Brest et de l’Ouest, par suite de ses opérations de prompt départ, décide la réquisition des hommes de dix-huit à vingt-cinq ans dans les départements qui forment l’arrondissement de ces deux armées.
19 mars 1794
Mobilisés et insoumis
En vertu d’une lettre qui nous a requis d’avoir à faire partir les jeunes gens qui sont compris dans la première réquisition, depuis l’âge de 18 ans jusqu’à 25, à cet effet invitons et requerrons, au nom de la loi, le citoyen François Audoux d’avoir à se rendre de suite, le trente ventôse prochain au Directoire de Montmorillon pour prendre sa route et se rendre à son poste tel qu’il le lui sera ordonné par l’administration.
Je requiers la municipalité de se transporter sur le champ chez le citoyen Joseph Duquerroux pour y mettre de suite le citoyen Joseph Vallat, compris dans la première réquisition, en arrestation comme étant fuyard de la commune de Moulismes et ne voulant point se soumettre aux lois, et qu’il soit de suite arrêté.
20 mars 1794
Nomination d'un commissaire salpêtrier
Fin* et début 94 fut lancée l’exploitation révolutionnaire des salpêtres pour fabriquer la poudre. On demanda à tous les citoyens de récolter le salpêtre sur la terre humide des caves et sur les murs. Les sans-culottes patriotes se livrèrent à cette récolte avec ferveur. Les municipalités créèrent des ateliers pour lessiver les salpêtres et extraire, par évaporation, ce qu’on appelait la poudre tyrannicide.
*Fin : on peut supposer fin 1793
Nous, officiers municipaux et agent national de la commune de Plaisance, nous nous sommes assemblés pour délibérer sur la nomination d’un commissaire salpêtrier. Le Conseil général étant assemblé à cet effet, il a nommé la personne du citoyen Jean Vauzelle, qui a accepté ladite commission et a promis de s’en acquitter avec fidélité.
La récolte n’avait sans doute rien donné à Plaisance car :
Le 16 avril 1794 (27 germinal), s’est présenté en cette commune le citoyen Moreau, commissaire salpêtrier, pour faire la recherche et prendre du salpêtre. Il a regardé dans la ci-devant église, sous les pavés et jusque même dans les fondements des murs, et partout ailleurs jusque dans les caves et caveaux et dessus les murs des maisons et foyers. il a déclaré qu’il était inutile de faire d’autres recherches, qu’il n’y avait point de salpêtre dans la commune.
21 mars 1794
Aide aux mobilisés
Au nom de la loi, le citoyen François Ebras, colon, est requis de labourer trois boisselées de terre située aux Trages, appartenant au citoyen François Lefort, tout çà d’ici au 6 germinal, faute par lui d’être traduit par devant le Directoire du district. Il sera payé à raison de cinq livres la boisselée.
